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Accueil  >  Encyclopédie  >  Les chiens de sport et d'utilité  >  Chiens de sport  >  Levrier de course
13/11/2001
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Levrier de course

Véritable " industrie " au sens économique du terme dans les pays anglo-saxons (Grande-Bretagne, États-Unis, Australie...), l'institution qu'y constitue la course de Lévriers gagne peu à peu l'Europe continentale. Mais si, de fait, en particulier sur le Vieux Continent, toutes les races de Lévriers peuvent participer à ces compétitions, il est certain que c'est bien le Greyhound qui, à lui seul, assure la promotion et le développement de cette discipline sportive, tant il procure au public un aspect spectaculaire empreint d'émotions.

Bref historique

Depuis l'Antiquité, le Lévrier Greyhound a toujours été synonyme de vitesse, et demeure de fait la plus ancienne pure race canine connue. Ainsi, de nombreuses années de recherches ont permis à Xavier Prziedziecki d'établir l'ancienneté des premiers Lévriers au VIe millénaire avant J.-C. ! Des gravures rupestres suggèrent même la présence de chiens en tous points semblables quelque 8 000 ans avant notre ère, dans des régions reculées d'Égypte et d'Arabie. Ce Lévrier arabe originel, à la fois chasseur invétéré et déjà animal de sport, gagna vite l'admiration et le respect de ses propriétaires, étant même autorisé à partager la tente et les voyages à dos de chameau de ces derniers. Les Perses, découvrant le Greyhound, en firent le seul animal autorisé à accompagner son maître dans le monde d'outre-tombe ; les Tartares l'importèrent en Russie et, le croisant avec un grand chien local, donnèrent vie au futur Barzoï. Le même phénomène se produit par l'intermédiaire de tribus syriennes important le Greyhound en Afghanistan, où il devint Lévrier afghan. Selon certains auteurs, l'origine du mot " greyhound " viendrait de l'intérêt que leur portèrent les Grecs anciens ," greekhounds " ; quoi qu'il en soit les Athéniens vénéraient ce chien et sont à la base de la pureté actuelle de la race.

Dès l'Empire romain, des compétitions de Lévriers courant après des gibiers naturels sont organisées, un historien gréco-romain, Arrien, codifiant les règles de courses au Ier siècle av. J.-C. dans un " Traité pour la chasse ".

Par la suite, le Greyhound poursuivit lentement sa migration transeuropéenne pour gagner l'Allemagne, la France, puis l'Angleterre par l'intermédiaire de tribus gaéliques et celtes.

Cette activité initiale s'est poursuivie du Moyen Âge à nos jours, et ce sont les difficultés grandissantes à trouver gibiers et lieux de chasse naturels qui conduisirent progressivement à organiser des poursuites sur lièvres, puis sur leurres, et ce de plus en plus sur des terrains artificiels. Les premiers cynodromes furent ainsi créés à la fin du siècle dernier.

Le premier " club de coursing " fut organisé en 1776 par le comte d'Oxford en Angleterre, sous le nom de " Swaffham Coursing Society ". Fondé en 1825, l'" Altcar Society " donna naissance au trophée demeuré le plus réputé, la " Waterloo Cup ". Enfin, c'est en 1858 que fut fondé en Angleterre le " National Coursing Club ", autorité suprême des courses en ce pays.

Les courses de Lévriers n'allaient, dès lors, cesser de se développer, notamment dans les pays anglo-saxons (Angleterre, Irlande, Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis) et quelques pays méditerranéens (Espagne, Italie, Maroc).

La première course officielle du continent américain fut organisée au 1886 à Cheyenne Bottoms, Kansas. Il faudra attendre 1906 pour que naisse l'" American Coursing Board ", devenu en 1945 la toute-puissante " National Greyhound Association ".

En France, les premières courses parisiennes remontent à 1928 et donnent lieu en 1936 à l'inauguration du célèbre cynodrome de Courbevoie, qui fermera ses portes après des années de succès en 1951.

En Europe non anglo-saxonne, les courses de Lévriers ont survécu grâce à la volonté d'une poignée de passionnés. Leurs efforts auront permis un renouveau du sport à la fin des années 70, avec pour finalité de se lancer derrière les voisins d'outre-Manche. Mais que d'années de retard auront été prises !

Les compétitions

L'utilisation d'un lièvre mécanique, devenu un leurre qui prend maintenant plus souvent la forme d'un gros os, eut pour la première fois lieu en Australie en 1926. Ce phénomène amena la construction de cynodromes dédiés " racing " et la confidentialité progressive des compétitions se déroulant en pleine nature, dites de poursuite à vue ou" coursing ".

