Une carence primaire survient lorsque l'alimentation ne contient pas assez d'un nutriment indispensable. La généralisation de l'utilisation des normes AAFCO* par tous les fabricants d'aliments, rend maintenant ce type de carence assez improbable, sauf bien sûr pour les rations ménagères. Mais il existe bien d'autres situations où l'on observe l'apparition de carences indirectes ou secondaires.
Présence de facteurs antinutritionnels
Certains aliments contiennent des substances qui inhibent l'absorption d'un élément. Ces facteurs anti-nutritionnels sont bien connus et les troubles qui en résultent ne sont maintenant observés qu'exceptionnellement. Exemples :
Lors d'anti-oxydation insuffisante, les réactions en chaîne qui se produisent entraînent des carences en acides gras essentiels et en vitamines liposolubles.
Un excès de calcium peut empêcher l'absorption normale du fer, du zinc, du cuivre, de l'iode (...). L'utilisation d'oligo-éléments chélatés évite ce risque.
Exemple : la " Generic Dogfood Disease " (maladie des aliments génériques), apparue aux USA dans les années 80.
Des chiens nourris avec des aliments secs économiques présentaient régulièrement des lésions cutanées faciales, répondant positivement à l'administration de zinc. Ces aliments respectaient pourtant la norme NRC** 85 en vigueur à l'époque.
Le problème provenait du fait que ces aliments étaient formulées sur une base maïs + soja, contenant une quantité importante de fibres végétales, de calcium et de phytates. Tous ces éléments avaient une influence dépressive sur la digestibilité et empêchait que le zinc soit correctement absorbé.
Depuis, les normes trop " minimalistes " du NRC 85 (obtenues avec des aliments purifiés hyperdigestibles), ont été revues à la hausse par l'AAFCO, permettant ainsi de donner aux fabricants des repères plus fiables. Mais seuls les tests sur animaux (protocoles AAFCO ou tests éleveurs), garantissent vraiment la bonne adéquation d'un aliment à son indication.
La consommation d'un aliment acidifié augmente l'élimination du potassium. Un apport insuffisant en potassium dans un aliment acidifié peut donc entraîner une carence secondaire en potassium.
Certains chiens de races nordiques sont susceptibles de développer des lésions de carence en zinc, là où d'autres races se satisfont parfaitement du même niveau d'apport.
Avec l'âge, certaines enzymes sont moins efficaces. Exemple : la transformation de l'acide linoléique en acide gamma-linolénique est perturbée chez les animaux âgés, surtout lors de troubles hépatiques, de diabète, ou d'hypothyroïdie. D'où l'intérêt de l'huile de bourrache, qui apporte ce qui devrait normalement être fabriqué par l'organisme.
Toute maladie conduisant à une altération des phénomène d'absorption digestive conduit à des carences secondaires comme par exemple,
le parasitisme intestinal chronique : le chien maigrit, son poil s'altère ;
l'insuffisance pancréatique chronique : la mauvaise digestion des matières grasses est là aussi responsable d'une perte de poids, mais aussi d'une carence en acides gras essentiels.
Conclusion
Lorsque l'on observe des troubles pouvant être reliés à un manque en tel ou tel nutriment, il convient de s'interroger d'abord sur le mode de vie de l'animal, les suppléments alimentaires qui lui sont distribués, les prédispositions pathologiques liées à la race, et son état de santé général.
* AAFCO : American Association of Feed Control Officials
**NRC : National Reseach Council
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