Que l'on parle Terriers d'Ecosse, Golden Retrievers, ou tout simplement de cynophilie, le nom de Katharina Round ne laisse pas indifférent. Habituée des rings d'exposition, elle ne compte plus ses titres de champions. Aujourd’hui, avec l’Akita Inu, c’est la consécration. Portrait.
Finalement, c'est avec les Grands Chiens Japonais - sa race "de cœur" - que Katharina aborde une nouvelle étape en beauté. Après avoir longtemps œuvré pour la reconnaissance de cette version américaine de l'Akita Inu, c'est la consécration. Grand Prix Pedigree, Trophée Atout Chien, Championnat du Monde à Porto… vous l'avez probablement croisée sur les podiums les plus prestigieux !
Lorsqu'on lui demande d'où lui vient cette passion de l'élevage, Katharina Round aime expliquer que c'est une histoire ancienne. Si elle élève depuis plus de vingt ans, les chiens occupent une place importante dans sa vie depuis bien plus longtemps encore ! « J'ai toujours aimé les chiens », nous dit-elle en précisant que son premier livre était un guide présentant toutes les races. Mais il lui a fallu attendre son premier salaire pour avoir son premier chien "à elle". Ce qui ne l'a pas empêchée de cultiver sa passion et de débuter en exposition avec les chiens de son entourage.
A l'époque, Katharina est plutôt attirée par l'Irish Wolfhound. Ce géant parmi les lévriers lui semble extrêmement séduisant. Mais, réaliste, elle sait bien que ce n'est pas compatible avec sa vie parisienne. Alors, dans un premier temps, elle suit avec attention la race et se lie d'amitié avec les plus grands éleveurs. C'est d'ailleurs à l'occasion du Championnat de France à Paris, qu'elle rencontre un éleveur d'Irish qui avait également amené avec lui ce fameux terrier écossais. Et elle a craqué ! C'était il y a 25 ans, le Westie était rarissime en France.
Elle réserve auprès de M. Hiverneaux -quasiment le seul éleveur à cette époque - une petite femelle. Résolue à "se lancer", elle quitte la capitale, s'installe dans une maison, achète une voiture... Au moment de prendre possession de son chiot, c'est finalement un petit mâle qu'elle nomme Rastaquouère des Hauts Bonniers qui attire son attention. Rastaquouère sera son premier Westie. Il sera Best in Show lors de sa première sortie, à 15 mois, alors que Katharina ne se rendait à cette exposition de Montpellier que pour le faire. Ainsi débute une carrière fulgurante : Rastaquouère sera champion de France, d'Espagne, de Belgique et champion international.
On peut se demander comment Katarina Round sut dès la première rencontre déceler le futur champion qui lui permettrait de se lancer. Pour elle, l'explication est simple : elle avait suffisamment étudié la race pour en connaître parfaitement le standard et avait exercé son œil dans les concours. Sa formation d'ingénieur céramiste n'étant sans doute pas étrangère à son sens artistique, elle avait été séduite par la plastique du Westie … Il est vrai Katharina Round a toujours appréhendé le toilettage de la race comme une véritable sculpture. De nouveaux compagnons ne tarderont pas à rejoindre son foyer. C’est avec un deuxième mâle acheté l'année suivante en Angleterre, Justrit Jonquil, qu’on pourra la rencontrer régulièrement sur les rings d'honneurs. Il sera sacré Champion du Monde à Madrid, d'une courte tête devant Rastaquouère, deuxième à cette exposition.
A l'origine, Katharina Round était plus intéressée par l'aspect "show" que par l'élevage proprement dit. A la fin des années 80, c'est la rencontre avec un éleveur, Michel Hemptinne, qui va déclencher chez elle ce nouveau virus. Tous deux décident de travailler ensemble et acquièrent de nouveaux chiens : Wist Mill Wood Anemone qui sera championne du monde à Vienne et championne de huit pays, ou encore Haweswalton Leading Lady - Championne de France et Championne Internationale - qui servira de base à son élevage. C'est à cette époque que Katharina se lance officiellement. Son affixe, "Champernoune" est le nom de famille d'un Lord dans le roman de Daphnée du Maurier. Il signifie la maison sur le rivage… et il sonne "rond comme un Westie".
Quel éleveur de Westie ne se tourne pas tôt ou tard vers son cousin le Scottish ? Katharina Round ira chercher en Allemagne Majolika's Nichlas. Un premier champion international qui marque le début d'une longue série. Puis le Cairn rejoint le clan, par le biais d'une amie finlandaise et d'une éleveuse française, Sandrine Charmeau, alors que la race est toujours peu connue en France.
