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Accueil  >  Encyclopédie  >  Le cycle de vie  >  Période de croissance du chien  >  Les maladies spécifiques
23/09/2000
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Les maladies spécifiques

Au cours de sa croissance, le chiot est en fait confronté à des maladies spécifiques de la croissance, certaines étant d'origine nutritionnelle. Au risque d'insister, la phrase de croissance demeure chez le chien la période physiologique de sa vie la plus difficile, tant celle-ci est rapide et intense en termes d'accrétion tissulaire, et nécessite la mise en oeuvre d'une médecine vétérinaire préventive intégrant des domaines de compétence très variés. Au nombre de ceux-ci figure la nutrition qui, dès lors qu'elle devient déséquilibrée, peut favoriser ou induire directement nombre d'affections spécifiques, celles-ci pouvant être d'émergence clinique rapide ou différée. Ayant pour origine des carences ou des excès nutritionnels, voire des erreurs dans le mode d'alimentation, ces affections sont essentiellement osseuses ou articulaires.

Affections osseuses et principales races sujettes

L'os en croissance est sans cesse en mouvement et en remaniement : il construit non seulement de l'os neuf, grâce à des cellules dont c'est le rôle, mais aussi détruit sans cesse pour renouveler l'os ancien. Un équilibre hormonal très strict permet de protéger l'intégrité osseuse et d'assurer l'homéostasie.

Principales races sujettes à des malformations du squelette pendant leur croissance

Berger allemand,

Berger des Abruzzes,

Berger picard,

Bouvier bernois,

Bouvier de l'Appenzell,

Berger briard,

Bullmastiff,

Chow-Chow,

Dogue allemand,

Dogue de Bordeaux,

Golden Retriever,

Kommodor,

Kuvasz,

Labrador Retriever,

Leonberg,

Mastiff,

Mâtin de Naples,

Montagne des Pyrénées,

Rottweiler,

Saint-Bernard,

Setter Gordon,

Shar-Peï,

Terre-Neuve.

Nanisme et retard de croissance

La croissance d'un chiot peut être perturbée de manière définitive dans un certain nombre de ces cas :

- malnutrition chronique, - parasitisme intestinal, - dysfonctionnement hormonal (nanisme harmonieux ayant pour origine l'hypophyse ou nanisme dysharmonieux lié à une hypothyroïdie), - anomalies génétiques dans la synthèse des cartilages ou des os.

Dans la pratique, un retard de croissance chez un chiot devra se solder par un bilan vétérinaire rapide afin de cerner l'origine du problème et d'y remédier si possible.

Rachitisme

Il en va du chien comme de l'homme, et force est de constater qu'au fil du temps et de l'acquisition des connaissances scientifiques, les affections osseuses ayant pour origine une carence nutritionnelle, tel le rachitisme, ont pratiquement disparu. Le rachitisme, qui se caractérise par un défaut de minéralisation du tissu osseux, est la conséquence d'une carence alimentaire en vitamine D. Seuls quelques cas erratiques ont été signalés durant les dix dernières années.

Carence en calcium

La carence en calcium conduit chez le chiot à une maladie osseuse fréquente dénommée "ostéofibrose juvénile". C'est la plus courante des maladies carentielles du chiot car associée à un régime alimentaire considéré à tort comme idéal, de type ménager, trop riche en viande et non complémenté en minéraux (nécessité d'un complément apportant deux fois plus de calcium que de phosphore), voire pire, uniquement corrigé par un apport en vitamine D. L'apport trop limité en calcium, inducteur de ce que les vétérinaires appellent le "syndrome tout viande", fait baisser le calcium sanguin, ce qui amène l'organisme à réagir en allant puiser du calcium dans l'os, et donc à déminéraliser ce dernier.

Cliniquement, cette maladie associe des troubles osseux et des atteintes ligamentaires. Le chiot présente des déformations de son squelette, douloureuses à la palpation-pression, un affaissement au niveau des genoux et des jarrets, avec une démarche de plus en plus plantigrade. L'os fragilisé peut finir par se briser presque sans cause apparente donnant lieu à des fractures dites "en bois vert" très difficiles à traiter.

Le traitement d'un tel processus ostéofibrotique chez le chiot est des plus simples dès lors qu'il est mis en oeuvre le plus tôt possible : il relève d'un simple rééquilibrage phosphocalcique de la ration ; fournir à un chiot un aliment complet formulé pour son format se révèle suffisant à un retour à la normale dès lors que, pour une grande race, il n'a pas dépassé 6 à 7 mois.

Autres carences nutritionnelles

Certains nutriments exerçant des rôles divers dans la croissance osseuse peuvent par leur carence engendrer des désordres durables. Ainsi la vitamine A est-elle essentielle au développement du squelette au cours de la croissance. Sa carence entraîne soit des raccourcissements, soit des déformations osseuses. À l'opposé, quoique incriminée par certains éleveurs, la vitamine C n'a aucun intérêt préventif dans les affections osseuses de croissance du chiot.

