Lors d’un accouplement infructueux, c’est généralement la lice qui est mise en cause. Pourtant, depuis quelques temps, des éleveurs exigent que le propriétaire de l’étalon leur présente un certificat confirmant que le mâle possède toute sa fertilité !
Combien d’éleveurs sont confrontés à une saillie creuse, très souvent, après avoir fait plus de 1000 km aller/retour pour faire couvrir leur lice par un étalon de renom ? Combien de temps, d’argent et tout simplement, de déception entraînent une telle déconvenue ? La certification par un homme de l’art deviendrait un passage obligé outre-Atlantique, une façon pour le propriétaire de l’étalon de dédouaner ce dernier et de responsabiliser le propriétaire de la lice. Est-ce un modèle à suivre ?
Il ne se passe pas une semaine sans qu’un éleveur ou un futur éleveur, attentif au choix de l’étalon, nous annonce que sa femelle saillie par l’étalon du moment ou tout simplement, par le champion du Monde stationné aux Pays-Bas est vide… D’après les statistiques de saillies publiées récemment dans la revue SCBA, il apparaît que plus de 30% des saillies soient sans suite, certains étalons atteignant même 50% de saillies infructueuses !
Dans de nombreuses races – Berger Allemand, Labrador, Rottweiler, Terre-Neuve, American Staffordshire Terrier, Boxer– où la sélection se mondialise, les éleveurs expérimentés mais également débutants, n’hésitent plus franchir les frontières. Passer d’un continent à l’autre, c’est-à-dire, parcourir plusieurs milliers de km A/R pour faire couvrir leur (s) lice (s) par l’étalon dont « tout le monde parle » devient la règle. Malheureusement, de plus en plus fréquemment, leurs espoirs s’envolent à l’issue du premier mois de gestation, avec une femelle qui reste désespérément vide !
Les éleveurs américains, qui ont l’habitude de se déplacer, que ce soit en voiture, en train ou en avion, d’Est en Ouest ou du Nord au Sud des USA, réalisent que leur déception lorsqu’ils se retrouvent avec une femelle vide quelques semaines après la saillie est proportionnelle aux coûts induits pour un tel déplacement, (le prix de la saillie qui peut excéder 1000 Dollars pour un top étalon, les frais de transport et d’hébergement (hôtel, restaurant, carburant), les éventuelles réservations de chiots s’il s’agit d’une femelle qui a fait ses preuves dans les rings et/ou en élevage, le temps consacré à cette « monte »).
De surcroît, le propriétaire de l’étalon incrimine le propriétaire de la femelle : « vous m’avez amené une femelle qui n’était pas prête », « vous vous y êtes pris trop tard », « c’est une primipare, alors assumez… », « vous m’avez fait perdre mon temps, alors débrouillez-vous ». Ou plus prosaïquement, « vous n’avez qu’à revenir lors de ses prochaines chaleurs… ». Pour couper court à d’éventuelles poursuites, les propriétaires d’étalons sollicités par des éleveurs du monde entier, semblent de plus en plus disposés à présenter un Certificat vétérinaire attestant que le mâle est fécond et fertile et que l’échec ne peut venir que de la femelle… plus précisément, du propriétaire de la femelle.
Une expérience à suivre…
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