Il est vrai que certaines races sont réputées pour leur caractère dominant : le Berger allemand apparaît comme obéissant, le Labrador affectueux avec les enfants, le Lévrier indépendant... Mais malgré le caractère inné, aucun chien ne peut être aussi catégoriquement classé. De même, les réputations de robustesse ou de fragilité sont à examiner avec circonspection : du Chihuahua, dit fragile, au Fox-Terrier réputé résistant, des exceptions sont toujours possibles.
Il faut, en réalité, choisir une race en fonction du rôle que l'on veut lui donner par rapport à son poids et à sa taille. En effet, choisir un Yorkshire comme chien de garde semble tout aussi inadapté qu'enfermer un Dogue allemand ou un Berger des Pyrénées toute la journée en appartement. D'une manière générale, un chien de petite race, bien que plus nerveux, nécessitera moins d'espace vital qu'un chien de taille moyenne ; le chien de grande race, quant à lui, a toujours besoin d'une surface importante pour vivre.
Le coût d'un jeune chien influence aussi le choix du maître : il dépend de son pedrigree et de la rareté relative de la race. Mais il est clair que certaines personnes ne pourront pas se permettre financièrement d'adopter un chien de race et se tourneront vers les " bâtards " chez qui, lorsqu'ils sont pris chiots, il est difficile de prévoir le poids et la taille.
Quelle que soit la race choisie, il faut toujours garder à l'esprit que chaque chien a besoin d'attention de la part de son maître à tout moment de la journée.
Mâle ou femelle ?
Les femelles sont généralement plus calmes et plus douces que les mâles. Leur standard est aussi plus petit que celui des chiens. Un autre avantage est qu'elles bénéficient d'un traitement de faveur de la part des mâles lors de toute rencontre : ils s'adoucissent souvent et sont moins bagarreurs en leur présence.
Cependant, le principal inconvénient provient des périodes de chaleurs bi-annuelles : en général, au printemps et en automne. Elles entraînent toujours le regroupement des mâles et leur volonté est tenace. Mais la pratique de l'ovariectomie, même avant les premières chaleurs, y remédie et empêchera la chienne de se trouver gestante sans que son propriétaire l'ait voulu. Décision toutefois irrévocable !
Les mâles, réputés plus fugueurs que les femelles, peuvent voir leur caractère totalement modifié en présence d'une chienne en chaleur. Ainsi, un chien calme peut se montrer agressif et nerveux et provoquer des rixes parfois dramatiques avec ses congénères.
Posséder plusieurs chiens peut être un remède à l'ennui du chien qui vit seul. Il faut, dans ce cas, prodiguer une grande attention à chacun et avoir beaucoup de place ! Il semble difficile de posséder plus de deux chiens : il faudrait être très fort pour devenir le chef d'une meute de trois ou quatre chiens. Le couple - mâle et femelle - est une bonne solution, mais on doit alors penser à la possibilité de placer facilement les chiots à venir et... avoir quasiment une âme d'éleveur !
Deux mâles sont à proscrire : dès leur maturité sexuelle, ils entreront vite en rivalité. En revanche, deux femelles s'entendent généralement bien. Quoi qu'il en soit, un maître doit être conscient des difficultés qu'entraîne pour lui la présence de deux chiens.
Où acquérir un chien ?
Plusieurs solutions s'offrent à l'acheteur éventuel : du marché de campagne au particulier, en passant par les magasins spécialisés et les éleveurs, le choix semble vaste. Quelques options sont pourtant à éliminer.
Sur les marchés, il n'y a aucune garantie concernant les antécédents du chiot et il sera très difficile de retrouver les vendeurs si le chiot présente une tare.
Les magasins spécialisés sont également, dans la plupart des cas, à proscrire : les chiots proviennent parfois d'élevages peu scrupuleux et peuvent de ce fait présenter une santé déficiente. De même, leurs conditions de vie sont souvent médiocres : les cages sont quelquefois mal adaptées et, de toute façon, les chiots ne sortent pas et ne suivent pas le développement comportemental normal à tous leurs congénères. Ils présenteront alors probablement des troubles comportementaux dans le futur. Toutefois, certains magasins spécialisés présentent maintenant toutes garanties et peuvent très officiellement justifier de l'éleveur d'origine du chiot.
Si la race vous importe peu, ou si le fait que le chiot ne possède pas de papiers ne pose pas de problème, il est toujours possible de contacter un voisin dont la chienne est gestante et de garder un de ses petits.
Mais si une race précise est choisie, il est préférable de prendre son chien chez un éleveur. La liste peut en être fournie par les associations canines, les vétérinaires et les clubs de race.
Quel est l'âge idéal ?
Un bon éleveur doit connaître tous ses reproducteurs. Vérifiez les conditions de vie des chiots : plus ils sont en contact avec des humains de tous âges, moins cela posera de problèmes avec les enfants. Cela vaut aussi pour les autres animaux.
Lors de la première visite dans l'élevage, il est possible qu'aucun chiot ne soit disponible, ce qui montre la fiabilité de l'éleveur : ses lices ne sont pas constamment gestantes et, si des portées sont visibles, le bon âge n'est pas encore atteint.
Le chiot doit avoir franchi certaines étapes avant de pouvoir être placé dans une famille. Globalement, il faut qu'il ait vécu suffisamment longtemps auprès de sa mère qui lui apprend à assumer son identité de chien. Le contact avec les humains est aussi important : il peut intervenir dès que la mère accepte la présence d'une personne étrangère et que les chiots sortent du nid maternel. À la fin de ces deux étapes, le chiot a environ 7 semaines. Il est cependant encore fragile et il est possible que l'éleveur n'accepte de vendre ses chiens qu'à l'âge de 3 mois minimum. Acheter un chiot avant 10 semaines est une erreur.