Cette dernière n'est d'ailleurs plus pratiquée de nos jours que sur leurre mécanique également. Au plan de la compétition, 6, mais plus fréquemment 8, Lévriers sont placés dans des boîtes de départ et lancés à la poursuite d'un leurre artificiel, piloté à distance par un homme, sur un site de 480 mètres tout à fait comparable à un anneau d'athlétisme (deux lignes droites et deux courbes semi-circulaires). Le leurre est tracté par un fil s'enroulant sur la bobine d'un moteur (système artisanal) ou, plus souvent, porté par un chariot téléguidé se déplaçant sur un rail.

Selon les pays, deux grands types de compétitions coexistent :

- celles organisées par des clubs agréés par des instances canines nationales dépendant de la Fédération cynologique internationale, dont la finalité est l'amélioration des caractéristiques de travail des races reconnues. En cas de victoire, le propriétaire du chien y reçoit une coupe, et les paris n'y sont pas autorisés. Les meilleurs Lévriers ont la possibilité de participer à des épreuves internationales organisées par l'UICL (Union internationale de clubs de Lévriers), qui rassemblent des pays comme l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, la Hongrie, la Belgique, les Pays-Bas et la France ;

- celles ayant l'autorisation du support des enjeux, qu'elles soient régies comme de véritables entreprises industrielles privées comme aux États-Unis, ou organisées par des sociétés de courses regroupées au sein d'une fédération gérant le volet Pari Mutuel Urbain, sur le mode des courses de chevaux.

Dans ce monde de compétition, une dizaine de courses ont lieu en après-midi ou en soirée, celles-ci étant conçues de telle sorte que tous les Lévriers aient une chance de l'emporter, ce qui permet à des Lévriers de toutes catégories de vitesse de participer agréablement.

En Grande-Bretagne, en Australie, aux États-Unis, en Espagne, les courses de Lévriers revêtent une tout autre dimension. Entièrement professionnelles, ces courses ne concernent qu'une seule race : le Greyhound. À titre d'exemple, on dénombre chaque année en Grande-Bretagne près de 20 000 naissances de Greyhounds, et plus de 60 millions de spectateurs aux courses, ce qui place ce sport au deuxième rang national derrière le cricket mais devant le football ! Aux États-Unis, les courses de Lévriers se situent au cinquième rang des fréquentations sportives avec près de 40 millions de spectateurs ; les prélèvements sur les enjeux apportent plusieurs milliards de dollars aux budgets de 19 Etats, et les oeuvres de charité reçoivent plus de 1,5 million de dollars des courses de Lévriers.

Individuellement, la plus grosse somme remportée par un Lévrier sur une course le fut par Ben G. Speedboat, à Seabrook (Course des champions), avec 125 000 $US, tandis que le record des gains cumulés sur une carrière de courses appartient à Hompsun Rowdy, avec 279 000 $US.

L'évolution du sport

Les grandes sociétés anglo-saxonnes qui gèrent de près ou de loin les courses de Lévriers professionnelles cherchent de plus en plus à prendre pied sur le continent européen, en relation avec l'ouverture des marchés et l'harmonisation des législations. Un tel développement serait hautement profitable à la création d'emplois directs ou indirects et au développement de l'élevage du Lévrier de course. En attendant cette évolution, les fédérations des différents pays du continent européen ont développé leurs relations et ont créé en mai 1991 la CGRC (Continental Greyhound Racing Confederation). Son but est de gérer la croissance de ce sport, qui devrait - force est de le constater malheureusement - se faire au seul profit du Greyhound et au détriment des autres races. Il est ainsi fort probable que l'on s'achemine vers un développement important des courses de Greyhounds, orientées vers le spectacle et un fonctionnement professionnel, tandis que se maintiendrait une structure internationale placée sous l'égide de la FCI regroupant les compétitions d'autres races (Whippet, Barzoï, Afghans, Sloughi, Saluki, Maggyar...).

Signalons, malgré tout, que la discipline de course plus " naturelle " que constitue le " coursing " continue bien sûr d'exister, essentiellement sous la forme de ce que l'on appelle la poursuite à vue sur leurre. Cette dernière se différencie du coursing et des " carreras de campas " en ce que ces deux derniers types d'épreuves demeurent très proches de la chasse. Les Lévriers y poursuivent un lièvre vivant, ce qui, au regard de la législation de la plupart des pays, est interdit. Lors d'une poursuite à vue sur leurre, un ou deux Lévriers " chassent " à vue un leurre tracté effectuant en pleine nature un parcours rapide et riche en angles très aigus mimant le déplacement du lièvre. Des juges apprécient le travail du ou des chiens.

Sport canin à la fois très développé dans certains grands pays, et en cours d'évolution dans d'autres, la course de Lévriers constitue à la fois un spectacle et l'occasion pour le parieur de concrétiser son attente. Son impact médiatique et économique dans les pays anglo-saxons en fait un sport majeur, et les années à venir devraient permettre d'assister à son explosion en Europe continentale.



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