Inondations, marées noires, épidémies… les animaux sont parfois très durement touchés. Pour répondre à leurs besoins dans des situations d’urgence, une nouvelle spécialisation a été créée : la médecine vétérinaire de catastrophe et d’environnement. Et la première promotion vient de sortir.
Issue de cette formation, la première promotion a reçu son diplôme samedi 21 septembre 2002 lors de la première journée consacrée à la médecine vétérinaire de catastrophe et d’environnement. Spécialement formés, ils sont capables de répondre aux besoins sur le terrain en cas de coup dur et auront une action essentielle dans la phase de réhabilitation pour traiter les populations animales, assurer l’hygiène alimentaire… Mais pas seulement ! ces docteurs vétérinaires vont enfin participer aux études sur la faune lors d’implantations industrielles ou lors de la conception de bâtiments d’élevage pour anticiper d’éventuelles catastrophes
Car cela n’a pas toujours été le cas ! Monique L’Hostis, professeur responsable du centre de soins pour oiseaux à l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort raconte sa pénible expérience lors du naufrage de l’Erika en décembre 1999. 10.000 tonnes d’hydrocarbure échoués, 63.000 oiseaux récupérés dont 36.200 vivants, 1500 arrivée d’oiseaux mazoutés au plus fort de la crise alors que seuls 50 oiseaux par jour pouvaient être accueillis ! Dans son petit centre, elle a vu passer 11.016 oiseaux. Gérer la logistique, la communication, et le financement a été très pénible. Par exemple, le plan Polmar ne prévoit pas de financement pour sauver la faune sauvage lors de ce type de catastrophe. Jean-Lou Marié, lui, en tant que vétérinaire biologiste, a participéà la lutte contre l’épizootie de fièvre aphteuse en Grande-Bretagne en 2001. Il a du faire face à la réticence des éleveurs à le laisser pénétrer sur leur propriété ; la presse anglaise ayant entretenu une rumeur sur la diffusion de la maladie par les vétos et leur véhicule.
Très tôt dans l’Histoire, les médecins qui s’occupaient des blessés lors des conflits était accompagnés de vétérinaires pour prendre soin des chevaux et gérer l’hygiène alimentaire. Mais cette médecine d’urgence n’a été théorisée que très dernièrement. Les Etats-Unis se sont intéressés les premiers à la place des vétérinaires aux côtés des médecins, des pompiers, des forces de l’ordre lors des situations d’urgence. Dès 1948, ils publiaient des travaux sur l’implication des vétérinaires après l’explosion d’une bombe atomique. Mais ce n’est qu’en 1983 que naquit l’American Academy on Veterinary Disaster Medecine afin de définir au mieux leur rôle et leur formation. En France, les premiers vétérinaires qui partirent en 1985 à Mexico après le tremblement de terre, réfléchirent dès leur retour sur leur place et l’importance de leur présence ainsi que sur la formation spécifique à recevoir pour pouvoir agir au mieux. Depuis, Gérard Grandidier, Dominique Grandjean, Malik Ouabdesselam et Roger Scailteux, les « quatre dinosaures » de la médecine de catastrophe, comme les a affectueusement surnommés Roland Sicard, ont travaillé pour que cette formation aboutisse.
Vingt-sept ans après Mexico, les élèves de la première promotion formés à la médecine de catastrophe et d’environnement ont reçu leur diplôme des mains de Madame Claude Lardy, marraine de cette première journée. Sur les dix nouveaux promus, deux ont été particulièrement félicités pour leur mémoire de fin d’étude : Véronique Vienet pour Le vétérinaire sapeur pompier face au risque radiologique. Réflexions sur une rupture du tube générateur de vapeur aggravée dans une installation nucléaire de base et Ronan Sicard pour Simulation d’un accident dans une unité d’incinération des ordures ménagères. Le rôle du vétérinaire.Les docteurs Laurent Bourrasseau, Pascale Heitz, Maurice Kaiser, Sandrine Pawlowiez, Olivier Pennant, Christophe Pflieger, Olivier Riffard, Isabelle Roussot ont été aussi chaudement félicités par Mme Claude Lardy.