Après quelques décennies d’oubli, tout le monde s’arrache le Bouledogue Français. Son look original et son caractère attachant font craquer petits et grands.
Il descendrait, depuis l’Antiquité, du Dogue du Tibet ou d’Asie. Celui-ci a donné naissance un peu après au Dogue de Macédoine que les négociants phéniciens exportèrent à travers toute l’Europe. En Angleterre, il est croisé avec des Terriers locaux et sa taille diminue au fil des siècles et des croisements. Bien que les avis des cynophiles divergent, on reconnaît généralement trois croisements : le Bulldog lui aurait apporté son type molossoïde, le Terrier, ses oreilles droites et le Carlin, ses yeux ronds et un peu globuleux.
Au milieu du 19e siècle, en provenance de Grande-Bretagne, arrive à Paris un petit chien aux caractéristiques très proches de l’actuel Bouledogue. Il devient aussitôt la coqueluche des quartiers populaires parisiens. Les bouchers et chevillards de la Villette l’adoptent aussitôt car il est capable de débarrasser les abattoirs de la vermine. Les tenanciers et les demi-mondaines ne tardent pas à l’utiliser comme petit chien de protection car il est vif et trapu. En accompagnant les cochers dans leurs courses, il séduit aussi les utilisateurs de fiacre. La carrière du Bouledogue est lancée. A la fin du siècle, les milieux artistiques de la capitale se l’arrachent. Le " Boule " conquiert le cœur de Chaliapine, Mistinguett, Colette, Caruso, Joséphine Baker. Les têtes couronnées d’Europe se laissent attendrir par son regard malicieux. On le retrouve sur les genoux d’Edouard VII d’Angleterre ou dans une des datchas de Nicolas II.
En France, les passionnés fixent ses caractéristiques à la fin du XIXe siècle, le premier club de race étant fondé dès 1880. La race est reconnue officiellement en 1898, année de la rédaction du premier standard officiel.Les deux guerres mondiales successives déciment les effectifs et notre petit dogue tombe peu à peu dans l’oubli. Sa renaissance remonte à la fin des années 80. Depuis cinq ans, il revient en force dans nos cœurs et sur nos écrans. Le nombre d’inscriptions au LOF est passé de 486 chiots en 1991 à 1600 chiots en 2000.
Le Bouledogue Français doit donner immédiatement une impression de puissance et de dynamisme. Son corps ramassé et musclé évoque les dogues mais en miniature. Sa tête est forte, large et carrée, les plis de sa face, sans être trop nombreux, sont symétriques. Ses oreilles, qui permettent de le reconnaître si facilement, sont portées droites. Elles sont larges à la base et arrondies au sommet.La plupart des coloris de robe sont autorisés. Le bringé et le caille (blanc et bringé) sont particulièrement appréciés. Le fauve est rare puisque cette couleur n’a été admise qu’en 1994. Son poil est ras, serré, brillant et doux. Naturellement, sa queue est courte, épaisse à la base. Effilée à l’extrémité, elle peut être nouée ou cassée.
Chien enjoué et drôle, il a pour vocation d’aimer et de tenir compagnie à son maître et à tous les membres du foyer qu’il adore, tant son affection est parfois envahissante. Facétieux, il s’amuse d’un rien : déchiqueter une poubelle de bureau remplie de papier l’amusera autant que de voir ses maîtres essayer de l’attraper dans le jardin. Le Bouledogue Français a perdu toute l’agressivité qu’il pouvait avoir quand il était chasseur de rats dans les faubourgs de Pantin ou de la Villette. Il est devenu un chien très agréable, au caractère souple. Il sait s’adapter à ses maîtres, qu’il s’agisse d’un jeune couple sportif avec enfants ou d’une grand-mère tranquille. Il supporte mal les absences prolongées de ses maîtres et les longues journées de solitude. Il veut suivre son maître et sait se faire très discret pour ne pas le déranger s’il sent que l’heure est au travail. Il est tellement présent qu’il est devenu un personnage à part entière des aventures des fameux Triplés de Nicole Lambert. Peu aboyeur, il peut avertir de toute présence étrangère sans pour autant se transformer en redoutable cerbère.
Ce joyeux citadin supporte mal les efforts prolongés. Il a une préférence pour les balades tranquilles. Si vous êtes sportif, n’hésitez pas à lui faire pratiquer un sport qui lui convient, comme l’Agility. Très sociable, il aime la compagnie de ses congénères et même des autres animaux. Rustique et robuste, c’est ainsi que l’on peut qualifier le Bouledogue. Robuste car il a généralement une bonne santé et ne souffre en particulier d’aucune maladie. Rustique, avec une espérance de vie comprise entre 9 à 12 ans, il est, pour un petit molosse, au-dessus de la moyenne. Attention toutefois, comme toutes les " faces courtes ", il supporte difficilement les fortes chaleurs et ne doit jamais être laissé seul dans une voiture. Pensez à le surveiller au bord d’un étang ou d’une piscine car il ne nage pas avec aisance et peut couler : ses pattes trop petites et trop éloignées pour brasser assez d’eau ne lui permettent pas de maintenir sa tête hors de l’eau.
Avec son poil ras et serré, un bon brossage hebdomadaire à l’aide d’un gant en caoutchouc suffit à faire briller le poil de votre "Boule". Les plis de sa face et ses yeux doivent être l’objet de soins particuliers : ils devront être nettoyés régulièrement à l’eau chaude. Lorsqu’il est vraiment sale, après une balade en forêt boueuse, un bon bain ne lui fera pas de mal, toujours avec un shampoing adapté.
Sa renommée a multiplié le nombre de soi-disant éleveurs attirés par l’effet de mode et le profit. Or le Bouledogue Français est une race difficile à élever : les portées ne sont guère importantes et les mises-bas se déroulent fréquemment par césarienne. En vous rendant chez un éleveur reconnu et sérieux, vous pourrez voir la mère et ses chiots, et vous rendre compte de leur socialisation tout en visitant les installations. Une méthode éprouvée pour mettre toutes les chances de votre côté et repartir avec un chiot équilibré en pleine santé.