Dans le clan des Terriers d'Ecosse, le bouillonnant Cairn est sans doute le plus authentique et c'est probablement le plus ancien, même si d'autres lui ont ravi la vedette…
Les premières descriptions qui en sont faites remontent au milieu du XIXe siècle. Mais, étrangement, il a toujours eu du mal à se positionner. Moins spectaculaire que ses cousins, il est resté très naturel et n'a pas attiré autant de passionnés parmi les premiers cynophiles. Dans les expositions, c'est souvent sous des appellations diverses qu'on le rencontrait et sa reconnaissance a été très tardive. Il faut attendre 1912 pour que les premiers sujets soient enregistrés par le Kennel Club. Nisbet, premier sujet reconnu, appartient au Major Ewing, l'un des précurseurs de la race. Malgré tout, le Cairn tarde à s'imposer. Il est souvent élevé en croisement avec les autres Terriers d'Ecosse, une pratique qui perdure jusqu'en 1924 et qui ne facilite pas son essor. Les cynophiles passionnés le boudent un peu, préférant le Scottish ou le Westie nettement plus spectaculaires du fait de leur toilettage, alors que le Cairn est traditionnellement conservé plus "nature". Dans les années trente, il commence à s'exporter dans les pays anglo-saxons, aux Pays-Bas et dans une moindre mesure en France. En revanche, son implantation dans les pays méditerranéens est beaucoup plus lente.
Le nom de ce Terrier est clairement lié à l'utilisation qui en était faite. Les Cairns, mot d’origine celtique, désignent ces amas de pierres naturellement éboulées ou vestiges de tombeaux néolithiques que l'on trouve fréquemment dans les landes écossaises. ils constituent des abris de rêve pour les lièvres, les lapins ou la vermine. Vaillant chasseur, le Terrier qui nous intéresse a fini par adopter le nom de son domaine de prédilection !
La frimousse du Cairn est terriblement sympathique. On repère tout de suite à son regard qu'il est sacrément espiègle. Longtemps, le standard de la race a comparé sa tête à celle d'un renard. Un parallèle peu réaliste -même si la couleur de robe la plus courante peut y faire penser - et assez péjoratif. D'ailleurs, cette notion a aujourd'hui disparu. Le Cairn idéal mesure de 28 à 31 cm au garrot, un peu plus grand que lors de ses débuts. Il ne doit absolument pas donner l'impression d'un basset. Il est donc plus haut que le Scottish, mais il est aussi plus léger que le Westie : 6 à 7,5 kilos, selon la taille. Comme tout bon Terrier qui se respecte, sa mâchoire est forte. Elle doit lui permettre de tenir tête à ses ennemis qu'il pourchasse jusque dans leurs terriers. La tête est plutôt petite, mais harmonieusement proportionnée au corps. Le stop est bien net. Les yeux, couleur noisette foncée, sont bien ronds et de grandeur moyenne. Les oreilles sont petites, pointues et portées bien droites. Les poils abondants, qui recouvrent la tête, et les sourcils broussailleux lui donnent une bouille bien ronde, particulièrement esthétique.
Le Cairn est un chien solidement construit. Le dos est droit, de longueur moyenne, et le rein est fort. Les membres sont musclés, avec de bonnes angulations qui lui confèrent des allures dégagées. La queue est courte, abondamment garnie de poils, sans pour autant former un panache. Elle est portée gaiement, droite, sans être enroulée sur le dos. Le poil de couverture est dur et abondant alors que le sous-poil est court et souple. Le Cairn revêt une robe dont la couleur peut être fauve, dans des nuances allant du crème au rouge, grise ou presque noire.
Cabochard le Cairn ? Bien sûr que non ! On a vite fait de donner une mauvaise réputation aux chiens de caractère. Il est pourtant si agréable d'avoir un chien volontaire et décidé, qui ne se limite pas au rôle d'aimable peluche de compagnie. Le Cairn est dynamique. Il sait ce qu'il veut et le fait savoir. Bien sûr, si l'on néglige son éducation, il ne tardera pas à adopter le comportement d'un enfant gâté. Mais face à des maîtres raisonnables, capables d'être suffisamment fermes, c’est un adorable compagnon sans soucis. D'un naturel espiègle, il aura tendance à tester ses maîtres pour découvrir les limites. Un doigt de fermeté et le tour est joué. Le Cairn est intelligent et assimile vite les règles de vie qu'on veut -qu'on doit- lui imposer. C'est un merveilleux compagnon qui adore jouer avec les enfants et qui partage facilement son environnement avec les autres animaux du foyer. A la campagne, il est totalement épanoui, mais il peut aussi vivre en ville. Il appréciera alors de pouvoir partager quelques instants de bonheur en pleine nature surtout s’ils ne se résument pas à de simples promenades hygiéniques !
Il est bien rare que l'on voit aujourd'hui le Cairn Terrier utilisé dans sa fonction première de chien de chasse. Quoique… on connaît des Cairns qui vont taquiner sans problème le sanglier ou qui participent à des épreuves de terrier artificiel. En dehors de ces situations extrêmes, il est tout à fait possible de pratiquer avec lui l'agility. Les obstacles variés qu'il doit franchir en un minimum de temps mettent au grand jour la grande complicité qui le lie à son maître.
Le Cairn ne faillit pas à la réputation des Terriers : c'est un solide gaillard. On ne lui connaît pas vraiment d'affections spécifiques. On évoque souvent à son propos des problèmes de peau. Les "gratouilles" chroniques peuvent avoir plusieurs causes, dont la principale est bien souvent d'origine alimentaire. On observe également des problèmes dans le cas d'utilisation de shampooing inadapté. Ou encore des dermatites allergiques liées à une infestation de puces. Une hygiène somme toute normale permet d'éviter bien des problèmes. Le Cairn Terrier est un animal qui ne cause pas grand souci. Le plus souvent, lorsqu'il se rend chez le vétérinaire, c'est pour un rappel de vaccination !
Les amoureux du Cairn ne tarissent pas d'éloge à son sujet. Le Cairn est en effet l'antithèse du Westie. Son entretien est limité au maximum et n'exige pas de toilette poussée ! Il faut modérer ces propos, le Cairn "au naturel", c'est sympa, mais il convient quand même de lui apporter un minimum de soins. Certes, on ne le sculpte pas au moyen d'une épilation poussée. Même lorsqu'il se donne en spectacle sur les rings des expositions canines. Mais n'oublions pas qu'à l'instar de nombreux Terriers, il ne perd pas ses poils et qu'il faut régulièrement enlever le poil mort pour favoriser la repousse du poil de remplacement. Une épilation légère est nécessaire. Le Cairn est faussement hirsute. Un petit toilettage qui lui laisse un aspect naturel est tout de même utile ; chaque trimestre si l'on veut faire bien. Les lavages sont possibles, sous réserve d'utiliser des produits qui respectent la texture dure de son poil. Pas question d'utiliser du shampooing humain, même pour bébé ! Dans la vie courante, un brossage hebdomadaire est largement suffisant.