L'animal plissé au museau d'hippopotame, telle est la description sommaire de ce chien venu de Chine qui nous fascine ou que l'on déteste...
Inconnu du grand public à l'aube des années quatre-vingt, le Shar-Peï connaît un succès fulgurant à peine arrivé en France. Chien des célébrités, vedette de pub… il fallait s’inscrire sur des listes d’attente pour acquérir un chiot dans les années quatre-vingt !
Aujourd’hui, la situation s’est stabilisée. Ni trop à la mode, ni trop peu connu, avec son look original et son excellent caractère, c’est un compagnon idéal. Mais posséder un Shar-Peï se mérite. Grand sentimental, il a besoin de maîtres disponibles et proches de lui.
Le Shar-Peï est probablement l'un des chiens les plus anciens. Plus de vingt siècles d'existence affirment les spécialistes ! On retrouve sa trace sous forme de statuettes dans les tombeaux des personnalités de la dynastie des Hans.
A l'origine, c'est un chien de chasse, féroce lutteur face aux mangoustes. Un peu plus tard, il se transforme en chien de ferme… plutôt doué pour le combat. On dit d'ailleurs que sa peau plissée est un atout pour se protéger de ses assaillants. Il sera le chien traditionnel des paysans chinois pendant une très grande période. Pourtant, déclaré indésirable comme tous les chiens par les communistes qui prennent le pouvoir en 1947, le Shar-Peï est menacé de disparition. Lourdement taxée, la possession d'un chien devient un luxe que seule l'élite chinoise peut s'offrir. Ses populations s'amenuisent rapidement au point qu’il devient rarissime. Ce n'est que grâce à la ténacité d'un cynophile, Matgo Low, exilé à Hong Kong, que le Shar-Peï survivra. Son combat pour sauver la race sera entendu par les américains en 1971. Leur engouement pour ce chien étrange va permettre de relancer son élevage hors de sa contrée d'origine
Quand Matgo Low lance un appel pour sauver le Shar-Peï dans un journal cynophile américain, il n'imagine pas le retentissement que cela va avoir. Les Américains s'émeuvent du sort de ce chien étrange et les demandes affluent. Dès lors, le premier club de race va être rapidement créé et le standard de la race mis au point. Reconnu officiellement par le Kennel Club américain en 1988, le Shar-Peï va connaître une seconde vie. Dix ans plus tard, il débarque en Europe. Par les Pays-Bas, puis l'Allemagne, la Suisse et la Grande Bretagne. Il y connaît tout d'abord un succès d'estime. Son étrange apparence surprend et amuse, sans plus. Présenté pour la première fois en France lors du Salon de l'Agriculture en 1981, il suscite un véritable engouement auprès du public. Depuis, il a su se créer sa place parmi les races de chiens appréciées. D'objet de luxe, le Shar-Peï est devenu un chien d'amateurs passionnés. Polyvalent et original, il reste un chien à part.
S'il fallait ne retenir qu'une seule de ses caractéristiques, ce sont ses multiples plis qui viendraient en tête des suffrages. Car il faut bien reconnaître qu'il a un look vraiment étrange. Chiot, on dirait qu'il a déjà sa peau d'adulte ! Les nombreux replis de sa peau vont peu à peu s'estomper, au fur et à mesure de sa croissance, pour ne conserver qu'un plissé discret mais perceptible, à l'âge adulte. Il toise alors de 44 à 51 centimètres, pour un poids de l'ordre d'une vingtaine de kilos.
La peau plissée n'est qu'un des aspects les plus spectaculaires de son allure originale. Son museau carré, ses petits yeux et ses oreilles retombantes contribuent à en faire une "gueule" inoubliable. Pas de doutes, un Shar-Peï se reconnaît au premier coup d'œil, que l'on aime ou pas. Sa peau rugueuse est également bien étrange. "Shar-Peï" signifie littéralement "peau de sable", et c'est bien le terme adapté. Le pelage du Shar-Peï se doit d'être court, moins de 2,5 centimètres. Sa robe est toujours unie, dans des coloris variés : noir, feu, brun foncé ou beige. Comme le Chow Chow - un vague cousin ? -, sa langue est bleue, une caractéristique de la race qui ne souffre aucune exception.
Pour consulter le standard du Shar-Peï, cliquez ici
Le Shar-Peï est du genre facile à vivre, capable de s'adapter à tous les modes de vie. Maison ou appartement, peu importe pourvu qu'il demeure proche de ses maîtres. Car il n'aime pas la solitude. On dit à son propos qu'il a un caractère de chat, sans doute parce qu'il aime dormir aux côtés de ses maîtres, tout en se faisant oublier. De fait, on peut l'emmener partout avec soi, sans jamais craindre qu'il se révèle encombrant.Ce n'est pas non plus un pantouflard. L'activité lui fait le plus grand bien. Grandes balades en forêt ou agility, il a besoin de se défouler de temps en temps.Très sociable, même si le mâle est parfois d'un tempérament un peu plus dominant que la femelle, il adore la compagnie des enfants et cohabite très bien avec les autres animaux.
Le Shar-Peï, il faut bien l'admettre, a une mauvaise réputation. On lui reproche souvent d'avoir une odeur forte et des problèmes de peau. C'est sans doute vrai chez les sujets trop typés, très plissés, mais c'est avant tout une question d'hygiène. La dysplasie, sans être un sujet inquiétant, existe au sein de la race. La sélection de reproducteurs indemnes ou peu atteints est l'un des moyens de limiter ce problème. Au chapitre des petits soucis, figure également l'enroulement de paupières (entropion ou ectropion). Un défaut éliminatoire que l'on tente d'éradiquer par la sélection de sujets moins typés, avec des yeux moins enfoncés.
L'amyloïdose, une maladie peu connue, est parfois observée. Elle touche principalement les jeunes sujets (moins de dix-huit mois). C'est une insuffisance rénale qui occasionne des fièvres et des difficultés de locomotion. La maladie peut être mortelle et il n'existe aujourd'hui que des remèdes palliatifs.
Une variante du Shar-Peï a aujourd'hui de nombreux adeptes. Le Mini Peï, comme son nom l'indique, est la version miniature du Shar-Peï.
D'une taille allant jusqu'à 40 cm au garrot, il ressemble en tout point à son cousin, un peu plus typé. Ses plis restent marqués, même lorsqu'il est adulte.
La race n'est à l'heure actuelle pas officiellement reconnue, même si une demande en ce sens a été faite auprès de la Fédération Cynologique Internationale.