"J’élève des Yorkshire Terrier depuis 26 ans. C’est pour cela que l’on m’a demandé de parler aujourd’hui de l’expérience que j’avais acquise concernant leur fourrure."
Les soins qu’il faut apporter aux poils de cette race sont très spécifiques. Le toilettage est à prendre très au sérieux, et demande une grande attention de la part de l’éleveur. Le poil du Yorkshire Terrier pousse très lentement, et rater le toilettage peut vous tenir éloigné des rings pendant un bon moment. A cause de la lenteur de croissance des poils, on ne doit pas s’attendre à beaucoup de victoires avec des chiots Yorkshire Terrier.
Vers l’âge de 6 semaines, le poil du chiot commence à pousser différemment et laisse deviner la texture du poil du chien adulte. Un chiot adulte de couleurs bleu foncé et doré, aura eu un poil très soyeux dès son plus jeune âge.
La couleur au dessus des yeux et au niveau du museau et des jambes doit être d’un doré brillant. Au fur et à mesure que les semaines passent, et au plus tard vers 12 semaines, vous devriez voir les racines du poil s’éclaircir au niveau de la poitrine et de la tête. Si au contraire vous voyez de la peau bleue et des racines foncées sur des poils fauve au niveau de la tête et de la poitrine, ce chien n’aura pas une texture de poils correcte.
J’ai pu vérifier par moi même qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des ascendants avec un poil souple gris ou noir pour conserver la couleur bleu foncé. Beaucoup d’éleveurs le pensent cependant, et utilisent ce prétexte pour conserver ou acheter des chiens avec un poil souple dans leur programme de sélection.
Pendant des années, j’ai croisé ensemble des chiens avec un poil bleu foncé, et après plusieurs générations, je continuais à obtenir cette même couleur et texture soyeuse.
Quand on ajoute un poil soyeux de couleur bleu clair avec un doré plus crémeux, on peut obtenir un poil plus résistant, qui conservera néanmoins une texture soyeuse, mais qui continuera à s’éclaircir lorsque le chien vieillira ou que la chienne aura des chiots. On préfère le poil bleu clair au poil souple noir ou gris, car il possède une meilleure texture. De plus, il est possible d’obtenir un poil plus foncé en le croisant avec un poil bleu foncé.
Il y a aussi le poil de couleur rouge doré ou bleu très foncé légèrement ondulé qui pousse très lentement. Les chiens avec ce genre de poil peuvent avoir une texture très soyeuse, mais ils ne possèderont pas la longueur nécessaire pour concourir en exposition. De plus, la couleur dorée ne se décline pas en trois teintes, et le poil est très cassant. Je pense bien entendu que le potentiel génétique du chien est crucial pour qu’il ait un bon poil, mais je pense aussi que sans une nutrition appropriée, la qualité du poil ne pourra pas être optimale.
A l’âge de 3 ou 4 mois, je commence à huiler les poils de mes chiots. Si leur poil font de la bourre, j’utilise alors un peu plus d’huile. J’essaie de baigner au moins une fois par semaine à mes chiens d’exposition. Par contre, je ne brosse jamais un chien sale. Je les brosse uniquement lorsque leur poil est encore un peu humide, au moment du séchage. Je n’utilise que rarement des papillotes sur un chiot de moins d’un an. Je trouve qu’enlever les papillotes, les élastiques, et le brossage, cause plus de dégât aux poils des chiens que s’ils sont simplement huilés. Après un an, les chiens semblent mieux supporter les papillotes.
J’ai pu constater qu’il existe de très bons shampoing sur le marché. Dans le cas d’un shampoing très concentré, il est préférable de le diluer avec de l’eau pour faciliter le rinçage. Le shampoing restant sur le poil entraînerait des irritations et le chien aurait tendance à se gratter.
Le choix du « Conditioner » et du produit rinçant est encore plus important, car ceux ci restent sur le poil après le toilettage. J’utilise toujours les mêmes produits, qui sont « Coat handler Conditioner » ou « Plush Puppy Conditioner ». Ces deux produits permettent de bien travailler sur le poil, et sont sans effet irritant pour la peau.
La marque « Plush Puppy » a aussi un produit appelé « Swishy Coat », qui permet de pouvoir également travailler sur le poil pendant les expositions.
L’huile que j’utilise depuis des années, est « All Systems Lanolin » et « Skin Emollients ». Je mélange un peu de ce produit avec du « Coat Handler Conditioner » dans de l’eau chaude ; j’utilise ce mélange après avoir shampouiné et bien rincé le chien. La plupart des chiens acceptent ce traitement avec bonne humeur, car il ne dégage pas d’odeur qui les dérange.
J’ai également obtenu d’excellents résultats avec le produit « Californian Oil. », une huile plus légère. Je mélange une cuillère à café de cette huile à de l’eau. Je la vaporise ensuite sur le poil sec du chien. Puis je brosse le chien et le sèche au sèche-cheveu. J’insiste aux endroits où se forment généralement des bourres de poil. Il existe bien sûr d’autres très bons produits, mais j’évite ceux qui sont trop parfumés, car ils irritent le nez et la peau du chien.
Après avoir complètement papilloté un chien, je peux attendre entre 5 et 7 jours avant de recommencer le travail avec les papillotes. Je mets des bottines à ces chiens pour éviter qu’ils se grattent. Je ne suis pas une fan des papillotes, et j’évite d’en utiliser autant que possible. Mes femelles n’en portent au niveau de la queue et des jarrets, que lorsque leur poil atteint le sol. J’utilise aussi des élastiques au niveau de la tête et du museau de mes chiots. Les élastiques semblent moins irritants pour les chiots que les papillotes.
Pour moi, un bon entretien du poil et une bonne nutrition, dans un environnement sain et sous un suivi vétérinaire permanent, sont les éléments nécessaires pour obtenir un beau poil. L’ensemble, bien sûr, dépendant de la qualité du pool génétique du chien.
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