Un calendrier de vaccination
Ce calendrier doit être établi par le vétérinaire en fonction de plusieurs paramètres comme le mode de vie du chat, son âge et l'environnement. Ces programmes répondent néanmoins tous aux principes généraux que nous résumons ci-dessous.
La difficulté majeure de la primo-vaccination consiste à parvenir à vacciner le chaton le mieux et le plus rapidement possible après la disparition de l'immunité passive, ce qui oblige à pratiquer 2 injections successives : la première est administrée entre 6 et 10 semaines d'âge, le plus souvent à l'âge de 8 semaines, et la seconde 3 à 4 semaines après, à l'âge de 12 à 14 semaines le plus souvent. Il existe une législation particulière en ce qui concerne la vaccination contre la rage, qui ne doit pas être pratiquée avant l'âge de 3 mois.
L'administration de rappels aux chats vaccinés dans leur jeune âge est indispensable pour le maintien d'une immunité efficace.
Les principaux vaccins
Actuellement, les chats sont couramment vaccinés contre la rage, le typhus, le coryza et la leucose.
La rage est une encéphalomyélite virale affectant tous les animaux à sang chaud et l'homme : c'est l'une des zoonoses majeures les plus redoutées dans le monde car elle est toujours mortelle. La maladie débute après une période d'incubation d'une trentaine de jours en moyenne. Les symptômes sont d'ordre nerveux et la mort survient en 3 à 6 jours. La maladie est réputée "légalement contagieuse" (soumise à déclaration obligatoire). La rage constitue un risque pour le chat amené à vagabonder en zones infectées. La prévalence de la rage ayant fortement diminué en France ces dernières années, ce risque est actuellement très limité. La vaccination obligatoire concerne, en France, les chats en provenance de pays (pour l'importation) et de départements infectés (pour la circulation en France). Elle est aussi obligatoire pour obtenir l'autorisation d'entrée dans les campings et les expositions félines.
La législation française imposant d'attendre l'âge de 3 mois avant de vacciner le chaton et la protection n'étant complète qu'un mois après, l'autorisation d'accès à des lieux où la vaccination est obligatoire (campings, expositions, passage de frontières)n'est pas possible avant l'âge de 4 mois.
La panleucopénie féline, ou typhus du chat, était dans le passé à l'origine d'une mortalité très importante, mais la maladie est devenue très rare en milieu urbain. Cette régression est à mettre, en toute certitude, au bénéfice de la généralisation de la vaccination. La plupart des vaccins disponibles sur le marché français sont des vaccins modifiés. La vaccination de la femelle pendant le dernier tiers de la gestation et celle des jeunes âgés de moins de 4 semaines sont contre-indiquées.
Le terme de "coryza du chat" désigne une maladie infectieuse aiguë, due essentiellement à l'action de deux virus différents, agissant seuls ou en association. En réalité, il est impossible de rattacher tel ou tel symptôme à l'action de l'un ou de l'autre des agents responsables. Il a été jugé préférable d'englober l'ensemble des troubles constatés sous le terme générique de coryza. Le risque pour un chat d'être contaminé, et donc de développer un coryza, est, comme nous l'avons indiqué dans l'introduction, accru par l'existence d'excréteurs asymptomatiques. Plusieurs vaccins modifiés et un vaccin purifié de sous-unités sont disponibles en France.
La leucose féline résulte de l'infection du chat par le virus FeLV (pour "Feline Leukemia Virus" en anglais). Le FeLV est, avec le virus de l'immunodéficience féline (ou FIV pour "Feline Immunodeficiency Virus"), l'un des deux virus félins induisant des états d'immunodéficience. Le FeLV est responsable de l'apparition de symptômes dans un délai moyen de 2 ans après la contamination. Le FIV entraîne l'apparition du syndrome d'immunodéficience acquise, ou sida félin, dans un délai de 8 à 10 ans après la contamination. Dans les deux cas, le tableau clinique est dominé par la présence de signes généraux (amaigrissement, fièvre, abattement, manque d'appétit) accompagnant diverses infections localisées à différents appareils.
Parmi ces deux maladies, seule la leucose peut être prévenue en administrant un vaccin spécifique. Il est, en effet, actuellement possible de protéger les chats destinés à être exposés à des risques de contamination en les vaccinant. L'utilisation de ces vaccins chez les chats positifs au dépistage est, bien sûr, sans intérêt (le chat est déjà infecté), bien que sans danger (l'injection inopportune de vaccin n'exacerbe pas l'infection). Précisons que la vaccination n'interfère pas avec le diagnostic sérologique, qui est basé sur la mise en évidence d'un des antigènes viraux et non sur la mise en évidence des anticorps dirigés contre le virus.
La chlamydiose est une maladie bactérienne qui se traduit essentiellement par une conjonctivite, associée parfois à un écoulement nasal et à une toux. La bactérie intervient seule, mais elle peut aussi le faire en association avec les virus du coryza en aggravant, dans ce dernier cas, des symptômes de coryza. Les chats apparemment guéris d'un épisode de chlamydiose demeurent longtemps porteurs et peuvent redevenir excréteurs, cette réexcrétion étant associée ou non à des symptômes.
La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie virale grave dont la forme la plus connue correspond à l'accumulation de liquides d'épanchement dans l'abdomen. Cette maladie est inscrite sur la liste des vices rédhibitoires, vis-à-vis desquels l'acheteur est protégé par la loi. En France, il n'y a pas de vaccin autorisé contre cette maladie. Jusqu'à une date récente, tous les essais de vaccination contre la PIF s'étaient soldés par des échecs. Récemment, une souche atténuée de virus de la PIF a été isolée, et son administration par voie intranasale semble fournir une protection intéressante. Une autorisation de mise sur le marché a été accordée pour ce produit aux États-Unis et dans certains pays d'Europe. En France, les études complémentaires nécessaires à l'obtention de cette autorisation sont encore en cours.
Il n'existe pas actuellement de vaccin destiné à protéger le chat contre l'infection par le FIV, responsable de l'apparition du sida félin. La recherche dans ce domaine est spécialement active. En effet, en raison des similitudes entre la maladie féline et le sida humain, ce type de recherche présente un double intérêt : un intérêt vétérinaire, bien sûr, mais aussi un intérêt en médecine comparée. Si l'on parvenait à préparer un vaccin efficace contre le FIV chez le chat, cela constituerait un acquis extrêmement intéressant pour les chercheurs en quête d'un vaccin contre le sida humain. La vaccination constitue un moyen simple et sans danger de garder un chat à l'abri des maladies infectieuses graves. Tout propriétaire soucieux de conserver son animal en bonne santé doit veiller à l'application rigoureuse du calendrier des interventions vaccinales, défini en accord avec son vétérinaire.
Site et CRM réalisé par ActivSoft Zenengo