La dysplasie de la hanche est une affection qui découle de la laxité excessive de la tête du fémur dans la cavité articulaire de la hanche. Les surfaces articulaires étant mal positionnées, elles peuvent s'user prématurément, et être à l'origine du développement de lésions d'arthrose très douloureuses pour le chien. Il est important de dépister cette maladie le plus précocement possible, à la fois :
- pour l'individu : 40 à 50 % des chiens dysplasiques vivent avec sans en souffrir, grâce une alimentation adéquate et un exercice physique adapté ;
- pour la race : la sélection génétique constitue la base de la lutte pour tenter d'éradiquer cette maladie à transmission héréditaire.
Quelles sont les méthodes de diagnostic ?
Signes cliniques
Chez un chiot gravement atteint, on peut remarquer un galop anormal, " en saut de lapin ". Une boîterie postérieure peut apparaître, aggravée par l'exercice. Cependant, les symptômes s'observent le plus souvent chez un animal adulte, déjà victime de lésions d'arthrose. Le chien est raide, il a du mal à se lever, sa démarche est chaloupée. Courir, sauter, monter des escaliers le font souffrir. Sa musculature postérieure s'atrophie progressivement.
Examen radiologique
C'est lui qui est utilisé dans le dépistage systématique de la dysplasie de la hanche. Pour faire une radio de bonne qualité, le chien doit être couché sur le dos (un " berceau " permet de l'installer confortablement), les postérieurs en extension, les rotules tournées vers le haut. Bien réalisée, la radio montre la totalité du bassin et des fémurs, ces derniers parallèles à la colonne vertébrale. Dans la mesure où le chien le permet, l'anesthésie devrait être évitée : elles entraînent en effet une relaxation des articulations qui pourrait fausser l'interprétation du cliché. Pour cette même raison, on évitera de pratiquer l'examen chez une chienne pendant ses chaleurs.
Que regarde-t-on à la radiographie ?
- La forme des têtes fémorales, et leur bonne imbrication ou congruence dans les cavités articulaires des hanches (= acétabulum). - L'angle dit de " Norberg Olsson (N.O.) " représenté sur le schéma ci-dessous. Chez un chien indemne, cet angle a une valeur supérieure ou égale à 105°. Plus on tend vers 108°, plus le diagnostic est fiable à 100 %.
Mesure de l'angle de Norberg-Olsson
Quels sont les critères de classification des chiens ?
selon la Fédération Canine Internationale
A quel âge faire pratiquer une radiographie de dépistage ?
Si le lecteur est expérimenté, l'examen radiologique peut être pratiqué dès l'âge de 4 mois. La fiabilité de cette évaluation est estimée entre 70 et 100 %. Un chien jugé dysplasique d'emblée a peu de chance d'être jugé normal ensuite ; en revanche, un résultat litigieux devra être confirmé après l'âge d'un an, voire 2 ans pour les grandes races. La dysplasie de la hanche est considérée comme vice rédhibitoire (c'est-à-dire susceptible de faire annuler la vente) : si le chien a été vendu avant 1 an, tous les examens pratiqués jusqu'à cet âge sont pris en compte.
Conclusion
Une suralimentation en croissance est reconnue comme le principal facteur aggravant d'une prédisposition génétique : plus un chiot grandit vite, plus il a de chances de montrer des signes de dysplasie. Il est conseillé de maintenir un chiot " sec " pendant sa croissance, et de surveiller l'évolution de son poids de forme une fois adulte.
Références bibliographiques
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FRANCK M. - La dysplasie de la hanche du chien. Edit'heure (01 Bourg en Bresse), France, 1996.
Le NIHOUANNEN JC. - La dysplasie de la hanche du chien : diagnostic clinique et radiologique. SCC Informations, 49, 1996.
Mc LAUGHLIN R. and al. - Radiographic diagnosis of canine hip dysplasia. Vet. Med., 36-47, Jan.1996.
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