La "Parvo" est une maladie virale qui se termine souvent par une mort foudroyante de l'animal atteint. Dans un élevage, des règles de conduite élémentaires permettent de contrer efficacement ce "fléau".
Quelques rappels sur la parvovirose canine
La parvovirose est une maladie virale du chien, classée parmi les vices rédhibitoires. Les animaux visés sont les chiots de 5 à 12 semaines.
Cliniquement, la parvovirose se traduit en général par :
- une perte d'appétit, puis des vomissements incoercibles et une diarrhée nauséabonde parfois teintée de san ;,
- une déshydratation rapide aboutissant à la mort du chiot, quels que soient les traitements vétérinaires entrepris.
Autres formes moins classiques de parvovirose :
- forme suraiguë : mort foudroyante sans symptômes ;
- forme atténuée : rémission des symptômes après une semaine. Les chiots ont parfois de telles lésions de la muqueuse digestive qu'ils souffrent ensuite de troubles chroniques d'assimilation.
Le parvovirus est le plus agressif des virus impliqués dans les gastro-entérites virales du chiot. D'autres virus peuvent provoquer des symptômes similaires (ex : coronavirus), mais seuls, ils entraînent rarement de mortalité.
Modes de contamination
Le virus de la parvovirose peut résister plus d'un an dans le milieu extérieur : cette grande résistance explique qu'il n'a pas pu être complètement éradiqué des élevages. Les excréments des animaux atteints sont les principales sources de particules virales, mais le virus est aussi disséminé par l'urine, la salive, le pelage, et tous les objets souillés dans l'élevage. Il se propage très vite à l'intérieur d'un élevage mais aussi d'un élevage à l'autre. Il pénètre par la voie oro-nasale et la durée d'incubation est de 3 à 5 jours.
Diagnostic
La confirmation du diagnostic se fait en mettant en évidence le virus dans les selles dans les premiers jours suivant l'apparition des symptômes. Il existe des kits vétérinaires permettant de faire rapidement le diagnostic à partir d'un simple prélèvement de selles.
Traitement
Il ne vise pas le virus lui-même, mais cherche à limiter l'expression de la maladie grâce à des perfusions, des pansements gastro-intestinaux, des modificateurs de la motricité digestive, une antibiothérapie, des mesures diététiques... Ce traitement nécessite l'hospitalisation du chiot. Empiriquement, on remarque que la reprise d'appétit chez le chiot malade est un bon signe annonciateur de guérison.
Quelles mesures sanitaires appliquer en cas de parvovirose ?
Compte tenu de la résistance du virus, les mesures doivent être draconiennes.
- Port d'une combinaison et de surbottes de l'entrée jusqu'à la sortie de l'élevage.
- Désinfection des locaux et des objets souillés à l'eau de Javel
(dilution 1/30).
- Shampooing sur tous les animaux ayant été en contact avec le virus ; traitement de l'eau de rinçage à l'eau de Javel.
- Bain javellisé des mères gestantes à l'entrée en maternité, et isolement sanitaire de la maternité.
- Vaccination des chiots une semaine avant la date moyenne d'apparition des symptômes, à l'aide d'un vaccin vivant monovalent, utilisable même en présence d'anticorps d'origine maternelle. Répéter les injections toutes les semaines jusqu'à l'âge de 12 semaines.
- Ne pas vendre de chiots avant l'âge de 12 semaines ; si l'acheteur l'accepte, attendre jusqu'à 20 semaines permet encore de limiter le risque que la parvovirose ne se déclare après l'achat du chiot.
Toutes ces précautions s'avèrent parfois insuffisantes pour protéger la totalité des chiots à naître. En effet, l'efficacité de la vaccination de chiots possédant encore des anticorps d'origine maternelle est toujours problématique. Ces précautions feront cependant diminuer très sensiblement le nombre de chiots malades et/ou morts. Elles sont aussi très importantes pour limiter le risque que la parvovirose se déclare après l'achat du chiot.