Quel chiot dans la portée ?
Deux aspects sont intéressants à explorer : la santé et le caractère du chien. Le chiot doit être muni de ses papiers (certificat de saillie, certificat de naissance), de son carnet de vaccination, de sa carte de tatouage et faire l'objet d'une attestation de vente. Tout cela garantit les antécédents du chiot et sa bonne santé et permet de disposer d'un chiot inscrit au LOOF.
L'éleveur doit présenter tous les chiots de la même portée et leur mère. Cette dernière peut être un peu maigre, avoir les mamelles écorchées mais elle doit toujours avoir l'air heureuse, bien soignée et paraître affectueuse. Le chiot en lui-même ne doit pas avoir d'odeur désagréable; ses selles doivent être moulées sans trace de sang, ses yeux brillants et sa truffe propre. Il faut que ses oreilles soient nettes et que son pelage ne présente pas de poils ternes et cassants. Par ailleurs, il doit être gai et joueur, que ce soit avec les autres chiens de la portée ou avec les humains. Après l'acquisition du chiot, le mieux est de consulter un vétérinaire qui pourra confirmer sa bonne santé et surtout effectuer ce que l'on appelle la " visite d'achat ".
En outre, il faut vérifier l'espace dont le chiot dispose : se retrouver dans une demeure nouvelle est peu engageant pour lui. Mais s'il se trouvait auparavant dans un endroit confiné et sans la possibilité de sortir, l'adaptation à son nouvel environnement sera d'autant plus difficile.
Parmi tous les chiots présentés en bonne santé, le choix peut parfois être ardu. La meilleure méthode consiste à effectuer des tests de comportement mis au point par Campbell, éthologiste américain. Ils doivent être pratiqués sur des chiots âgés de 7 semaines : avant, le chiot est encore trop influencé par sa mère, et après, il présente une période de fragilité émotive.
Les tests doivent être exécutés dans un endroit fermé et calme que le chiot ne connaît pas. La personne qui les pratique doit être à ce moment neutre et donc ne présenter ni joie ni colère ou agacement.
Tests de Campbell et résultats
Ils permettent de définir les grandes lignes de la personnalité du chiot.
Mais il faut toujours garder à l'esprit que l'inné, même s'il est prépondérant, peut être modifié par tous les soins prodigués par le nouveau propriétaire à son chien : il renforcera ainsi certains côtés de sa personnalité et en affaiblira d'autres.
Test d'attraction
Il peut être effectué sur un chiot d'environ 7 semaines.
Après avoir posé doucement le chiot à terre, éloignez-vous de quelques mètres, frappez légèrement des mains et observez le comportement de l'animal :
1. il accourt immédiatement, queue haute, vous saute dessus et vous mordille les mains ;
2. il accourt immédiatement, queue haute, gratte vos mains avec ses pattes ;
3. il accourt immédiatement en remuant la queue ;
4. il vient, hésitant, queue basse ;
5. il ne vient pas.
Test d'acceptation de la domination
Il doit être exécuté par une personne inconnue du chiot.
Caressez le chiot, en position de sphinx, en exerçant une pression sur sa tête et sur son dos :
1. il se débat en griffant, se retourne grogne et mordille ;
2. il se débat et se retourne pour griffer ;
3. il se débat, se calme et lèche vos mains ;
4. il se retourne sur le dos et vous lèche les mains ;
5. il s'éloigne.
Test d'aptitude à suivre
On le pratique avec un seul chiot à la fois et sans l'aide de la voix.
Levez-vous et déplacez-vous lentement dans le champ visuel du chiot :
1. il vous suit immédiatement, queue haute, en vous mordillant les pieds ;
2. il agit de même, mais sans mordiller ;
3. il vous suit immédiatement, queue basse ;
4. il vous suit en hésitant, queue basse ;
5. il ne vous suit pas et s'éloigne.
Test d'acceptation à la contrainte
Il doit être fait par une personne inconnue du chiot.
Après avoir doucement mis le chiot sur le dos, maintenez-le 30 secondes en appliquant une main sur sa poitrine :
1. il se débat violemment et mordille ;
2. il se débat jusqu'à se libérer ;
3. il se débat et finit par se calmer ;
4. il ne se débat pas et lèche vos mains.
Test de la position soulevée
À effectuer par une personne inconnue du chiot.
Soulevez le chiot de vos deux mains placées sous sa poitrine et maintenez-le ainsi 30 secondes :
1. Il se débat violemment, grogne et mord ;
2. Il se débat violemment ;
3. Il se débat, se calme et lèche vos mains ;
4. Il ne se débat pas et lèche vos mains.
Résultats
Majorité de réponses 1 :
dominant agressif. À déconseiller comme chien de compagnie. Pourra faire un bon chien de travail ou de garde s'il est bien dressé.
Majorité de réponses 2 :
volontaire. Chien de travail qui demande une éducation ferme.
Majorité de réponses 3 :
équilibré et adaptable.
Majorité de réponses 4 :
soumis. Animal peu adapté au travail.
Majorité de réponses 5 :
inhibé. Chien mal socialisé, imprévisible. Il se peut que les résultats paraissent contradictoires. Il est conseillé de les recommencer, car le contexte a pu être inadapté (chiot trop jeune, repas, stress, sommeil...).
Site et CRM réalisé par ActivSoft Zenengo