En 1992, elle souhaite un gros chien, très câlin, qui pourra s'entendre avec son futur bébé. C'est le Golden qui est choisi et qui s'aura s'imposer chez Champernoune puisque Katharina ne peut plus envisager une race sans la présenter en exposition pour décrocher des titres... et sait qu'il vaut mieux élever soi-même ses futurs champions !Quant à l'Akita,. Katharina avait eu l'occasion de les découvrir et d'apprendre à les aimer à l'occasion d'un séjour aux Etats-Unis. « C'est un chien tout à fait à part… un croisement entre un ours et un fauve ! », explique-t-elle pour justifier sa fascination. En réalité, cela fait déjà quinze ans qu'elle en possède plusieurs. Mais le type américain, qui ne correspondait pas du tout au standard du chien venu de l'Empire du Soleil Levant n'est pas reconnu. Pire, à la faveur d'une évolution du standard, ses chiens champions devenaient non confirmables ! Katharina travaille donc dans l'ombre et se bat pour la reconnaissance de l'Akita américain. Elle devra patienter jusqu'à l'année dernière pour voir ses vœux exaucés. Ce qui lui donnera l'occasion de revenir en force en étant quasiment la seule à posséder en France ces tout nouveaux Grands Chiens Japonais. Une opiniâtreté enfin récompensée ! Sitôt la race reconnue, Katharina va cumuler les victoires sur les rings, tant en France qu'à l'étranger, que ce soit avec O'bj Miss America ou Hoka Hey Tribal Song. La consécration viendra avec la victoire, toutes races confondues, de Hoka Hey Tribal Song lors de la finale du Trophée Atout Chien. Une victoire dont elle n'aurait osé rêver et qui lui permet de placer sous les feux de la rampe sa race préférée.
Il faut du courage pour se consacrer entièrement à sa passion. Katharina a choisi d'organiser sa vie autour des chiens et elle l’assume. Bien sûr, il faut bénéficier d'un entourage familial compréhensif, qui accepte l'omniprésence des compagnons à quatre pattes, trouver du personnel compétent et avoir comme priorité le bien-être des animaux que l'on élève… rien n’est donc facile. Surtout lorsque comme Katharina, on parcourt chaque année des milliers de kilomètres pour être présent en exposition, que l'on n’hésite pas à aller voir ce qui se fait à l'étranger et que l'on est acteur au sein des instances cynophiles. Implication au sein du club des Amateurs de Terriers d'Ecosse et du Chow-Chow Club Français (qui gère le également le Grand Chien Japonais) ou encore auprès de la Société Francophone de Cynotechnie et dernièrement dans la création du Club Mondial pour l'Akita Américain… son emploi du temps chargé ne l'empêche pas d'en trouver encore pour des actions bénévoles !
Avec une vingtaine d'années d'expérience, Katharina peut faire un premier bilan. Si elle reconnaît avoir pris un peu de recul pour préserver sa vie de famille, sa passion n'en demeure pas moins intacte. « Difficile de gagner sa vie en élevant des chiens lorsque l'on veut travailler de façon correcte », déplore-t-elle en estimant que ce n'est pas normal. Mais elle assume sa passion dévorante. Faire comprendre aux gens qu'un beau chien se paye et qu'il est important de valoriser le travail de longue haleine réalisé par les éleveurs, au prix de bien des sacrifices, n'est pas facile. Sa réputation aidant, Katharina estime réussir à se faire reconnaître à sa juste valeur. Et c'est la plus grande de ses satisfactions.
De toutes façons, elle n’est pas résolue à se laisser aller à la facilité. La sélection est pour Katharina Round un élément moteur. Pas question de revenir en arrière ! L'élevage, c'est sacré. La qualité, c'est tout aussi important. Sa collection de titres est innombrable. De grands succès comme le Best in Show de son Westie fétiche- Do Not Disturb de Champernoune - à l'exposition d'Amsterdam en 1992 et à Monaco en 1993, la reconnaissance du titre de meilleur élevage "toutes races" avec ses Westies et celui de Meilleur chien "toutes races" avec son Scottish en 1990 ne lui montent pas à la tête. Finalement, son seul regret est de ressentir toujours le même déchirement lorsqu'elle cède un chiot. Si elle s'écoutait…elle les garderait tous !
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