Certaines gammes d'aliments diététiques contiennent des produits spécifiquement destinés aux animaux souffrant d'insuffisance hépatique.
Points clés :
1) Il existe différents types et différents degrés d'insuffisance hépatique : un régime unique ne permet pas de répondre à toutes les situations.
2) Dans le cas d'insuffisance hépatique modérée, la synthèse des protéines par le foie est fréquemment perturbée : il faut alors proposer un régime qui stimule leur régénération.
3) Lors d'insuffisance hépatique très grave, le foie s'avère parfois incapable de transformer les déchets du métabolisme protéique (l'ammoniac) en urée : dans ce cas seulement, un régime hypoprotéique peut être justifié
4) L'insuffisance hépatique est aggravée par le jeûne, surtout chez les chats : il faut donc éviter de donner un régime hypocalorique, pauvre en graisses, qui risque de faire chuter l'appétit. A condition de bien fractionner la ration en 3 repas quotidiens, un animal insuffisant hépatique peut tolérer un régime contenant au moins 20 % de matières grasses sur matière sèche.
Le foie est le carrefour le plus important du métabolisme. Les symptômes d'insuffisance hépatique chez le chien apparaissent après que plus de 75 % du foie soit lésé, mais 8 semaines peuvent permettre la régénération complète !
L'alimentation doit chercher à faciliter la restauration de l'organe, réduire les phénomènes d'intoxication liés aux perturbations du métabolisme, et lutter contre la malnutrition causée par la consommation accélérée des protéines de l'organisme.
Le choix d'un régime doit prendre en compte le type et le degré de l'insuffisance hépatique, le niveau des albumines sanguines, le poids idéal de l'animal, l'âge et l'activité. Le régime pourra également évoluer pendant la convalescence. Un régime unique pour l'insuffisance hépatique est impensable. Seuls quelques grands principes peuvent être retenus pour orienter la prescription diététique.
Métabolisme protéique
Le foie synthétise des protéines indispensables : albumines plasmatiques, facteurs de la coagulation... Mais il a aussi pour rôle de permettre l'élimination des déchets du métabolisme protéique, en transformant l'ammoniac en urée. A un stade très avancé, l'insuffisance hépatique se traduit donc par l'accumulation d'ammoniac dans le sang : cette hyperammoniémie provoque des troubles nerveux, regroupés sous le terme d'encéphalose hépatique.
Ce phénomène d'intoxication ammoniacale est encore renforcé par l'afflux de protéines dû à la fonte musculaire qui accompagne en général l'insuffisance hépatique, à cause d'un équilibre hormonal perturbé.
La balance azotée est difficile à équilibrer : il faut réduire les apports pour prévenir le risque d'intoxication ammoniacale, mais en fournissant assez de protéines pour faciliter les processus de régénération musculaire et hépatique. La réduction importante du niveau protéique de la ration ne se justifie donc qu'exceptionnellement : par exemple, lorsque le foie est "court-circuité" à cause d'une anomalie mettant en communication la veine porte et la circulation générale (shunt porto-systémique).
On conseillera alors un aliment hypoprotidique destiné à l'insuffisance rénale .
Les protéines doivent être d'excellente qualité, très digestibles pour minimiser les résidus à l'origine de production d'ammoniac et de composés toxiques. Il faut choisir des sources de protéines pauvres en acides aminés aromatiques (éviter surtout les abats et les produits très excédentaires en protéines de qualité moyenne ; ex : conserves) : ceux-ci sont en effet utilisables uniquement au niveau du foie et ils peuvent devenir toxiques s'ils ne sont plus métabolisés normalement.
Dans la plupart des cas, une restriction protéique trop sévère risque de compromettre la régénération des tissus et d'altérer la synthèse des protéines sanguines. Lorsqu'elle est présente, l'hypoprotéinémie impose alors d'élever le niveau protéique de la ration. Le 1er objectif est en effet de fournir les protéines nécessaires à la synthèse et à la régénération en minimisant les déchets, avec l'aide d'un régime hyperdigestible, comme celui conseillé en cas de malassimilation intestinale.
Métabolisme lipidique
Les sels biliaires émulsifient les matières grasses et facilitent ainsi leur digestion ; la perturbation de leur sécrétion ou de leur élimination (cholestase), peut entraver la digestion des graisses et l'absorption des vitamines A, D, E, et K.
Il est cependant déconseillé de faire appel à un régime pauvre en graisses qui risque d'être inappétent et de provoquer une chute de la consommation énergétique chez des animaux où il faut à tout prix maintenir l'appétit.
A condition de bien fractionner la ration en 3 repas au moins, les animaux insuffisants hépatiques tolèrent bien des niveaux de matières grasses jusqu'à au moins 20 % de la matière sèche.
Les acides gras libres issus du tissu adipeux transitent par le foie avant d'être libérés dans la circulation sous forme de lipoprotéines ; lors d'insuffisance hépatique, la fourniture d'acides gras polyinsaturés à longue chaîne (huiles de soja, maïs ... ) facilite le relargage des lipides hépatiques. Ces acides gras, incorporés à des phospholipides, entrent en effet dans la composition de ces lipoprotéines.
Métabolisme Glucidique
Le foie stocke du glucose sous forme de glycogène qu'il relargue au fur et à mesure des besoins. Sauf dans le cas de déficiences enzymatiques exceptionnelles, cette fonction est rarement diminuée.
Les protéines devant être privilégiées pour les fonctions de synthèses, la fourniture d'énergie passera par la fourniture d'amidon parfaitement cuit.
Une quantité modérée de fibres végétales non-fermentescibles (ex: fibres de maïs) aident à limiter les fermentations protéiques et sont aussi capables de fixer diverses substances nocives. En revanche, l'utilisation de céréales sous forme de farines est préférable à celle de céréales entières car les premières diminuent la digestibilité et contribuent à augmenter la quantité de produits de fermentation qui devront être métabolisés par le foie déjà surmené.
Conclusion
Rappelons que le bedlington terrier, (West Highland white terrier, cocker spaniel ...) peuvent être victimes d'une maladie génétique conduisant à l'accumulation de cuivre dans le foie. Le traitement de cette affection repose sur l'utilisation de chélateurs du cuivre, la diététique seule étant inefficace. (Il faut simplement éviter l'introduction d'abats, riches en cuivre, dans la ration).
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