Les cynophiles et éleveurs des trois départements concernés par l’arrêté demandent au gouvernement d’assouplir les mesures prises qui risquent de tuer la pérennité de leur entreprise..
Depuis le samedi 4 septembre, trois départements français – 33, 24 et 47 – sont déclarés comme « zone de rage ». Les activités cynophiles (vente de chiot, présentation en exposition, libre circulation, etc…) sont stoppées net !L’origine de cette décision ? Tout simplement, une chienne « enragée » âgée de 4 mois ramenée illégalement du Maroc et qui a réintroduit la rage en France tout en semant la panique pendant les quelques semaines qui ont précédé son décès. Les autorités sanitaires ont suivi à la trace le parcours de cette petite chienne pendant les trois premières semaines d’août (Périgueux, Miramont de Guyenne, Libourne, …) afin de retrouver les personnes et les animaux ayant été en contact avec elle !Son maître risque jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 Euros d’amende. Les autorités reconnaissent cependant, qu’en amenant sa chienne à la SPA, le maître de Tikki a fait preuve de civisme car il aurait très bien pu commettre un acte bien plus grave (abandonner la chienne mourante, ne pas prévenir les autorités, etc…) et ainsi laisser dans l’ignorance des dizaines de personnes ayant côtoyé la chienne…
Les éleveurs sont particulièrement concernés car le nouvel arrêté stipule : « Dans un arrêté publié au Journal Officiel du 4 septembre 2004, la direction générale de l'alimentation renforce le dispositif réglementaire au regard de la rage dans les départements de la Dordogne, de la Gironde et du Lot et Garonne. Il s'agit de mesures particulières de prévention contre la rage applicables dans ces trois départements pour notamment restreindre les mouvements des carnivores domestiques (chiens, chats et furets) non vaccinés et non identifiés et limiter les risques de diffusion éventuelle de la maladie.
- Seuls les chiens identifiés et valablement vaccinés contre la rage peuvent circuler librement, à condition d'être placés sous la surveillance directe de leur maître. Les chiens non identifiés ou non valablement vaccinés contre la rage doivent être tenus à l'attache ou enfermés et ne peuvent en aucun cas sortir de la zone qui correspond aux trois départements.
- Tout rassemblement de carnivores domestiques, notamment les concours et expositions, est interdit. La participation des carnivores domestiques résidant dans les trois départements concernés à des rassemblements de ce type organisés dans d'autres départements, est interdite.
- Il est interdit de se dessaisir d'un carnivore domestique non valablement vacciné contre la rage sauf pour faire procéder à son euthanasie par un vétérinaire sanitaire.
- Lorsqu'un carnivore domestique présente des signes quelconques de maladie ou qu'il meurt, son propriétaire doit le présenter à un vétérinaire sanitaire.
- La surveillance vétérinaire obligatoire de façon permanente et en quelque lieu que ce soit lorsqu'un carnivore domestique a mordu ou griffé une personne est étendue aux cas de morsure ou griffure d'un autre animal ».
Les éleveurs et cynophiles des trois départements concernés sont donc « condamnés » à attendre une décision de leur ministère de tutelle, avant d’envisager de continuer leur activité de façon normale.
Depuis l’arrêté ministériel d’avril 2001, la France était considérée par les autorités sanitaires comme indemne de rage. Depuis cette date, la vaccination était obligatoire que dans des cas précis (chiens de 1ère et 2ème catégories, chiens étrangers participant à une exposition canine en France, etc…).
A l’Agriculture, rendre la vaccination antirabique obligatoire n’est pas une priorité actuellement, contrairement aux préconisations du Ministre de la Santé. Voici le communiqué publié le 13 septembre par le Ministre de l’Agriculture : «Hervé GAYMARD, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales, a arrêté des mesures particulières le 3 septembre 2004 pour renforcer le dispositif de prévention contre la rage dans les départements de la Dordogne, de la Gironde et du Lot et Garonne : - seuls les chiens identifiés et vaccinés peuvent circuler librement dans ces trois départements- les rassemblements de carnivores domestiques sont interdits de même que la participation de ces animaux à des concours ou expositions en dehors de ces départements.A ce stade, Hervé Gaymard ne préconise pas la vaccination obligatoire et systématique de l'ensemble des carnivores domestiques sur tout le territoire national. Il saisit l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments - Afssa - (comité d'experts de la rage) afin d'évaluer l'intérêt d'une telle obligation au regard de la protection de la santé publique.La vaccination obligatoire des chiens (8 millions) et des chats (9 millions) contre la rage n'a jamais été généralisée en France. Lors de l'extension maximale de la rage du renard dans les années 90, l'exigence de la vaccination concernait des chiens et des chats dans 36 départements au plus fort de l'épidémie ».
Face à cette situation, les éleveurs réagissent et des pétitions circulent. Voici celles qui ont été adressées à la rédaction d’Aniwa.
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