Maintenant que vous voilà plus familier avec cette race de chiens croate, nous allons rentrer un peu plus dans la technique, avec ce qui constitue une proposition de standard pour la reconnaissance officielle de la race, et les commentaires de standard qui l’accompagnent.
Le Tornjak fait partie de la cinquantaine de race de chiens de troupeaux existante. A l’origine, ces chiens peuplaient les régions montagneuses d’Asie et d’Europe, ainsi que les plateaux habités par les nomades pastoraux. Sa principale fonction était de garder les troupeaux, principalement ceux de moutons. D’après la classification actuelle de la FCI, le Tornjak est .
La population d’origine du Tornjak est un parfait exemple de race indigène, représentée par une série de types locaux variés, répandus sur une région assez vaste. Les migrations, les guerres et le commerce, apportèrent une nouvelle base génétique qui se mélangea avec les races déjà présentes dans la région des Dinarides (du nom de la chaîne montagneuse Dinara). Au fil des siècles, le Tornjak s’adapta à son nouvel environnement ainsi qu’aux activités et nouveaux besoins humains. Si l’on en croit les sources des experts en cynophilie, une race de chien identique aux Tornjaks existait déjà dans cette région du temps des Romains. Plus tard, les nouveaux occupants de cette région utilisèrent aussi cette race pour garder leurs troupeaux, ou pour se protéger et se battre pendant les guerres. Mais cette époque lointaine ne nous concerne que peu aujourd’hui, car des évènements historiques plus récents eurent un impact beaucoup plus importants sur la race.
En effet, ce qui compte le plus au niveau de l’élevage contemporain, est ce qui se passa au début des années 1920, quand cette race naturelle faillit disparaître. Ce lent mouvement vers l’extinction correspondit au recul de l’élevage des moutons, qui commença dans le nord-est de la Croatie, et qui se répandit ensuite vers les régions centrales des Dinarides. Les chiens, tout comme les moutons, n’occupaient plus alors que quelques régions retirées, abandonnant leur ancien « territoire » à de nouvelles méthodes de culture plus modernes et rentables. Dans les années 1970, le Tornjak ne se trouvait plus que dans les quelques endroits où l’élevage traditionnel du mouton subsistait : en Bosnie, en Herzégovine, et dans les montagnes croates.
Afin de préserver l’instinct de travail et la beauté de cette race, une poignée d’enthousiastes entreprit d’explorer ces zones géographiques à la recherche de spécimens isolés. Des amoureux de la race cherchèrent aussi toutes les rares informations disponibles. Dans les années 1980, ces mêmes personnes acquirent les premiers chiens qui formeraient le noyau du nouveau programme de sélection. En accord avec le Kennel Association of Croatia – l’organisation officielle cynologique– une commission sur l’élevage du Tornjak fut créée en 1982 à Zagreb. Dans un premier temps, les évènements organisés par l’association nationale cynologique yougoslave ne portèrent aucun fruit. Mais grâce au travail acharné de consolidation de la race entreprit par les amateurs, le nombre de naissances s’accrut, et la race se fixa. Tant et si bien qu’à la fin des années 1990, le Tornajk est redevenu une race croate parfaitement établie au sein de son peuple d’origine.
Ci-dessous la proposition de standard, en texte normal, et les commentaires accompagnant le standard, en italique. Pour en savoir plus sur les commentaires de standard, vous pouvez consulter le texte se référant aux chats Siamois et Orientaux, mais dont les principes restent les mêmes.