Comme dans la plupart des espèces (détenues en parc zoologique par exemple), la reproduction peut chez le chien être perturbée par de nombreux facteurs psychologiques ou physiques.
Le stress sous toutes ses formes (climatique, mauvaises conditions d'hébergement, surpopulation, manque d'éclairage etc.) diminue les performances reproductrices des chiens.
L'exemple le plus démonstratif reste sans doute le stress hiérarchique qui régit les rapports de dominance entre mâles et entre les femelles. En élevage canin, il est facile de pallier la concurrence sexuelle entre mâles en séparant les étalons qui ne sont généralement pas très nombreux. Il est parfois plus difficile de déceler certaines chiennes soumises qui se limiteront parfois à des chaleurs très discrètes, des pseudogestations et des lactations nerveuses mimant ainsi ce qui se produit dans une meute sauvage chez les femelles dominées qui n'ont, comme seule activité sexuelle, que le droit d'allaiter quelques chiots en cas de défaillance de la chienne dominante.
Il n'est pas rare d'observer en élevage canin des troubles de la libido et donc de la fertilité chez des chiens présentant des comportements stéréotypés (tourner en rond, arpentage des courettes, activités de substitution telles que le léchage ou l'automutilation) qui peuvent être la conséquence d'une mauvaise hygiène de vie (manque d'exercice, absence de distractions). On constate alors soit un amaigrissement lié à l'anorexie, la mauvaise assimilation des aliments, la diarrhée et l'hyperactivité qui accompagnent parfois ces syndromes dépressifs, soit, au contraire, une obésité liée à un comportement boulimique. Cette obésité peut conduire chez les femelles à ce que l'on appelle le syndrome adiposo-génital caractérisé par des cycles normaux mais des chaleurs tellement discrètes qu'elles ne peuvent être détectées ni par l'éleveur, ni par les étalons (voir photo).
Hormis lors d'obésité, l'alimentation est rarement en cause dans les problèmes d'infertilité affectant des reproducteurs en bon état d'entretien.
En revanche , les carences alimentaires peuvent être suspectées lors d'infertilité secondaire à un mauvais état général (poil terne, dépigmentations, séborrhée etc.) ou lors de mortalité périnatale des chiots (insuffisances alimentaires survenant au cours de la fin de gestation et surtout de la lactation).
Lors de troubles de la maturation ovocytaire apparaissant simultanément dans plusieurs élevages soumis à la même alimentation, on pourra néanmoins orienter les analyses alimentaires vers:- un rancissement des graisses (par absence de conservateurs, ou erreurs de stockage) entraînant généralement une baisse d'appétibilité du produit,- une insuffisance en graisses d'origine animale (le cholestérol est un précurseur des hormones stéroïdiennes),- une carence en vitamine A, en zinc ou en cuivre qui se traduisent par l'apparition préalable d'autres symptômes cliniques dermatologiques.
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