Matières premières
La plupart des composants fibreux sont des polysaccharides qui échappent à la digestion enzymatique dans l'intestin grêle des non-ruminants : cellulose, hémicelluloses, pectine, gommes. Seule la lignine, autre composant des fibres végétales naturelles, a une composition chimique différente.
Cellulose et lignine sont peu solubles et ont une faible capacité à retenir l'eau. Les autres polysaccharides sont solubles, et capables de retenir l'eau en formant des gels visqueux.
Les fibres insolubles tendent à régulariser le transit intestinal, tandis que les fibres solubles (ex : pulpe de betterave) ont tendance à le ralentir, mais sont indispensables à l'écologie du gros intestin.
Quelle valeur faut-il accorder au pourcentage de cellulose brute (CB) annoncé sur les emballages ?
Le taux de CB est estimé après analyse par la méthode officielle de Weende (1920). C'est une valeur analytique à déclaration obligatoire. La CB ne représente pourtant qu'une partie de la cellulose et des hémicelluloses d'un aliment ou d'une matière première, soit en moyenne 25 à 30 % des fibres totales.
L'analyse de la CB est donc un très mauvais prédicteur de la teneur en parois végétales. Elle n'a aucune signification nutritionnelle. Elle n'a d'intérêt que pour une comparaison rapide de matières premières entre elles. Mais elle n'est pas utilisable pour apprécier les différences entre des aliments pauvres en fibres tels que les aliments pour chiens et chats.
Deux aliments peuvent avoir des taux de cellulose brute identiques (indiqués sur les sacheries), et des taux de fibres alimentaires totales différents : leur digestibilité ne sera donc pas la même.
Comment mesure-t-on les fibres alimentaires totales ?
Par la méthode enzymatique de Prosky (1984) : c'est un dosage long et coûteux, mais qui permet une bien meilleure approche de la qualité des matières premières. C'est la seule notion nutritionnellement représentative.
Quelles sont les fibres employées ?
Si la quantité de fibres est importante, la qualité de ces fibres l'est encore plus. Il est indispensable, pour une bonne tolérance digestive, d'associer fibres et solubles et insolubles.
Quelles sont les teneurs en fibres alimentaires de quelques matières premières ?
Quelles sont les conséquences sur la digestibilité ?
Absence de fibres = diarrhée
Excès de fibres = fèces molles et très abondantes
La digestibilité de la matière sèche (dMS), et par conséquent la quantité de selles produites (QF), sont directement proportionnelles à la teneur en fibres alimentaires : plus il y a de fibres alimentaires dans un aliment, moins celui-ci est digestible.
- Entre 4 et 6 % de fibres alimentaires :
dMS attendue : 82 à 88 % ; QF : 40 à 60 g par 100 g de MS ingérée.
- Entre 6 et 11 % de fibres alimentaires :
dMS attendue : 78 à 86 % ; QF : 50 à 80 g par 100g de MS ingérée.
- Au-dessus de 11% de fibres alimentaires :
dMS inférieure à 78 % ; QF supérieur à 80g pour 100g de MS ingérée.
Conclusion
La teneur en fibres alimentaires a donc une bonne valeur prédictive de la digestibilité.
Dans quelles conditions un éleveur ou un propriétaire peut-il distribuer de la viande fraîche à son (ses) chien(s), sans déséquilibrer le régime global ?
La viande est couramment utilisée par certains propriétaires ou éleveurs pour des raisons :
- économiques : lorsqu'une source de viande est accessible à peu de frais ; - d'appétence : pour stimuler l'appétit de certains chiens difficiles ou ayant tendance à sous-consommer en période d'effort (ex: chiens de traîneau) ; - nutritionnelles : certaines personnes sont persuadées que la viande fraîche est de meilleure qualité que celle utilisée dans les aliments secs.
Malheureusement, la dénomination "viande fraîche" recouvre une grande variété de matières premières : selon l'espèce, l'âge de l'animal, l'origine anatomique, la valeur nutritionnelle de la viande est très variable.
* MS : Matière sèche
Qualité protéique
La viande est un aliment "humide" : 60 à 70 % d'eau en moyenne. La véritable quantité de protéine ingérée par les animaux doit donc être rapportée à la teneur en protéines des viandes fraîches.
Exemple : une viande de boeuf contenant 40 % de matière sèche et 45 % de protéines sur MS contient donc sur brut :
45 x 40 / 100 = 18 % de protéines.
100 g de cette viande apporte 18 g de protéines quand 100 g d'AGR 36 en apporte deux fois plus.
Les viandes maigres sont les plus intéressantes du point de vue de l'apport protéique (cf. tableau).
Plus la viande comporte de "fibres blanches", moins sa qualité est bonne : la quantité de tissus de soutien (tendons, ligaments, aponévroses musculaires), déterminent la teneur en collagène ; celui-ci est très peu digestible à l'état cru, et sa valeur biologique est très faible : il présente une carence en acides aminés indispensables, en tryptophane surtout. Le collagène ne devrait pas représenter plus de 25 à 30 % des protéines totales.
Qualité des matières grasses
Les matières grasses représentent une part importante de la matière sèche de la viande. Plus il y a de matières grasses, plus l'apport énergétique sera important : il importe d'en tenir compte pour éventuellement réduire la ration d'aliment sec de base.
La nature des acides gras influe sur la valeur nutritionnelle de la viande : les acides gras insaturés sont indispensables au métabolisme, mais ils s'oxydent plus facilement. La conservation des viandes contenant beaucoup d'acides gras insaturés (porc, volaille ...) est donc plus délicate.
Déséquilibre phosphocalcique
Les quantités de minéraux contenues dans la viande varient peu.
- 7 à 10 mg de calcium / 100 g ; soit environ 0,01 à 0,03 % de la MS
- 150 à 200 mg de phosphore / 100 g ; soit 0,35 à 0,65 % de la MS
rapport calcium / phosphore : 1/20 à 1/35.
La viande seule ne répond donc absolument pas aux besoins des carnivores. Pour éviter de déséquilibrer le régime, 75 % au moins de l'apport calorique doit être fourni par un aliment sec complet.
Teneur glucidique
Le glucose est stocké dans le foie et les muscles sous forme de glycogène. Ces réserves sont négligeables par rapport aux réserves adipeuses.
Une alimentation uniquement carnée ne fournit donc pas de glucides.
Le transport et le stockage de viandes fraîches exige le strict respect de la chaîne du froid. Il est utile de vérifier régulièrement l'absence de contamination bactérienne anormale. Des analyses bactériologiques peuvent être demandées aux laboratoires départementaux travaillant avec la Direction des Services Vétérinaires.
Site et CRM réalisé par ActivSoft Zenengo