En regardant le célèbre Out Of Africa, Massimo Sambin se retrouva subjugué par les magnifiques couchers de soleil et la savane africaine. Mais pas seulement… Les chiens du film vont le faire glisser de la cinéphilie vers la cynophilie…
1985, Out Of Africa, le film de Sydney Pollack vient de décrocher sept Academy Awards. Dans une salle de projection, Massimo Sambin découvre l’univers de cet écrivain danois, Karen Blixen, au Kenya. Rapidement, il décide d’en savoir plus sur ces grands chiens qui entouraient Robert Redford et se met en quête de cette race canine qui lui était parfaitement inconnue. Il découvre que ce sont des Deerhounds. Des Lévriers écossais dont la taille et la richesse historique sont inversement proportionnelles à leur diffusion. « Cet étrange chien gris, hirsute et compagnon fidèle du protagoniste du film » allait faire entrer Massimo dans un autre univers, le monde des cynophiles.
En 1993, l’occasion de faire l’acquisition d’un tel chien se présente enfin : « Je reçus un coup de fil d’une amie très chère, Sandra, qui m’informait de la naissance d’une nichée de Deerhounds chez l’un de ses amis ». Rendez-vous fut aussitôt pris avec l’éleveur. Le dimanche suivant, je repartais de chez lui… avec deux chiots. L’un, le mâle, fut surnommé Aschley, l’autre, sa sœur, Jodie. Ces deux chiots nés le 10 septembre 1993 chez Enrico Perticarari allaient lui permettre de découvrir ce chien passionnant « dont l’histoire se mêle intimement à celle de son pays d’origine ». Tous deux devinrent champions de beauté et allaient permettre à Massimo de se lancer dans sa nouvelle passion : la sélection du Deerhound sous l’affixe Septempeda, concédé par l’ENCI, quelques années plus tard. Plusieurs autres « Deer » allaient suivre, tel un futur étalon de l’élevage, Pitlochry’s Warren Wolf (Ch Pitlochry’s Jonathan x Sheillach Rosalind) né aux Pays-Bas le 23 juin 1995 chez le célèbre éleveur M Fernhout. A son sujet, Massimo se rappelle « le jour où je suis allé le chercher seul aux Pays-Bas, roulant quinze heures durant avec ce chiot qui ne voulait absolument pas rester en place… et puis la longue pause forcée à la douane suisse… ».
N’oublions pas de citer un troisième mâle, Kilbourne Alder (Ch Regalflight Sedge x Ch Kilbourne Velvet), « mon premier Deerhound importé d’un des plus fameux élevages britanniques ». Mais Massimo avoue « une affection particulière pour Aschley, que je considère comme un chien très spécial, calme de caractère mais décidé, qui sait se faire respecter des autres chiens ». Outre ses chiens, Massimo est passionné par tout ce qui entoure le Deerhound : peintures, portraits, philatélie, littérature, éleveurs célèbres, films, tout ce qui touche de près ou de loin au Deerhound l’intéresse. Il collectionne et accumule au cours de ses nombreux voyages tout ce qui a trait à ce grand Lévrier.
Justement, le Deerhound fait partie de la famille des Lévriers. Mais contrairement à la plupart de ses homologues, vous aurez peu de chances d’en croiser régulièrement. Que ce soit en Italie comme dans les autres pays de l’Union Européenne, ses naissances sont peu nombreuses, son cheptel disséminé donc difficile à apprécier. Seule chose évidente, l’implication des amateurs. Massimo ne déroge pas à la règle. Pour lui, le Deerhound est un subtil mélange entre grâce et savoir-vivre. Il est indépendant mais aime particulièrement faire plaisir à son maître et se singularise par sa facilité à éduquer.
Question nutrition, Massimo n’y va pas par quatre chemins : « Personnellement, j’ai toujours opté pour une nourriture sèche équilibrée provenant d’une grande marque internationale. Je donne à manger à mes chiens deux fois par jour mais c’est le repas du matin qui est le plus important. Je leur donne pour ce premier repas une ration de 300 grammes d’aliments secs. Le repas du soir est donné tardivement mais dans les mêmes proportions ». Pour lui, il est primordial de ne pas leur donner de l’exercice dans les heures qui suivent le repas. La croissance doit également être surveillée de près. « Vous savez, un Deerhound reste chiot jusqu’à l’âge de 15 mois ». Alors inutile de brûler les étapes. Il faut bannir les exercices violents et fatigants au cours des premiers mois. Laissez-le pousser à son rythme.
Pour l’élevage au quotidien, Massimo expose clairement son point de vue : « Tout part d’une question de choix personnel, en fonction du temps et de l’argent dont une personne dispose. Il est inutile de dire que plus on a de chiens, plus on dépense d’argent, de temps, d’énergie, plus les préoccupations sont nombreuses, plus les accidents se multiplient, moins de temps on a à disposition. Selon moi, l’idéal est de posséder 6 chiens au maximum. Avec 6 chiens il est possible de donner à chacun suffisamment d’affection, de soin et de temps de promenade à l’extérieur. Il est également encore possible de les faire vivre dans la maison avec nous au lieu d’un lieu froid et isolé où la présence de l’homme est limitée à des horaires précis. Personnellement, il ne me plairait pas de vivre dans un chenil !N’oublions pas que le chien, surtout durant ses premières années de vie, forme le caractère qu’il aura ensuite durant toute sa vie. Il est donc indispensable, durant cette période, de définir son rapport à l’homme et à ses semblables de manière claire ».
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