Donner pour guérir, c’est le mot d’ordre du Téléthon. Donner de l’argent, mais aussi du temps, de l’enthousiasme, de la tendresse. Et recevoir un sourire en échange… comme celui de Rachel, fillette atteinte d’une forme de myopathie, lorsqu’elle a reçu des mains de Laurent Baffie, Philo, un Golden Retriever de 2 ans.
Le Téléthon fait partie de ces événements qui réunissent les Français dans un sentiment de grandeur et de générosité. L’édition qui vient de s’achever a permis d’atteindre en promesses de dons la somme de 502.103.704 francs, soit76.545.216,23 euros.
Ce samedi 8 décembre 2001, la Cité de la Musique était, avec le plateau de France 2, le point de relais de toutes les actions des 22 000 communes françaises unies pour la recherche contre les maladies génétiques. Cette année, le chien, ami de l’homme et utile pour l’homme, était associé à cette entreprise nationale. Baptisé pour l’occasion la Cité des Chiens, un large espace était consacré aux chiens d’utilité avec la présentation de chiens d’avalanche et de décombres, de chiens de berger, de chiens d’aveugle ou de chiens d’assistance. Ces animaux, sélectionnés et éduqués avec tact et passion, ont montré leur enthousiasme à des milliers de visiteurs émus par le dévouement sans borne dont ils font preuve dans leur travail.
Rachel a 10 ans. Atteinte d’une forme de myopathie, elle ne peut pratiquement plus bouger et est très dépendante de son environnement. C’est pour permettre à Rachel et à d’autres enfants et adultes, tétraplégiques à la suite de maladie ou d’accident, que l’Anecah a été créée. Cette association a pour but de fournir à des handicapés moteurs un chien d’assistance qui leur redonne un regain d’autonomie, tout en étant un soutien moral et affectif. Un compagnon par l’intermédiaire duquel ils peuvent retisser un lien social puissant. A l’occasion de ce 15e Téléthon, c’est un Laurent Baffie très ému qui a remis Philo à la petite Rachel. Il tenait absolument à être là, malgré les deux représentations de sa pièce de théâtre qu’il jouait pratiquement au même moment. Quelques minutes auparavant, Rika Zaraï était venue chanter et communiquer son enthousiasme. A deux heures du matin, le papa de Rachel déclarait : « Elle est la vedette d’un jour. Son bonheur est absolu. Vous n’imaginez même comme ça l’aide à vivre son handicap ! ». Philo est ainsi le 400e chien d’assistance remis gracieusement grâce à l’Anecah.Comme tous les chiens de l’Anecah, Philo a été choisi à deux mois chez un éleveur, après avoir subi une série de tests comportementaux et sanitaires. Il a ensuite été placé dans une famille d’accueil. Il y est resté 16 mois, encadré par des délégués bénévoles qui ont parfait son éducation, jusqu’à qu’il comprenne et exécute 52 ordres différents : ouvrir une porte, allumer la lumière, ramasser un objet… Certains chiens, moins doués que Philo, n’arriveront pas à ce stade ultime. Mais leur amour pour l’homme leur permettra de donner encore de la joie, car ils serviront de chiens d’éveil à des personnes âgées ou des handicapés mentaux qu’ils accompagneront dans leurs activités quotidiennes.
Si les chiens de l’Anecah sont offerts gratuitement à ceux qui en ont besoin, leur éducation revient à 70 000 F ( 10 670 €). Cette somme très importante est réunie à chaque fois grâce aux dons reçus par l’association, mais l’argent ne suffit pas, car il faut tout un réseau de personnes motivées et compétentes pour mener à bien la délicate éducation d’un chien d’assistance. La liste d’attente est longue et il faut en moyenne deux ans aux demandeurs avant de pouvoir obtenir un chien prêt à jouer son rôle. La mobilisation doit rester intacte car les bénéfices sont énormes pour les personnes handicapées qui profitent d’un chien d’assistance, et particulièrement pour les enfants. Un jour, la vie de chacun peut basculer. Un banal accident de piscine peut transformer du jour au lendemain des parents heureux en parents d’enfant handicapé, qui doivent alors faire face aux difficultés de la vie quotidienne auxquelles est confronté leur enfant. Laurent Baffie déclare : « Je suis père de trois enfants en pleine possession de leurs moyens. Quand je vois Rachel, je ne peux pas m’empêcher de penser à eux ! Il ne faut pas hésiter, il faut donner à l’Anecah pour qu’elle puisse continuer à distribuer du bonheur ».