A partir de la troisième semaine, l'éleveur peut proposer très progressivement aux chiots un aliment de croissance sous forme de bouillie tiède en complément du lait maternel dont la production commence à s'infléchir. Certains chiots se dirigent d'ailleurs spontanément vers la gamelle de leur mère et commencent à laper et à imiter son comportement alimentaire.
Comme les oisillons qui sont nourris au "lait de jabot", il arrive que les chiots sollicitent des régurgitations maternelles à cette époque.
L'ensemble de ces manifestations indique que le sevrage peut débuter.
Comme toute transition alimentaire, le sevrage est une opération progressive qui permet de passer lentement du régime lacté à une ration croissance. C'est l'alimentation qui doit s'adapter à l'évolution des capacités digestives du chiot et non l'inverse.
De nombreux changements s'opèrent progressivement lors du développement du chiot et ses capacités digestives évoluent.
Pour ne citer qu'un exemple, la quantité d'enzymes digestives capables de digérer le lactose diminue progressivement tandis que l'aptitude à digérer l'amidon cuit se développe. Ces variations expliquent pourquoi certains chiots ne tolèrent pas le lait de vache (3 fois plus riche en lactose que le lait de chienne) et qu'il suffit parfois d'en limiter la quantité pour stopper une diarrhée qui avait été déclenchée par une saturation des capacités enzymatiques.
Cette évolution est essentiellement déterminée génétiquement et dépend peu des habitudes alimentaires imposées aux chiots.
Les exigences nutritionnelles des chiots au sevrage sont qualitativement comparables à celles de leur mère en fin de lactation (c'est-à-dire pendant la période où elle reconstitue ses réserves), ce qui facilite considérablement la tâche de l'éleveur. En effet, si ce dernier ne dispose pas de bouillie de sevrage, il peut mettre à la disposition des chiots quelques croquettes maternelles (type croissance/lactation) mixées avec de l'eau tiède ou du lait maternisé. Cet aliment sera par la suite de moins en moins réhydraté pour être finalement présenté tel quel en fin de sevrage.
Soulignons ici que l'utilisation d'une alimentation ménagère impose une correction minérale systématique de la ration de base sous forme de complément du commerce, de coquille d'oeuf pilée ou de poudre d'os sous peine d'entraver la minéralisation du squelette. Le réajustement journalier que nécessite cette complémentation rend cette pratique exceptionnelle de nos jours en élevage canin.
A l'inverse, l'adjonction d'un correcteur minéral à une ration de base déjà équilibrée (ration industrielle) risque, même chez les grandes races, de conduire à des calcifications précoces et irréversibles compromettant gravement la croissance et l'avenir des chiots.
L'alimentation de la portée avec une ration sèche en libre service évite habituellement la concurrence alimentaire entre les chiots et donc les diarrhées de surconsommation. Elle peut être conseillée lorsqu'elle ne conduit pas à une obésité. Cette obésité qui interviendrait en pleine période de multiplication des cellules graisseuses serait beaucoup plus difficile à traiter qu'une surcharge graisseuse intervenant à l'âge adulte.
Après l'âge de trois mois, un repas matin et soir semble convenir à la majorité des chiens.