Il a su devenir le leader des chiens d'arrêt continentaux. Chien de chasse polyvalent, il séduit tous les amateurs du genre. Mais c'est aussi un excellent chien de compagnie, prêt à partager de multiples moments de bonheur avec sa famille d'adoption.
Mais d'où vient l'Epagneul ? Sans doute d'Espagne, comme son nom, tiré du vieux français Espainholz, semble l'indiquer. Les premières traces que l'on retrouve de lui remontent au XIVe siècle, dans le Traité de chasse de Gaston Phoebus, comte de Foix, en 1387. Dans le chapitre consacré aux chiens d'Oysel (d'oiseau), ils sont décrits comme des chiens de chasse très amicaux et proches de l'homme. Les quatre variétés d'Epagneul que nous connaissons aujourd'hui en France en sont directement issus, fruits d'une sélection régionale qui s'est faite au fil des ans.
Le Breton, pas de doute : c'est bien d'Armorique qu'il nous vient. Elevé depuis des lustres, il est devenu aujourd'hui une race à part entière. Dès le début du siècle, le célèbre cynologue Paul Mégnin explique qu'il s'agit là d' « un chien particulier à toute la Bretagne ». Mais en réalité, c'est surtout dans la région de Callac (près de Guingamp dans les Côtes d'Armor)) qu'il va être sélectionné au début du siècle dernier. Aujourd'hui encore, ce ne sont pas moins de sept éleveurs qui sont installés dans ce petit village ! La première inscription au LOF est enregistrée en 1901 et le club de race voit le jour en 1907, un an avant que le standard officiel ne soit publié. Au fil des ans, l'Epagneul Breton a su devenir le leader des chiens d'arrêt continentaux. Chien de chasse polyvalent, il séduit tous les amateurs du genre. Mais c'est aussi un excellent chien de compagnie, prêt à partager de multiples moments de bonheur avec sa famille d'adoption. On le dit cabochard ? C'est sans doute un peu vrai, mais avec une éducation ferme et beaucoup d'attention, il n'est pas si difficile à vivre.
Trapu et musclé, le Breton est un véritable petit athlète. Sa construction solide en fait un chien résistant capable d'affronter bien des intempéries. Chien plutôt court, il est typiquement "cob", expression consacrée pour les chiens dont la longueur du dos est identique à la hauteur au garrot. La taille idéale se situe entre 46 et 51 centimètres, selon la dernière version du standard de la race. Une taille qui a eu tendance à augmenter au fil du temps : l'Epagneul du début du siècle ne devait guère toiser plus de 45 centimètres au garrot. La poitrine est profonde et la croupe est légèrement fuyante. Une particularité de l'Epagneul est qu'il naît avec une queue naturellement courte. On dit alors que c'est un chien "brachyoure", ou même carrément sans queue et c’est un chien "anoure". Le standard prévoit qu'elle ne doit en aucun cas dépasser 10 centimètres de longueur. En pratique, les queues trop longues sont écourtées à la naissance… tant que cette pratique demeure autorisée en France. Ce détail anatomique est peut-être l'un des facteurs qui a permis à l'Epagneul Breton de se forger rapidement une image et de se faire reconnaître du grand public.
Sa tête arrondie présente un chanfrein droit et un stop assez bien marqué. Les oreilles sont relativement courtes et sont portées tombantes, bien plaquées le long des joues. La mâchoire est forte, sans exagération. La robe peut revêtir différentes couleurs. La plus courante est la robe blanc et orange. Mais les robes bicolores peuvent également être blanc et noir (très à la mode ces dernières années) ou blanc et marron, une couleur beaucoup plus rare à l'heure actuelle. On trouve également des robes tricolores - blanc noir et feu - ou rouannées (mélange de poils des trois couleurs).
A observer son regard, on comprend tout de suite le caractère de l'Epagneul Breton. Ses yeux laissent transparaître l'intelligence et la tendresse. Beaucoup vont dire que le Breton est têtu. Et de citer les exemples de chiens fugueurs, désobéissants, etc. Ce n'est qu'un problème d'éducation. L'Epagneul Breton a du tempérament et teste ses maîtres en permanence. Une conduite trop laxiste et il n'en fera qu'à sa tête. Mais si tant de chasseurs l'apprécient, ce n'est pas sans raison. Son instinct de chasseur est très fort. Il est un excellent chien d'arrêt qui a beaucoup de volonté. Une fois parti sur une piste, il se montre persévérant et pugnace. Et ses qualités se révèlent très rapidement. A douze ou dix-huit mois, le Breton est pleinement opérationnel, tandis que d'autres chiens restent immatures bien plus longtemps. C'est bien la preuve que son éducation est loin d'être une gageure. D'ailleurs les dresseurs, habitués à travailler de nombreuses races de chasse, estiment qu'il fait partie des chiens les plus intelligents. Seule contrainte, savoir être ferme et ne jamais relâcher son attention. Son éducation doit démarrer très tôt et il est nécessaire de se montrer -comme lui- patient et persévérant. Pas question de céder lorsqu'il tente de remettre en cause la hiérarchie au sein de sa famille.
Bien sûr, c'est avant tout un chasseur. Chien d'arrêt, qui sait malgré tout rapporter, il est souvent le chien unique du chasseur. Son domaine de prédilection, c'est le bois et le marais. Mais il est tout de même assez polyvalent, et peut être utilisé partout. On le voit également en plaine, plus occasionnellement chasser le gros gibier ou encore faire de la recherche au sang. Lorsqu'il n'est pas destiné à cette fonction, il sait également se montrer sportif. D'ailleurs, le tout premier champion du monde d'agility était un Epagneul Breton. Enfin, c'est un chien de famille, d'un caractère très agréable et facile à vivre. Naturellement équilibré, il sait se satisfaire de nombreuses situations. Très proche de ses maîtres, il peut même se montrer collant. Mais il sait aussi accepter leur absence et les attendre sagement ; sous réserve qu'ils lui accordent suffisamment d'attention le reste du temps.