Le Maine Coon est la première race de chat originaire des Etats-Unis. Par sa taille, certes, c'est un géant. Mais, sûr de lui et de sa force, c'est aussi l'un des chats les plus gentils qui soient.
Aux Etats-Unis, il est quasiment un patrimoine national, à tel point que l’état du Maine en a fait son emblème. Ses origines se perdent dans les légendes. Au départ, un raton laveur - ratcoon, en anglais - se serait marié avec un chat de ferme et aurait engendré le Maine Coon. On se doute bien que ces deux-là, comme le soleil avec la lune, n’ont jamais pu se rencontrer… mais l’aspect sauvage et puissant du Maine Coon, avec sa couleur rayée et sa grosse queue en panache, trouve une certaine ressemblance avec le petit animal que les Américains connaissent bien.
Toutefois, pour un seigneur comme le Maine Coon, il fallait aussi des origines royales. L’histoire raconte qu’il descend de six chats angoras ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette et ramenés de France par le capitaine Samuel Clough. Ce dernier aurait eu pour mission d’enlever la reine aux geôliers de la Révolution pour la sauver de l’échafaud. Il échoua et dû embarquer promptement avec à son bord maints effets de la souveraine et les précieux chats. Le Maine Coon serait donc le descendant de ces royaux félins mariés aux chats roturiers de la côte Est des Etats-Unis.
On raconte encore que le Maine Coon serait issu des chats ramenés par les Vikings en l’an 1000. Ce qui expliquerait les similitudes entre les Skogkatts norvégiens et les Maine Coons. Moins romantique mais plus réaliste, l’origine probable du Maine Coon réside dans les mariages répétés entre les chats autochtones américains et les chats à poils longs ramenés d’Asie par les marins au long cours. Ces chats, souvent à moitié sauvages, devaient survivre dans des conditions difficiles et, en vertu de la sélection naturelle, seuls les plus forts y parvinrent. Un jour, enfin, l’homme s’aperçut de leur beauté et les fit rentrer dans sa maison.
Dès 1860, le Maine Coon fut reconnu comme une race à part entière et participa à des expositions félines organisées par les fermiers du Maine. Le premier à entrer dans les annales est un chat noir et blanc appelé Captain Jenks of the Horse Marines. En 1895, la plus grande exposition de l’époque est remportée par Cosey, une femelle brown tabby. Mais progressivement, l’engouement pour les Maine Coons disparaît au profit des races de chats à poil long plus exotiques, comme les Persans et les Angoras, à tel point qu’en 1950 on pensait la race quasiment éteinte.
Mais le phénix renaquit de ses cendres et en 1950 est créé le premier club dédié au Maine Coon, le Central Maine Cat Club, bientôt relayé par le plus grand club actuel, le Maine Coon Cat Club. Leur œuvre est efficace, car la race est officiellement reconnue par la CFA en 1976 et par la FIFe en 1980.
Et voilà notre chasseur de rats et de souris parti à la conquête du vaste monde. Il arrive en France au début des années 1980, et nombreux sont ceux qui se souviennent de Charlie, le premier Maine Coon importé en France par Jean-Pierre Moine. A l’époque, la race était moins spectaculaire qu’aujourd’hui, moins typée, avec un look moins sauvage. Pourtant, son gabarit impressionnant, son aspect rustique et son caractère de doux géant lui permirent de faire rapidement des émules en Europe : Allemagne, Suisse; Italie, Belgique… Tous furent atteints. C’est désormais la troisième race en effectif après le Persan et le Sacré de Birmanie, son éternel rival en exposition.
Tout dans le Maine Coon résulte de son exceptionnelle adaptation à ses premières conditions de vie dans le climat rude de la côte nord-est des Etats-Unis. Il est grand, musclé, avec des pattes hautes, une ossature forte et un corps plutôt long: un bel athlète, capable de chasser pour survivre. Sa fourrure est elle aussi remarquablement adaptée, rustique et résistante à l’eau. Elle est plus courte sur les épaules, plus longue sur le dos, avec un jabot bien fourni. La queue est aussi longue que le corps, avec un beau panache. Les oreilles sont également plus fournies que celles de la plupart des autres races de chats, avec, à leur extrémité, un pinceau de poils qui n’est pas sans rappeler celui des lynxs.
Outre sa taille et son pelage, une des caractéristiques importantes du Maine Coon est la forme de sa tête et son expression sauvage. La tête du Maine Coon est large, avec des contours arrondis et des pommettes saillantes. Ses yeux sont plutôt ovales, mais comme ils sont toujours grands ouverts et alertes, ils paraissent parfois un peu ronds. Et il y a son museau, et quel museau !, grand, fort, carré, comme rajouté sur le reste de la tête. On le compare parfois à la forme d’une boîte d’allumettes de ménage, tant il est important. Il est certain qu’avec une telle mâchoire, il ne peut rater ses proies !Toutes les couleurs sont acceptées chez le Maine Coon, sauf le chocolat, le lilac, le cinnamon, le fawn et le patron siamois. Naturellement, ce sont les couleurs "sauvages" qui sont les plus appréciées : brown tabby, brown tabby et blanc. Mais le silver tabby a le vent en poupe.
Question caractère, le Maine Coon pourrait être considéré comme le chat de compagnie parfait qui s’entend très bien avec les enfants, et même avec les chiens qui parfois sont plus petits que lui. Calme, presque placide, il est pourtant joueur et malicieux. On peut facilement lui apprendre à ramener une boulette de papier entre ses dents ou d’autres petits tours. Son aspect rustique séduit beaucoup d’hommes qui parfois reprochent aux chats de race leur côté "fragile". Petit détail amusant, le miaulement de Maine Coon n’est pas du tout en rapport avec son important gabarit : petit, discret, presque pointu.
Le Maine Coon, comme beaucoup d’autres géants, a un développement plutôt lent. Les mâles n’arrivent pas à maturité complète avant 2 ans. Question santé vous ne verrez pas souvent le vétérinaire, excepté pour ses vaccins car c’est une race solide sans problèmes particuliers. Un conseil pourtant : pour vivre 15 ans d’amour avec votre Maine Coon, adressez-vous à un éleveur sérieux qui saura vous guider dans le choix de votre chaton.
Breed article : america’s first show cat – the Maine Coon Cat
http://www.cfainc.org/breeds/profiles/articles/maine.html
CFA breed standard: Maine Coon
http://www.cfainc.org/breeds/profiles/maine.html
Consultez aussi le site de la Tica
http://www.tica.org
The Maine Coon: america’s native longhair by Mike Trish Simpson
Of cats and queens by Mary L.Daniels
Ces deux articles sont consultables sur le remarquable site du Maine Coon Breeders and Fanciers (MCBFA)
http://www.mcbfa.org/