Si certains cynologues danois font état d’origines remontant au Moyen-Age ( ! ), les promoteurs actuels du Broholmer ne remontent pas aussi loin. Ils reconnaissent que l’un des pionniers de la reconstruction de la race n’est autre que Niels Frederik Bernhard Sehested (1813 -1882). Ce garde-chasse royal s’intéressa au sort de ce molosse, qui avait eu ses entrées dans la famille royale du Danemark, au point d’en récupérer quelques spécimens. Grâce à son travail remarquable, il sauva tout simplement la race de la disparition. En 1887, le Broholmer était officiellement reconnu par le Dansk Kennel Klub sous l’appellation de Broholmeren. Malheureusement, les années qui allaient suivre allaient être difficiles pour la race.
Au début du 20e siècle, il était encore très prisé des marchands de bestiaux qui en possédaient plusieurs pour les protéger lorsqu’ils se rendaient sur les foires. Malheureusement, le cheptel se raréfia. Les quelques spécimens restants se retrouvèrent au zoo de Copenhague comme attraction, ce qui à l’époque n’était pas si rare. En France, le Jardin d’Acclimatation avait fait de même avec une pléiade de races canines. Dans ce parc zoologique, plus de 200 chiots virent le jour grâce au patient travail des gardiens et des soigneurs. Sans eux, cette race aurait disparu du paysage cynophile danois. Les deux guerres mondiales provoquèrent des ravages dans le cheptel. En 1940, un seul éleveur était recensé au Danemark. Au début des années 50, certains pensaient même que la race était éteinte. En 1974, , Jette Weisse, une cynophile avertie, lance un S.O.S dans le magazine du DKK sous le titre « Sur la trace du Broholmer »… Quelques jours plus tard, elle reçoit un appel téléphonique lui signalant l’existence d’un mâle de forte corpulence – 78 cm au garrot pour un poids de 80 kg. C’est ce chien, Gamle Bjron Fra Helsinge, qui servira à reconstruire la race. La même année, quelques amateurs séduits par ce patrimoine national, se réunissent et fondent le Club de Préservation du Broholmer (Broholmeren). Depuis cette date, cette association a pris en mains les destinées, la sélection et la promotion de ce véritable Dogue danois. Aujourd’hui, tout éleveur ou simple propriétaire doit être membre de cette association et suivre les rigoureuses directives d’élevage. Le travail a été payant puisqu’en 1998, la Fédération Cynologique Internationale reconnaissait officiellement la race en l’intégrant dans son groupe II.
Le Broholmer n’est pas un petit chien, le mâle devant mesurer au minimum 75 cm à l’épaule pour un poids d’une cinquantaine de kilos. Si certains auteurs évoquent un croisement entre un Old English Mastiff et un Dogue Allemand, d’autres soulignent, documents à l’appui (peintures, écrits, …) que le Broholmer est une race très ancienne au Danemark. Au-delà de ces querelles d’historiens, la race est aujourd’hui sauvée. Le Club de race (Broholmeren) a instauré une politique de sélection très sévère quant à la santé du cheptel et au respect des caractéristiques de la race telles qu’elles sont définies dans le standard F.C.I. L’exportation est sévèrement contrôlée – elle fut même interdite pendant des années – afin de ne pas appauvrir le pool génétique et risquer des dérives de sélection à l’étranger. Pas plus de 10% des chiots inscrits chaque année peuvent quitter le territoire national. Cependant, il n’est plus rare d’en voir dans des expositions en Europe (Belgique, Pays-Bas, Hongrie, Tchéquie).
Si ce chien vous intéresse, un seul conseil : prenez contact directement avec les responsables du club danois (utilisez la langue de Shakspeare si le Danois ne vous est pas familier…). Bonne chance dans votre quête d’un chien hors du commun !