Le Bichon Maltais, Ugly de Tosianet, né le 3 mai 1983 à Linvinhac le Haut, vient de souffler ses 20 bougies. Un record de France confirmé par les responsables du club de la race en France. Andrée Lay, sa maîtresse, nous raconte son histoire.
Andrée Lay : Il est en bonne santé pour son âge, et j'espère qu'il me donnera encore beaucoup de bonheur ! Le dernier contrôle médical est rassurant (cœur, prostate, urée, etc.). Je félicite et je remercie son éleveuse Madame Laborie, grâce à qui j'ai pu connaître ce petit chien merveilleux, espiègle, tendre, gentil, pas bruyant lors de mes absences, amoureux de tout le monde. C’est un cœur avec du poil autour !
A. L. : Ugly avait à peine un an lorsque ma mère tomba très malade et se trouva très déprimée pendant toute une année. Elle voulait mourir, refusait de sortir, d'ouvrir son courrier et de voir ses enfants mis à part moi, sa fille. Durant cette année-là, j'allais la voir plusieurs fois par jour sans mon petit chien pour ne pas gêner les médecins, et pouvoir faire le ménage et les courses tranquillement. Puis un jour, j'eus l'idée de faire quelques visites avec Ugly. Ce petit chien lui fit la fête, même lorsqu'elle ne le regardait pas. Soudain, un jour, ce fut le déclic. Inconsciemment, elle attendait sa visite et se mit à sourire de plus en plus en le voyant. Je continuai mes visites chaque jour, avec Ugly et parfois sans lui, afin de provoquer une réaction. Ma mère parlait de plus en plus normalement, sans se plaindre, et détendait son visage un peu plus chaque jour, me demandant des nouvelles d'Ugly. Il y eut une nette amélioration car, enfin, elle lisait les lettres de ses fils. Sans doute se rendit-elle compte qu'un petit être l'aimait, qu'il lui manquait, et sans doute elle réalisait qu'elle pouvait se rendre utile. Elle me dit en souriant : « Je peux te garder Ugly si tu veux... ».
A. L. : Son gros défaut, c’est qu’il est fugueur et désobéissant. Ugly n'a jamais su marcher au pied sans tirer sur la laisse et il agressait les gros chiens dans la rue. Lorsqu'il était libre, il fuguait à la moindre occasion (malgré une éducation canine). Dans ces cours d’éducation, nous partions en promenade avec un groupe de chiens pour qu'Ugly s'habitue au contact des gros chiens et qu'il apprenne à marcher sans tirer sur la laisse. Maîtres et chiens marchaient en file indienne, Ugly tout petit au milieu de Bergers Allemands et de Dogues Allemands. Dès que nous relâchions notre attention sur Ugly, celui-ci s'empressait de mordre la queue du chien qui le précédait.
A. L. : Rarement malade, Ugly a quand même bénéficié de soins et de contrôles vétérinaires fréquents, de surveillance permanente sans quoi ce petit chien fugueur ne serait pas là aujourd'hui. Tous les deux ans environ Ugly a subi un détartrage dentaire sous calmant (jamais d'anesthésie générale) et ce, jusqu'à l'âge de 18 ans.
Ugly n'a jamais connu le stress de l'abandon, car je ne partais jamais en vacances sans mon chien, et autant que possible je louais une maison pour éviter de le donner en garde à n'importe qui. Il n'a jamais souffert de la chaleur ou du plein soleil sur les plages des vacances (la chaleur n'est pas recommandée pour le coeur et pour l'hydratation d'un chien).
A. L. : Pour qu'il ne soit pas seul, Ugly a une compagne nommée Briska, âgée aujourd'hui de 17 ans et demi, de santé plus fragile. En cas d'absence prolongée, lorsque c'était possible, j'emmenais toujours mes chiens avec moi, même lorsque mon employeur m'envoyait à Paris, nous prenions l'avion ensemble, Ugly et Briska dans le même panier (sac spécial accroché à mon cou) et nous visitions ensemble les musées avec l'autorisation préalable de la direction. Aujourd'hui nous évitons les déplacements fatigants pour ces petits chiens trop vieux.Un jour de grève, Ugly, Briska et moi-même, nous avons attendu 7 heures à l'aéroport d'Orly, en file d'attente devant le guichet d'embarquement. Ugly et Briska ont une telle confiance en moi qu'ils ont attendu tout ce temps patiemment dans leur panier, se détendant de temps en temps les pattes au dehors grâce à de gentils passagers qui nous gardaient la place.
A. L. : Très gourmand, Ugly a toujours mangé de tout, c'est ce qui le sauve aujourd'hui. Je n'ai jamais été favorable aux croquettes données en permanence, ni aux boîtes de conserves. Nous-mêmes, nous ne pourrions pas vivre longtemps avec une alimentation faite uniquement de boîtes de conserves ou bien de croquettes, alors pourquoi donc en donner à nos chiens ? Sa nourriture est composée de légumes crus (carottes finement râpées) ou cuits, viande, riz, petits pots de bébé, compléments alimentaires sous forme de vitamines, et oligoéléments... Les croquettes ou les boîtes ne sont utilisées qu'en cas de dépannage ou de récompense. Les sucreries sont rares.
A. L. : Ugly a toujours aimé les longues promenades dans la campagne, usant ses longs poils blancs qui traînaient au sol, l'air frais et pur. Chaque jour, il fallait le sortir deux fois, trois fois, dix fois, il ne s'en lassait jamais. L'été nous évitions de sortir en plein midi, car sa fourrure épaisse le faisait souffrir de la chaleur. C'est pour cette raison que je décidai, à regret, de couper les poils de Ugly lorsqu'il eut 14 ans. A l'âge de 17 ans, la cataracte et la surdité de mon petit chien sont devenues plus importantes. Pourtant, depuis cette date, Ugly s'est habitué à vivre avec son handicap.
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