A l’occasion de son centenaire, la société organisatrice de Gand 2002, avait fait de sérieux efforts pour offrir Gand dans un écrin !
Jamais deux sans trois. L’un des top Chow-Chow en Europe, Ventureboy Van Mansjoerije, après ses BIS à Courtrai et à Hasselt en 2001, renouvelle l’exploit à Gand, un rendez-vous international qui se déroule tous les deux ans en Belgique. Cette édition était exceptionnelle puisqu’il s’agissait du Centenaire de la société organisatrice et de la 39e édition de l’exposition. Si en 2000, plus de 2000 chiens s’étaient retrouvés dans les rings, cette année, 1683 chiens provenant de 10 pays différents étaient là. Un résultat tout à fait honorable dans un contexte cynophile où les expositions accusent pour la plupart une baisse des engagements.
On ne peut pas battre des records de participation chaque année. Avec près de 1700 chiens, Gand 2002 était dans la bonne moyenne des expositions internationales du circuit européen. Ces deux dernières années, la cynophilie a souffert des effets pervers de la législation sur les chiens dangereux, touchant en particulier des races aux classes habituellement imposantes. Mais depuis deux ans, ces races « en vogue » voient leur participation baisser de manière inquiétante. Dans la plupart des pays européens, les gouvernements ont voté des lois imposant des restrictions draconiennes aux propriétaires et aux éleveurs de ces races suspectées d’être dangereuses (Rottweiler, Dogo Argentino, American Staffordshire Terrier). C’est sans doute l’une des causes majeures de la baisse de fréquentation dans les expositions. Nous ne pouvons que souhaiter que les propriétaires et éleveurs sérieux continuent à relever le défi en montrant, au quotidien, que leurs chiens ne sont pas dangereux et que tout n’est qu’une d’éducation dès le plus jeune âge.
L'exposition se déroulait dans les Halls les plus prestigieux du pays, offrant une abondance d’équipements (grands parking pour le stationnement, vastes halls pour les rings, larges allées pour le public, emplacements de stands très bien agencés, etc.) C'était superbe de voir ces rings offrant tant d’espace aux chiens présentés, notamment lors de l’examen des allures dans les races de grand gabarit. Si le hall principal ne comptait aucune ouverture (fenêtre, baie vitrée, toit transparent…), la lumière qui éclairait le ring d’honneur était largement suffisante pour mettre en valeur les démonstrations et les finales. Le spectacle était bel et bien sur le ring d’honneur, un endroit capital pour une exposition canine digne de ce nom. Comme toute exposition se déroulant sur deux jours, les visiteurs les plus impliqués étaient obligés de revenir le lendemain pour apprécier l’ensemble des meilleurs chiens de l’exposition. Les handlers qui exposaient plusieurs races sur les deux jours étaient à la peine, courant d’un ring à l’autre afin de présenter leurs élèves.
Pour son 100e anniversaire, la société organisatrice n’a pas lésiné sur les moyens. Les haut-parleurs du ring d’honneur avaient été « habillés » avec des vêtements du siècle précédent, une façon de rappeler qu’il s’agissait de l’exposition du centenaire. Un siècle de sélection canine, ce qui justement permet d’imaginer la façon dont les races ont évolué : comparez des photos de champions de 1902 avec ceux de 2002… Evolution naturelle ou sélection des juges et des éleveurs ?Comme dans de nombreuses expositions internationales, les finales se prolongèrent bien au-delà de l’horaire annoncé. Dès 18h, le public devenait clairsemé autour du ring d’honneur. Soulignons que le podium du Best in Show était orné de lys blancs, offrant un contraste saisissant avec la tristesse habituelle des podiums.
Ce centenaire fût également l'occasion pour la Poste belge d’éditer une série de 5 timbres mettant en valeur les différentes races belges (Bouvier des Flandres, photo ci-contre, Berger Belge, Saint-Hubert…). Imaginez la joie des organisateurs, particulièrement fiers d’une telle initiative.
Le jury était très international, les 52 juges invités représentant bien la diversité européenne. 205 races différentes étaient exposées dont certaines particulièrement rares comme le Broholmer ou le Koikerhonde (photo ci-dessous). Autre particularité de l’ouverture internationale de Gand, la participation de 21 chiens britanniques présentés par 15 éleveurs différents ! Mais, j'ai été bien plus étonné quand j'ai découvert que la majorité des finalistes sur le ring d’honneur étaient Belges, excepté lors des finales des jeunes et des vétérans. Ces résultats sont-ils le fruit d’un « chauvinisme » exacerbé en Belgique ou, plus simplement, la confirmation de l’excellence de son élevage canin ?