Juliette Lévy a une passion, le Dogo Canario. Elle a accepté de nous faire partager son point de vue sur cette race de chien qu’elle qualifie « d’exceptionnelle ».
Si vous ne le connaissez pas encore, vous serez conquis par son physique et son tempérament. Le Dogo Canario, anciennement appelé Presa Canario (pour sa capacité de chien de prise), est un molossoïde qui nous vient des Iles Canaries, situées au large de l'Espagne. Ces origines restent assez floues mais nous savons, cependant, qu'il possède un héritage génétique spécifique lié à son évolution au cours des siècles et des invasions successives. Il fut utilisé comme chien de prise pour le bétail (bovins), mais aussi comme chien de chasse (sanglier sauvage, ours et loups) mais également comme lutteur dans des combats contre les taureaux (Bull Baiting). Au fil du temps, les chiens se reproduisaient au hasard des rencontres, ceci expliquant une certaine hétérogénéité du type.
La race non contrôlée a perdu peu à peu de son homogénéité. De plus, la pratique des combats a entraîné les amateurs dans une course effrénée où seule la performance devenait le critère de sélection des reproducteurs, sans tenir compte des caractéristiques morphologiques. Cette race de chien à fait ensuite l’objet d’une série d'arrêtés juridiques visant à contrôler puis à éradiquer la race. Face à cette situation, des éleveurs passionnés, installés à Ténériffe décidèrent de prendre le « taureau par les cornes » : ils organisèrent une réunion en 1982 qui déboucha sur la création du Club espagnol du Presa Canario afin de préserver et d’améliorer le cheptel de la race. En juin 2001, après cinq siècles d'évolution non contrôlée, et à peine, deux décennies de sélection menée par le club espagnol, le Presa Canario gagne la reconnaissance internationale en intégrant la nomenclature des races reconnues par la FCI, au sein du Groupe II. Dans le même temps, il change d’appellation qui de Presa Canario devient Dogue Canario, le terme « Presa » n’étant pas accepté par les instances dirigeantes de la FCI.
Ses qualités font de ce chien un molossoïde qui n'a rien à envier aux autres : gardien incorruptible, puissant priseur et habile pisteur. Ce sportif hors pair ne craint ni le froid, ni les fortes chaleurs. Fabuleux compagnon, il sait être tendre et câlin. Son aboiement grave et profond est particulièrement dissuasif. Il n'utilisera sa force qu’en dernier recours. Il a la réputation d’être exclusif, c’est-à-dire, le chien d'un seul maître. Cependant, il suffit d'être juste avec lui pour profiter de sa loyauté et de sa nature généreuse. Ce molossoïde, du Groupe II, à la puissance affirmée, fascinera à n'en point douter les esthètes comme les sentimentaux amateurs de molosses puissamment découplés.