Les flatulences consistent en l'accumulation de gaz dans les voies digestives. La quantité et l'odeur des gaz émis varient avec l'alimentation, et avec les individus. Le chien est plus souvent touché que le chat.
Origine et nature des gaz
Les gaz proviennent de :
- de l'air avalé (aérophagie) : les animaux mangeant très goulûment avalent de l'air qui arrive ensuite très rapidement dans les voies digestives terminales (en moins de 15 mn chez l'homme); - du produit de la dégradation des aliments indigérés par les bactéries de l'intestin ; - de gaz ayant diffusé du sang vers la lumière intestinale ; - du résultat de réactions chimiques dans l'intestin.
Les gaz intestinaux ont une composition variée. On peut identifier :
- des gaz non odorants : air, hydrogène, méthane, gaz carbonique... - des gaz odorants : le gaz ammoniac, le sulfure d'hydrogène, des produits de dégradation des protéines (indoles, scatole, acides gras volatils)... Ces derniers ne représentent en général que 1 % de la quantité totale des gaz présents, mais cela suffit à rendre les flatulences très nauséabondes.
Influence de l'alimentation sur l'apparition de flatulences
Les aliments contenant une fraction indigestible importante, d'origine animale ou végétale, sont tous susceptibles de favoriser l'apparition de flatulences.
- Les os et les viandes de médiocre qualité, contenant beaucoup de protéines indigestibles,
donnent lieu à des réactions de putréfaction intestinale.
- Le lait peut être l'origine de gaz chez les animaux qui digèrent mal le lactose. - Les légumes contenant des sucres complexes sont souvent mal digérés par le chien ou le chat oignons, chou, chou-fleur ou même pommes de terre sont à éviter, ainsi que les graines de soja entier, les haricots blancs, les petits pois, les lentilles... - Les aliments très riches en fibres fermentescibles sont également à risque chez les animaux sensibles. A l'inverse, un aliment trop pauvre en fibres risque d'allonger la durée de rétention dans le gros intestin, et de favoriser les réactions fermentaires. Un juste équilibre est donc à trouver.
Influence de l'individu sur l'apparition de flatulences
La même alimentation, distribuée dans les mêmes quantités, peut provoquer des effets très différents selon les individus et leurs performances digestives. Les jeunes animaux, et ceux souffrant de difficultés de digestion et d'assimilation, de troubles hépatiques ou pancréatiques, sont les plus susceptibles de produire des gaz. Il en est de même pour les animaux hébergeant certains parasites (Giardia).
Les flatulences se rencontrent aussi souvent chez les animaux présentant un excès de poids. Ceux-ci ont en général une activité physique diminuée, donc un transit intestinal ralenti, allongeant ainsi la période propice aux dégradations bactériennes. Rappelons qu'en général, les éléments indigérés du repas sont éliminés entre 20 et 48 heures après.
Quelques règles pouvant aider à la prévention des flatulences
- Nourrir l'animal en plusieurs fois dans la journée, dans un endroit calme et isolé ;
( en vue de ralentir la vitesse d'ingestion, donc le risque d'aérophagie) ;
- choisir une alimentation hautement digestible, à teneur modérée en fibres ;
(pour limiter les substrats disponibles pour la flore bactérienne) ;
- éviter les changements de régime inutiles ;
(pour ne pas perturber l'équilibre de la flore) ;
- éviter les aliments à risque cités plus haut ;
(si l'on veut donner des légumes, choisir de préférence carottes ou haricots verts.) ;
-maintenir une activité physique quotidienne et régulière ;
(pour stimuler le transit intestinal) ;
- vermifuger régulièrement l'animal.
Conclusion
Chez l'homme, certains dérivés du silicone peuvent avoir un effet adsorbant des gaz intestinaux. Chez les carnivores, on cite parfois l'effet positif de l'administration d'enzymes. Cependant, la solution passe surtout par la recherche de l'équilibre alimentaire idéal, associé à une activité physique suffisante.
Références bibliographiques
- Ascher F. and al. - Clinical evaluation of a dimethicone gel on functional disorders of the gastrointestinal tract of dogs. Rec. Méd. Vét., 170: 1, 45-50, 1994. - Guilford W.G. - Approach to clinical problems in gastroenterology. In: Strombeck's small animal gastroenterology, 70-72, 1996 - Lewis L.D. and al. - Gastrointestinal, pancreatic and hepatic diseases. In: Small Animal Clinical Nutrition, 7.44 - 7.46, 1984.
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