L’association Lévriers en Détresse continue plus que jamais son combat contre les courses de Lévriers et le sort horrible réservé à ces animaux victimes. Voici le texte intégral de leur communiqué daté du 06 septembre. A lire pour agir !
Fantanasia est sortie de la salle d'opération avec seulement trois pattes. Il a fallu l'amputer, afin que le cancer qui l'a atteinte n’envahisse pas tout son organisme.Fantanasia est une chienne merveilleuse, tendre, douce, belle, joueuse, toujours prête à courir avec ses petits compagnons.Fantanasia ne courra plus. Fantanasia a trop couru…Retraitée (entendez survivante !) du cynodrome de Barcelone, elle est arrivée en France en mars dernier. Au refuge d’Haguenau, où elle a passé quelques jours, elle a étonné tout le monde par sa gentillesse et son caractère toujours heureux. Et pourtant, elle sortait d’un enfer, un enfer en forme de piste où des hommes viennent jouer de l’argent. Parier sur la fatigue, parier sur l’épuisement de chiens qui vivent dans des conditions lamentables et sont usés par une exploitation sans pitié.
Tel pourrait être le slogan de ces lieux où des lévriers venus d’Irlande foulent 10 à 11 fois par semaine une piste sablée, avant de rejoindre une cage d’un mètre carré à peine, où ils ne peuvent étendre leurs longues pattes qu’en les glissant au travers des barreaux.Comme Darling, notre mascotte, qui en est morte il y a quelques mois, Fantanasia a dû courir alors qu’elle était blessée, sans soins, sans autre encouragement que des coups et du dopage pour oublier la douleur.Maintenant Fantanasia va devoir vivre sur trois pattes.Ses tortionnaires se portent bien. Eux ne se fatiguent pas. Ils se contentent d’encaisser les bénéfices d’une activité qui pue la mort.
Mais d’autres informations nous apportent une infime lueur d’espoir… même si elles sont également porteuses d’horreur.Les courses de lévriers sont en net déclin aux Etats Unis, les cynodromes ont vu en quelques années leurs revenus fondre de 50 à 70 %. Dans le même temps la production de lévriers de course est passée de 50,139 en 1989 à 34,126 en 2000.Mais sur ces 34.126 lévriers, 26.464 seulement ont été enregistrés en course. Où est passée la différence, soit 7.662 jeunes chiens ? Simple, ils ont été abattus dans les fermes d’élevage… Pas assez performants !
A la « grande époque » les fermes d’élevage ont produit jusqu’à 61.764 chiots (en 1990) et on abattait 23.149 chiots qui ne convenaient pas à l’industrie !Au total, en 12 ans, ce sont 112.051 chiots qui ont été exécutés !Aux USA le travail des associations de défense des greyhounds de course a porté ses fruits, de 1.500 adoptions en 1989, les chiffres ont grimpé à 9.000 en 1993. 12.000 en 1994 et 13.000 en 1995, chiffre constant depuis cette époque. Dans le même temps le nombre de lévriers retraités exécutés est passé de 33.615 en 1989 à 11.464 en 2000.Le total des chiffres des lévriers assassinés en 12 ans aux USA est épouvantable : 368.096 !
Comme si l’horreur de ces chiffres ne suffisait pas, à la fin du mois de mai 2002, on a découvert dans une ferme de Lilian, dans l’Alabama, un charnier où sont enterrés entre 2.000 et 3.000 lévriers. Ces greyhounds ont été abattus par un employé du cynodrome de Pensacola, l’un des plus grands et des plus connus de Floride. L’homme, Robert Rhodes, 68 ans, a été emprisonné à la prison du comté de Badwin sous trois motifs d’inculpation pour cruauté envers des animaux. Il ne portera pas de chaînes, a précisé le District Attorney. Il risque 1 à 10 ans de prison pour chacun de ces chefs d’accusation.
L’homme recevait 10$ par chien exécuté ! Rhodes était sensé les abattre « proprement », d’une balle dans la tête. En fait, les enquêteurs ont mis à jour des restes récents de lévriers dont le corps était criblé de balles…
Les responsables du monde des courses de lévriers regrettent cette affaire, non par compassion pour les milliers de lévriers abattus dans des conditions atroces, mais pour la mauvaise publicité que leur crée cette histoire.
Ce monde préfère en effet la discrétion des vétérinaires qu’elle emploie habituellement pour cette sale besogne. Mais Rhodes avait une qualité qu’apprécient les hommes d’affaires (sic) qui contrôlent les courses aux USA. Il revenait moins cher que les euthanasieurs (on a du mal à employer le terme de vétérinaire pour désigner ces massacreurs) qui réclament de 20 à 50 dollars par chien pour faire le sale boulot.
David Whetstone, le District Attorney qui a mis Rhodes sous les verrous, se dit prêt à continuer les investigations et poursuivre tous ceux qui sont impliqués dans cette affaire. Il a du pain sur la planche !
Susan Netboy, présidente de la Greyhound Protection League a commenté ces faits en des termes sans équivoque ! « Cette situation a mis en lumière le sort réel des chiens de course, pas seulement en Alabama ou en Floride, mais partout dans le pays. C’est un triste constat de la manière dont sont traités les greyhounds de course ! » Elle ajoute que les massacres du type de celui perpétré par Rhodes sont bien connus dans l’industrie des courses, la formule utilisée pour en parler est « retour à la ferme ».
Ce déclin de l’industrie de la mort des lévriers aux USA doit nous encourager dans notre action en Europe. Déjà les cynodromes espagnols sont moins fréquentés et celui de Rome, dernier cynodrome commercial d’Italie, a fermé ses portes en mai dernier. Dernier bastion de l’exploitation, le Royaume Uni et la république d’Irlande !
La pétition destinée à l’ambassade d’Irlande est en ligne sur le site http://www.levriersendetresse.com/, copiez-la, signez-la, faites-la circuler. Il faut recueillir le plus grand nombre possible de signatures avant le 31 décembre 2002. Il faut que les autorités irlandaises imposent à l’industrie des courses des règles nouvelles. Il faut imposer le reclassement des greyhounds à la retraite. Si l’Irlande veut se targuer du titre de pays civilisé, elle doit agir.
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