Quasi inconnu en France il y a encore 10 ans, le Norvégien est aujourd’hui au top ten des chats de races et l’étoile montante des expositions félines. Il fait partie de cette catégorie de très grands chats qui séduisent de nouveaux amateurs qui hésitaient à céder jusqu’alors au plaisir d’avoir un chat. Comme son nom l’indique, il est originaire de l’Europe du Nord et la Norvège en a fait un patrimoine national.
Que le Norvégien soit également nommé Chat des Forêts Norvégiennes n’est pas un hasard. Le nom local « Skogkatt » signifie chat des forêts en norvégien. Le Norvégien est une race très ancienne que l’on peut qualifier de « naturelle ». Les premiers chats scandinaves auraient été importés du Moyen-Orient par les Vikings qui avaient besoin de solides ratiers pour protéger leurs drakkars des rongeurs. Les voyages de ces intrépides navigateurs les avaient emmenés jusqu’en Turquie et l’on pense que ce sont des chats du Lac de Van qui auraient eu leur préférence : solides, bien bâtis, avec une fourrure imperméable, adaptée à toutes les saisons. Arrivés en Norvège, ces chats ont vécu à demi-sauvages, ce qui leur a imposé de s’adapter aux conditions climatiques encore plus sévères que celles des montagnes d’Asie Mineure. Obligés de se nourrir par eux-mêmes, ils ont développé une musculature importante, associée à une grande vélocité. La Scandinavie est terre de légendes et les grands chats vikings ont pris une place exceptionnelle dans la mythologie nordique. On rapporte qu’ils étaient si lourds que même Thor, le roi des dieux ne pouvait les soulever. Quant à Freya, la déesse de l’amour, homologue de la grecque Aphrodite ou de la romaine Vénus, elle les avait choisis pour tirer son char céleste et partir à la recherche de son époux. A partir du XVIe siècle, les références au chat Norvégien deviennent assez nombreuses et l’on devine qu’il doit avoir une place importante dans la vie quotidienne. Chat de ferme, il vit en effet autour des maisons qu’il protège.
L’arrivée du Norvégien dans la félinotechnie date de 1938 où il est présenté pour la première fois en exposition. Puis il tombe dans l’oubli jusqu’aux années 70 quand un groupe d’amateurs entreprend de lui redonner la place qu’il mérite. The Norvegian National Association of Pedigree Cats, premier club félin norvégien a été fondé en 1963. Très vite, des passionnés parmi ses membres décidèrent d’un plan de promotion et de protection de la race Norvégienne. Il s’agissait de battre la campagne pour dénicher des chats sélectionnés selon des critères très stricts et qui allaient servir de fondation.
On exigeait un gabarit fort, une ossature puissante, une tête assez triangulaire, un profil droit et une fourrure caractéristique, demi-longue avec un sous-poil abondant recouvert de poils de garde impénétrables. Ce besoin de reconnaissance de la race nationale allait de paire avec un besoin de sauvegarde de la faune et de sa richesse. La présence de plus en plus nombreuse de chats domestiques à poil court, capables de vivre dans des zones urbaines, moins rigoureuses que les zones rurales, menaçait en effet la population de chats à fourrure abondante.
Le premier standard fut rédigé d’après un chat bien connu, Pan’s Truls, un brown tabby et blanc. La Norvège est un pays largement affilié à la FIFé (Fédération Internationale Féline ) et les règlements de cette fédération sont très stricts sur l’acceptation de nouvelles races. Le Chats des Forêts Norvégiennes fut finalement reconnu en 1976, après un congrès de la FIFé qui s’était tenu à Paris et où les éleveurs norvégiens étaient venus défendre sa cause. L’événement eut une portée d’envergure nationale. La télévision norvégienne retransmit l’arrivée des éleveurs ravis, accueillis à l’aéroport par Pan’s Truls en personne. L’utilisation de chats sans origines, appelés « novices » continua jusqu’en 1990, moment où le livre d’origine fut fermé. Très vite, les Norvégiens séduisirent le reste de la Scandinavie, l’Europe et les Etats-Unis. La TICA les reconnut en 1992 et la CFA en 1993.
Le Chat des Forêts Norvégiennes est un cadeau de la nature. Il est grand et puissant, les mâles atteignent jusqu’à huit kilos. Sa tête est triangulaire, avec de beaux yeux en amande, et son profil idéalement droit, du front jusqu’au nez. Le menton est ferme et fort, rappelant qu’il peut servir encore à saisir des proies. Son encolure, souvent arquée, est forte et musclée. Son corps est substantiel, solide et long, sans excès. Ses pattes ont une ossature solide. Les postérieurs sont plus hauts que les antérieurs. La queue est aussi longue que le corps, épaisse et bien fournie.
Elle est composée d’un sous-poils abondant, recouvert de poils de garde plus longs et plus durs qui sont caractéristiques. C’est l’association de ces différents poils qui garantit aux Norvégiens de ne pas souffrir des intempéries. L’hiver, la fourrure est très abondante avec une collerette et un jabot très fournis, des culottes et une queue touffue. L’été, en revanche, il ne reste de cette fourrure opulente que les traces des pantalons et la queue. La variation de fourrure au cours des saisons est typique de la race et de l’adaptation de ce chat au climat contrasté des pays nordiques. Bien qu’à poil longs, le Norvégien n’est pas d’un entretien difficile. Un coup de brosse hebdomadaire doit suffire. On n’aura recours au bain que dans les cas où le chat s’est vraiment sali ou bien avant d’aller en exposition.
Le Norvégien est un chat très familier et qui aime la compagnie de l’homme. On aura avec lui un ami fidèle. Sa taille et son biotope d’origine font parfois hésiter à le prendre en appartement. Il est pourtant calme et très adaptable. Il ne souffrira pas de vivre à l’intérieur d’une maison s’il a été habitué jeune et surtout si l’on a assez de temps à lui consacrer. C’est d’ailleurs un chat qui aime particulièrement vivre avec un autre chat, histoire de se raconter des histoires de chat.
Vous pouvez contacter les deux clubs de race qui ont en charge les Norvégiens en France. Ces deux clubs très dynamiques travaillent en synergie pour le plus grand bien de la race.
Vous pouvez aussi consulter des sites en anglais remplis d’informations utiles et de liens vers les clubs du monde entier.
http://home.powertech.no/skogkatt/NFOfaq.htmlhttp://www.felis.net/nforing/