A l'occasion des récents Etats Généraux de la Cynophilie, l'interview express d'un président qui veut que les choses bougent !
Aniwa : Les Etats Généraux représentent une réelle innovation dans la communication de la SCC. Quels étaient vos objectifs en les organisant ? Renaud Buche : il s'agissait de réunir des passionnés. Nous sommes tous des passionnés, mais nous vivons souvent dans notre univers, et sans partager nos connaissances, nos objectifs ou le résultat de nos recherches. Aujourd'hui il est temps de mettre un peu sur la place publique tous les actions qui sont menées
Aniwa : Il semblerait que cette idée ne fasse pas toujours l'unanimité au sein de votre comité. D'ailleurs, il y a quelques absents à ce colloque …R.B. : C'est vrai, mais il faut lutter contre l'immobilisme. "Faire évoluer sans révolution", je l'ai annoncé" dès ma prise de fonction l'année dernière. Ce colloque n'est pas une révolution mais quelque chose de nécessaire. On a tous beaucoup de choses à découvrir, et je pense que les participants à ce colloque vont retransmettre tout ce qu'ils vont apprendre durant ces deux jours auprès des cynophile sur le terrain. C'est aussi le moyen pour chacun de mieux se connaître. Cette politique d'ouverture est partagée par une partie du comité. J'espère que la base nous suivra et verra que nous cherchons à évoluer dans une cynophilie plus moderne et plus d'actualité.
Aniwa : On semble effectivement assister à une ouverture de la SCC : le rapprochement vers les instances officielles, la participation à la création du futur Institut Technique de l'Animal de Compagnie, la mise en place de collaboration avec l'UMES… autant de signes ?R.B. Tout à fait, et des manifestations telles que le colloque au Sénat en début d'année, ou ces Etats généraux ne sont pas un feu de paille. C'était dans mon programme de fonctionnement de la SCC. Il y a encore un grand projet : le championnat. Je veux réussir à faire de cette manifestation une grande manifestation mondiale du continent européen. Je souhaite que l'on puisse collaborer avec tous les gens qui travaillent avec le chien. L'UMES fait partie des partenaires incontournables. Pour former les éleveurs, nous avons besoin d'eux. Si nous avons des compétences pédagogiques au sein de notre institution, ils ont en plus des connaissances vétérinaires qui nous sont indispensables.
Aniwa : Il semble aussi que l'on puisse observer de la part de la SCC une évolution de son point de vue sur le statut de l'éleveur ?R.B :Absolument. Il faut arrêter de se voiler la face. Le chien est en pleine mutation sur le plan de la "distribution", même si je n'aime pas ce terme. Il y a une demande énorme, et il ne faut pas que les gens achètent n'importe quoi, n'importe où. Il ne faut pas laisser les autres faire ce que nous sommes capables de faire. Donc il faut aider la commercialisation des bons chiens. Et si on veut défendre le chien LOF, il ne faut pas rester avec 150 000 chiens inscrits sur 700 000 qui naissent chaque année. D'autant que sur ces 700 000, il y en a 300 000 issus parents LOF, c'est un peu idiot. Je veux inverser la tendance : il faudrait qu'un jour nous atteignions le cap des 500 000 chiens inscrits !
Aniwa : Le débat sur la confirmation est récurrent. Quelle est la position adoptée par la SCC ?R.B. Il faut que l'on arrive à faire évoluer les choses. Tous les ans, nous perdons 70% des chiens inscrits au LOF pour la reproduction puisque seuls 30% des chiens sont présentés à l'examen de confirmation. Il est tout aussi inadmissible de ne pouvoir revenir en arrière : si un chien confirmé s'avère porteur d'une tare grave, il devrait être possible de lui enlever ce "permis de reproduire" qu'est l'inscription définitive. Le pedigree et la confirmation ne dépendent pas de la SCC mais du ministère de l'agriculture. J'ai demandé depuis longtemps un rendez-vous au ministère pour faire le point sur le sujet. Je ne l'ai toujours pas obtenu, et nous avons par ailleurs été mobilisés par d'autres sujets tels que l'identification et la gestion du fichier. Cela fait partie des chantiers auxquels la SCC va pouvoir s'attaquer maintenant. Mais j'ai coutume de dire qu'il faut procéder par étape pour réussir ce que nous entreprenons. Nous attaquons les dossiers les uns après les autres mais nous avançons !
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