La connaissance des principes suivants peut aider le lecteur à mieux concevoir l'hygiène de son élevage.
"Prévenir vaut toujours mieux que guérir". La seringue ne remplace donc pas l'hygiène !
Une surface apparemment lisse peut cacher par ses rayures ou ses anfractuosités une surface réelle bien plus importante. A titre d'exemple, le schéma suivant compare différents matériaux recouvrant tous une surface de 1 m.
Ceci explique pourquoi des matériaux comme l'inox ou le carrelage sont plus faciles à désinfecter qu'un métal rouillé ou un billot de bois qui offrent aux germes beaucoup plus d'opportunités d'abri et d'adhésion.
Certains facteurs physiques comme la température (le froid comme le chaud), l'hygrométrie, les rayonnements (U.V.), sont capables d'inhiber la prolifération bactérienne.
Nous retiendrons qu'en règle générale, les températures tièdes, le manque d'ensoleillement et l'humidité sont des facteurs défavorables à une bonne hygiène.
Il conviendra alors par exemple de renforcer l'activité de la plupart des désinfectants en les diluant dans de l'eau chaude et en les employant pendant la période d'ensoleillement des courettes.
Un bon nettoyage sans désinfection est préférable à une désinfection sans nettoyage. En effet, beaucoup de désinfectants perdent de leur efficacité en présence de matières organiques (excréments, souillures).
Ces dernières forment à leur contact une croûte qui héberge et protège les germes contre l'action du désinfectant.
L'utilisation préalable d'un détergent (savon par exemple) permet, en rendant en quelque sorte l'eau "mouillante", de déliter les matières organiques pour exposer ultérieurement les microbes à l'action des désinfectants.
C'est la raison pour laquelle il est préférable de procéder en trois étapes distinctes (détergence, rinçage, désinfection) plutôt que d'utiliser des produits mixtes qui, tout en permettant de gagner du temps, n'atteignent jamais une efficacité comparable.
Il est toujours judicieux d'arroser les surfaces à nettoyer avec le détergent préalablement au nettoyage pour favoriser l'imprégnation des souillures.
De même, le trempage d'instruments souillés dans un seau d'eau javellisée ne procure qu'une fausse sécurité puisque l'eau de Javel est peu active en présence de matières organiques.
Il serait plutôt conseillé de les débarrasser mécaniquement de leurs souillures ou de les faire tremper dans un produit détergent.
Le brûlage de matières organiques (au lance-flammes horticole par exemple) provoque des effets comparables d'encroûtement par coagulation des protéines de surface. Il n'est donc conseillé qu'après avoir débarrassé la surface de tout déchet (à l'aspirateur ou à la pompe haute pression par exemple).
Chaque produit désinfectant possède un spectre d'activité, c'est à dire une liste de microbes contre lesquels il est habituellement efficace. Les germes les plus couramment résistants sont les spores bactériennes (forme de résistance de certaines bactéries face à un milieu devenu défavorable), les oeufs de parasites et les moisissures. L'utilisation répétitive d'un même désinfectant risque à la longue de sélectionner les germes résistants qui se développeront alors en toute impunité.
Une hygiène efficace passe donc par l'alternance des produits utilisés.
Bien entendu, alternance ne veut pas dire mélange car certains désinfectants sont incompatibles entre eux.
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