L'excès de vitamine D

Là encore trop fréquent chez le chiot (en nutrition, le plus est souvent l'ennemi du bien), l'excès d'apport en vitamine D induit une maladie dénommée "syndrome ostéopathie hypertrophique" : le développement des os devient anarchique, les os "gonflent" et le chiot boite fortement. La distribution de doses trop importantes de calcium et de vitamine D est malheureusement encore trop fréquente, en particulier chez les chiots de grande race, et il convient de savoir que cette affection est quasiment irréversible.

L'excès de vitamine A

Ce risque est beaucoup moins fréquent chez le chien que chez le chat du fait de certaines habitudes alimentaires néfastes concernant ce dernier (consommation trop fréquente de foie). Chez le chien, l'hypervitaminose A est en fait le plus souvent due à une distribution quotidienne d'huile de foie de morue, laquelle contient environ 2 000 unités internationales (UI) de vitamine A par gramme ! L'excès de vitamine A bloque l'ossification et induit un raccourcissement des os longs et des déformations osseuses. Ce processus est généralement irréversible.Affections articulaires

Sous le vocable global d'ostéochondrose, on regroupe divers troubles ostéoarticuIaIres survenant dans le cas présent chez le chiot en croissance. Les affections affectent principalement les chiots de grandes races, et se traduisent par des hypertrophies des cartilages articulaires qui génèrent douleurs, déformations articulaires, radius-curvus, etc. Certaines boiteries chroniques très douloureuses amènent le cartilage de l'articulation à se fissurer (cas classique de l'épaule du Labrador).

Dans ce cas, outre de très forts excès en calcium, c'est l'excès global d'aliment, inducteur d'un surcroît pondéral précoce, qui constitue pour l'animal un facteur aggravant primordial. Un aliment parfaitement équilibré mais distribué en trop grande quantité conduit vite à une surcharge de poids qui ne tarde pas à manifester ses effets mécaniques sur des structures articulaires et cartilagineuses encore en cours d'élaboration. Ce libéralisme alimentaire peut d'ailleurs être involontaire de la part du propriétaire :

- dès lors que l'aliment est trop appétent et que le chiot ne cesse de quémander (cas systématique de l'aliment industriel humide et d'une manière générale des aliments trop gras) ;

- lorsque la concentration énergétique de l'aliment est mal évaluée : avec la mise sur le marché d'aliments secs haut de gamme hyperdigestibles, le classique modèle de prévision, "3,5-3,5-8,5" (3,5 kilocalories d'énergie métabolisables par gramme de protéines et d'amidon, et 8,5 kilocalories par gramme de lipides) devient de type "4-4-9", les nutriments étant mieux valorisés par l'organisme. Elle peut conduire un chiot de 20 kg à mi-croissance à déposer 20 à 25 grammes par jour de graisses corporelles inutiles et nuisibles.

Dans un tel cas, et indépendamment des traitements chirurgicaux éventuellement nécessaires, le plan d'alimentation du chiot doit être revu. La révision est tout d'abord qualitative et fait appel au respect de l'équilibre nutritionnel spécifique tel que défini par ailleurs. La valorisation d'aliments complets secs adaptés dans leur formulation à tel ou tel format paraît être, de loin, la solution la plus efficace. Au plan des quantités, un programme très strict doit être suivi en respectant les étapes suivantes :

- respecter parfaitement le plan de rationnement prescrit par le vétérinaire ou le fabricant, et si le chiot est trop gros pour son âge, le rationner à 75 % de ces quantités durant trois à quatre semaines ; - ne rien donner en plus de la ration quotidienne.

L'obésité du chiot

Si le chiot de grand format est prédisposé aux problèmes osseux et articulaires qui viennent d'être envisagés, le chiot de petite race est quant à lui plus souvent soumis au risque d'obésité précoce, l'hyperplasie adipocytaire juvénile. Schématiquement, un chiot de petit format qui mange trop va, dans un premier temps, multiplier le nombre de ses cellules adipeuses, sortes de petits ballonnets qui vont ensuite se remplir de graisse au fil du temps si l'excès alimentaire persiste. Le propriétaire d'un chien de petite taille se situe très souvent dans un contexte relationnel très affectif vis-à-vis de son chien, et donc assez anthropomorphique. Dès lors, et ce de manière inconsciente, ce propriétaire (et ses enfants) va facilement céder au quémandage alimentaire qui existe toujours chez le chiot : les friandises sont plus nombreuses que les caresses, le vol sur la table est signe d'intelligence du chiot et, d'une manière générale comme disent beaucoup, "il vaut mieux pour ce chiot faire envie que pitié". Chez le chien adulte, l'obésité se solde par des signes visibles à l'oeil nu. Mais chez le chiot, ceux-ci passent facilement inaperçus tant cette petite boule de poils est mignonne. Là encore on retrouve dans les causes déclenchantes de cette obésité, qui sera très difficile à faire disparaître lorsque l'animal sera adulte, l'excès alimentaire souvent lié à l'utilisation d'aliments trop appétents (conserves), distribués sans discernement.

Au total, on comprend bien qu'une mauvaise nutrition constitue la cause principale des maladies spécifiques de la croissance chez le chiot. Les troubles ostéo-articulaires sont souvent inexistants chez les petites races. Ces dernières feront par contre fréquemment l'objet de problèmes d'obésité précoce qui nuisent à leur espérance de vie.



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