Le Montagne des Pyrénées est une des races françaises les plus répandues à l’étranger. Curieusement, en France, elle connaît une désuétude inquiétante depuis quinze ans. Ginette Docquin, l’une des doyennes de l’élevage hexagonal, a accepté de nous donner son avis sur cette race qu’elle connaît depuis fort longtemps !
Ginette Docquin : C'est une très belle race française mais, malheureusement, on ne peut que déplorer une baisse considérable des naissances depuis quelques années. Alors qu'il y en a eu jusqu'à 1500 par an, nous sommes aujourd'hui redescendus en dessous de la barre des 400 inscriptions annuelles ! La race n'est pas véritablement en danger, mais il est temps que l'on s'en préoccupe si l'on ne veut pas que la tendance s'aggrave.
Ginette Docquin : Ce n'est pas un problème de désaffection du public. La demande existe et il est assez difficile de la satisfaire. La race n'est pas des plus faciles à élever et quelques grands éleveurs ont pris leur retraite. Moi-même, j'ai considérablement réduit ma production. La principale difficulté, c'est qu'il n'y a pas de jeunes éleveurs pour prendre la relève. La race n'attire pas beaucoup de vocations nouvelles. A la base, c'est un problème de gabarit. Le métier d'éleveur n'est déjà pas simple, mais avec un grand chien, c'est encore plus de contraintes. Le Montagne n'est pas spécialement délicat, ni dans le domaine de reproduction ni dans celui de la santé, mais il prend de la place ! Ce n'est pas évident de vivre entouré de plusieurs reproducteurs !La race est coûteuse à entretenir. Elle n'intéresse pas les éleveurs professionnels qui se tournent vers des races plus faciles ou plus rentables.
Ginette Docquin : C'est le cas du Léonberg. Le club du Léo a beaucoup œuvré pour faire connaître sa race et donner envie au public de le découvrir davantage. C'est peut-être ce que nous n'avons pas su faire ! Le grand public ne connaît pas bien le Montagne des Pyrénées et il a peu l'occasion d'en voir. Comment espérer qu'il reste populaire ?
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