CHOIX DES MATIERES PREMIERES
Cas des protéines
Plus que l'alimentation industrielle, l'alimentation ménagère reste tributaire de la qualité des approvisionnements. Qu'il s'agisse de restes de table ou d'aliments achetés spécialement, la qualité demeure assez inégale, exception faite cependant des propriétaires achetant des viandes de qualité "humaine" ou des poissons pour leur animal.
Mais la traditionnelle "viande pour animaux" du boucher fait partie de ce que l'on appelle le "suif d'étal" considéré comme une matière première bas de gamme pour l'industrie. Notons que certains aliments industriels font entrer des levures de bière ou des oeufs dans leurs matières premières protéiques, incluant ainsi des composants traditionnels de l'alimentation ménagère.
Cas des lipides
La qualité des matières grasses de l'alimentation est primordiale pour la santé du chien : fonctionnement hépatique, beauté du poil, reproduction, etc.
Aliments ménager et industriel doivent donc contenir des graisses préservées de l'oxydation (rancissement), surtout en ce qui concerne les acides gras essentiels dont le taux minimal est une contrainte nutritionnelle importante.
Lorsque le taux de matières premières grasses d'une ration doit être réduit pour lutter contre une tendance à l'obésité, il devient relativement coûteux de composer une ration traditionnelle en conséquence : la viande pour animaux, trop grasse, doit être remplacée par de la viande maigre, du poisson, du fromage blanc allégé...
En revanche, il est aisé de trouver un aliment de faible concentration énergétique parmi les aliments complets secs.
Cas des glucides
La principale limitation à l'incorporation d'amidon dans les rations ménagères est l'obligation impérative d'une cuisson complète, difficilement réalisable avec d'autres céréales ou dérivés que le riz ou les pâtes : sans une "gélatinisation" poussée de l'amidon, des intolérances digestives apparaissent.
Les procédés industriels de cuisson (extrusion, floconnage, appertisation...) permettent de satisfaire à cette exigence, et des céréales préalablement broyées et humidifiées deviennent très digestibles par le chien après une cuisson spécifique.
Le rôle de lest joué par les légumes dans une ration traditionnelle est joué par des fibres végétales de différentes origines dans les aliments secs : sons des céréales, pulpe de betterave...
Le remplacement des légumes par d'autres composés n'affecte pas la valeur nutritionnelle de la ration. C'est leur teneur en cellulose qui importe pour faciliter le transit digestif.
Mais l'image des légumes est si positive dans l'esprit de nombreux propriétaires que certains fabricants cherchent à la recréer au travers de leurs aliments, secs ou humides ("bouchées aux légumes", "soupes aux légumes", "pâtes aux légumes").
Les légumes n'interviennent de toute façon pas dans la teneur vitaminique du produit, comme le pense le public, celle-ci étant assurée (avec les teneurs en minéraux majeurs et oligo-éléments) par l'adjonction d'un prémélange les contenant.
Ces teneurs en vitamines sont d'ailleurs maintenant adaptées à l'âge, au stade physiologique et au format de la race du chien auquel l'aliment complet est destiné.
LES ELEMENTS COMPARATIFS
Si la qualité des matières premières, la fiabilité et l'équilibre nutritionnels sont des éléments en faveur de l'aliment industriel (dans la mesure bien sûr où celui-ci est choisi parmi les "hauts de gamme" nutritionnels), il est toujours possible de composer des rations ménagères parfaitement adaptées à chaque situation.
Mais, dans ce dernier cas, l'aide et le conseil du vétérinaire seront indispensables. Le propriétaire, face à un aliment industriel, devra garder un oeil critique, en particulier vis-à-vis de certains termes commerciaux qui ne signifient rien : "visiblement équilibré", "avec des morceaux de viandes", "aux crevettes"...
Dans le choix de tel ou tel aliment industriel, il devra peser le pour et le contre entre aliment sec, semi-humide et humide, et ne pas se laisser berner par des publicités par trop anthropomorphiques qui cloisonnent le chien dans le rôle du client d'un restaurateur.
Car le véritable juge de paix d'une bonne alimentation sera le chien lui-même, l'efficacité du rationnement alimentaire et son adaptation à chaque individu pouvant être appréciées par des contrôles de routine simples, faisant appel avant tout au bon sens ainsi qu'à l'esprit d'observation, et portant principalement sur :
- l'appétit de l'animal, qui traduit son bon état de santé et les qualités organoleptiques (odeur, goût, consistance) de l'aliment ;
- la qualité des crottes, dont le volume, la consistance, l'humidité, la couleur, l'odeur, sont en rapport avec la digestibilité de l'aliment et le bon déroulement de la digestion, notamment dans le gros intestin ;
- l'évolution du poids de l'animal, grâce à des pesées régulières, hebdomadaires chez les jeunes et mensuelles chez les adultes, afin d'obtenir ou maintenir un chien à son poids de forme, sans maigreur ni excès d'embonpoint;
- l'intégrité de la peau et la beauté du poil, "véritables miroirs de la santé", susceptibles d'exprimer des déséquilibres alimentaires ou une atteinte de l'état général ;
- Le comportement du chien, qui doit être gai et vif en fonction de ses habitudes.
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