À l'opposé des autres grandes espèces animales domestiques, le chien n'a pas encore connu sa révolution des méthodes et techniques d'amélioration génétique. Ceci est essentiellement lié au fait que les positions sociales et économiques du chien s'opposent fondamentalement à celles des animaux dits "de rente" dans nos sociétés développées ; c'est ce constat qui a déterminé l'orientation génétique principale de l'espèce canine, qui se caractérise par une diversité morphologique voulue et orientée en premier lieu vers des critères esthétiques. Néanmoins, parallèlement, la sélection a porté également sur certaines aptitudes physiques ou comportementales, entraînant la divergence génétique "beauté-travail" bien connue, et qui a conduit aux différents chiens de travail dont sont issus les chiens de sport.
Les bases sur lesquelles reposent, aujourd'hui comme hier, le choix des reproducteurs canins à vocation sportive, sont leurs résultats au travail. Pour le généticien, le but est de réaliser la meilleure comparaison possible entre les postulats que sont les potentiels génétiques transmissibles (valeurs génétiques additives) au vu des performances exprimées (phénotype) : une telle approche n'est concevable que dans le cadre d'épreuves sportives disposant d'un règlement précis. Ce faisant, dans l'état actuel des choses et en définitive, sans sous-estimer en rien la valeur et l'expérience de certains éleveurs, il n'est pas possible encore de réaliser un classement des chiens dans une race sur la base de leur valeur génétique ; il en découle que le choix des meilleurs reproducteurs sportifs canins demeure approximatif et souvent encore trop empirique.