Il est attristant de constater que la majorité des élevages canins est actuellement dépourvue de local de quarantaine alors que cette précaution élémentaire a depuis longtemps prouvé son efficacité dans les élevages d'animaux de rente (bovins, porcins...). Bon nombre d'épizooties pourraient en effet être prévenues par le respect de quelques précautions sanitaires simples et peu onéreuses. Prenons l'exemple de l'herpès-virose canine, affection virale insidieuse affectant au moins 30% des élevages canins français et se traduisant le plus souvent par des baisses transitoires de fertilité (troubles de la fécondité, de la gestation ou mortalité néonatale) en l'absence de tout autre expression clinique. Cette maladie transmissible par voie vénérienne ou respiratoire peut être importée dans un élevage à l'occasion de l'achat d'un étalon paraissant tout à fait sain et n'extériorisant aucune lésion.
L'isolement de ce nouvel arrivant pendant une quarantaine de jours avant son introduction définitive dans l'élevage permet le plus souvent de se rendre compte de son statut sanitaire et de prévenir ainsi la propagation de la maladie dans l'élevage, la prévention étant toujours beaucoup plus simple et efficace que le traitement.
De plus, un chien étranger est souvent stressé par le changement de contexte, ce qui entraîne généralement une dépression transitoire de son système immunitaire. Il présente alors plus de risques d'extérioriser et de propager une maladie en cours d'incubation ou de contracter un germe ambiant par ailleurs anodin pour le reste de l'effectif (déjà vacciné ou immunisé).
Elle doit donc être mise à profit pour :
- observer de près l'animal arrivant (visite d'achat, analyses complémentaires de sang, de selles, dépistage de tares génétiques ou de vices rédhibitoires) ;
- attendre les résultats de ces examens ;
- habituer ce nouveau chien à l'ambiance de l'élevage (microbisme, alimentation, climat, habitudes, hiérarchie) ;
- le protéger (vaccination, vermifugation, déparasitage externe) ;
- et éventuellement le renvoyer chez le vendeur dans les délais légaux en cas de non conformité au contrat de vente.
Comme pour l'infirmerie et pour les mêmes raisons, le local de quarantaine doit être isolé du reste de l'élevage, construit de manière hermétique et pourvu de son propre matériel qui ne devra pas en sortir (incinérateur ou poubelle indépendants).
Il présentera une entrée particulière munie d'un pédiluve, accessible au vétérinaire sans qu'il ait à traverser tout l'élevage et sera prévu pour accueillir au moins deux chiens.
Avant de faire l'acquisition d'un nouvel animal, il serait souhaitable de vous renseigner sur les risques sanitaires du lieu de provenance et, le cas échéant, sur les problèmes d'élevage rencontrés par le précédent propriétaire pour orienter les recherches de votre vétérinaire lors de sa visite d'achat.
Vous pourrez mentionner à cet effet sur le contrat de vente, que vous achetez cet animal sous réserve qu'il satisfasse aux examens de quarantaine que vous désirez lui faire subir et que vous aurez également mentionnés (dépistage de vices cachés, spermogrammes éventuels etc.).
Vous isolerez ensuite l'animal pendant une quarantaine de jours dans un local prévu à cet effet exclusif et ferez procéder à l'examen de l'animal par votre vétérinaire qui en profitera pour mettre à jour vaccinations et vermifugations.
A partir de la deuxième moitié de la quarantaine, vous pourrez introduire dans la deuxième place du local un vieux chien de réforme pour accoutumer le nouveau-venu au microbisme ambiant de votre élevage.
Enfin, après introduction définitive du nouveau chien dans l'élevage, vous pourrez procéder au vide sanitaire (par exemple avec du formol en thermonébulisation pendant 12 heures, 12 ml/m3, dans le local hermétiquement clos en l'absence d'animaux).
Si, par manque de place, vous ne disposez pas d'un local pouvant servir de quarantaine, une précaution minimale consiste à confier l'animal à un ami ou à un voisin le temps de prendre connaissance des résultats de ces examens.
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