Force est donc de reconnaître que le chien de sport ou de travail, à l'opposé des autres grandes espèces animales domestiques, n'a pas encore connu de grande évolution de ses méthodes et techniques empiriques d'amélioration génétique. D'une manière rationnelle, la sélection de l'animal de sport doit avoir pour objectif d'améliorer le niveau de performance dans une population, c'est-à-dire la valeur phénotypique moyenne, par la voie de l'amélioration génotypique et plus précisément de la valeur génétique additive moyenne. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des travaux déjà conduits dans le domaine, ceux-ci démontrant combien est faible l'héritabilité actuelle de certaines caractéristiques de travail (hormis la composante "attaque-mordant" dans le cas du Berger belge malinois). La stratégie classique de sélection, rationnelle (sélection sur ascendance, massale, puis descendance), largement utilisée par les éleveurs (mais ni systématiquement, ni toujours rigoureusement), doit faire place à une réelle évaluation génétique de la performance.
La modélisation des performances représente ainsi l'étape préliminaire indispensable à l'évaluation ; elle doit se concrétiser par une représentation mathématique des effets génétiques et non génétiques influençant le caractère étudié, et déboucher sur un index de performance. Dans ce sens, un premier travail a été réalisé en France (E.N.V.A.) afin de proposer une évaluation génétique des Whippets de course : différents facteurs du milieu ont été introduits dans une modélisation de la performance (cynodrome, sol, distance parcourue, leurre, année, sexe, âge, format du chien et catégorie de vitesse), certains révélant un effet significatif sur la performance. Ainsi, par exemple, l'effet "distance" se traduit par une supériorité spécifique des vitesses obtenues sur 225 mètres qui est de 0,4 m/s.
Les années à venir devraient permettre la mise à disposition des utilisateurs, via leurs vétérinaires, de modèles fiables d'estimation de la valeur génétique sportive ou de travail des géniteurs.
Ainsi, la répartition typologique des fibres musculaires (à contraction lente ou rapide) semble-t-elle bien fixée à la naissance et parfaitement corrélée au type d'exercice en cause. Il en va sans doute de même d'un paramètre biologique comme l'hématocrite, dont la valeur est souvent proche de 60 chez le Greyhound de lignée de course sans même que celui-ci ait été entraîné.
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