Karl Donvil est notre principal collaborateur sur le circuit international. Si sa réputation de reporter n’est plus à faire, son point de vue d’observateur attentif nous semble intéressant à plus d’un titre. A l’occasion de la récente édition de Dortmund 2001, il a été témoin d’une scène inattendue…Voici son récit.
La Bundessieger-Zuchtschau est l’une des expositions les plus réputées en Europe. Dortmund est bien située, proche des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et pas trop éloignée de la France, du Danemark, de la Suisse et de l’Autriche. Il s’agit, rappelons-le, de la plus grande exposition canine allemande et elle se déroule sur trois jours. Cette édition 2001 était pour moi, une première et une découverte. Certes, le temps n’était pas idéal pour attirer les visiteurs, les halls pas des plus modernes et l’éclairage conférait une impression générale plutôt sombre. Au total, 5831 chiens étaient inscrits divisés en 300 races et variétés différentes.
Au hasard de mes déambulations dans les allées, je me suis arrêté au bord du ring d’une race particulièrement prisée outre-Rhin, le Terre-Neuve. Il y avait deux juges dans le ring qui discutaient afin de savoir qui allait désigner le Meilleur de race. D’un côté, Carsten Lorenzen, spécialiste de la race, avait départagé les mâles, de l’autre, Jürgen Franken, juge de Boxer, dont l’expérience dans le Terre-Neuve est récente, venait de terminer le jugement des classes femelles. A un moment, Jürgen Franken demande aux maîtres de deux des quatre finalistes de venir sur le ring, en leur indiquant une place proche des spectateurs massés autour des barrières. A haute et intelligible voix, il commence à émettre de sérieuses critiques sur les qualités des deux chiens concernés, évoquant leurs défauts par rapport au standard, avec le plus grand mépris pour les deux exposants pourtant heureux de se retrouver parmi les finalistes. En définitive, cette critique concernait le jugement de son collègue Carsten-Lorenzen… Une façon élégante de dénigrer un collègue. Imaginez la tête des deux exposants qui étaient furieux de voir un juge « démolir » leurs chiens en public. Entre-temps, j’ai su qu’une plainte avait été déposée auprès des organisateurs à l’encontre de ce juge. Un incident qui ne fait pas honneur à la cynophilie outre-Rhin !!!!Une première depuis que je suis les principaux championnats en Europe. Espérons que ce sera la dernière et que le VDH saura réagir de façon appropriée face à de tels agissements.