Son statut de trésor national dans son pays d'origine le laisse très zen. Mais lorsque vous croisez un Shiba Inu, quelques millénaires d'histoire vous contemplent !
Si pour le commun des mortels, les races canines japonaises sont un mystère, force est de constater que la diversité des races canines du pays du soleil levant est étonnamment vaste.
Si la plus répandue en Europe, est incontestablement l'Akita Inu, la cynotechnie nippone regorge de races aussi diverses que variées, de l'Hokkaido Ken en passant par le Kai sans oublier le Kishu ou le Shikoku, pour n'en citer que quelques-unes. Pourtant, il en est une qui ne fait pas de bruit mais qui aujourd'hui est une incontestable vedette dans son pays : il s'agit du Shiba Inu qui aligne plus de 150 000 sujets répertoriés dans l'ensemble du Japon !
Petit retour en arrière
Le Shiba n'est pas une race récente, les Japonais ayant découvert des ossements canins datant de la période Jomon (le néolithique sauce saké remontant à plus de 10000 ans avant JC). Ce qui explique que cette race soit considérée comme la doyenne des races canines insulaires. Sur le plan géographique, les ancêtres de l'actuel Shiba étaient élevés pour différentes tâches, notamment, la chasse, sur l'Ile d'Honshu. D'autres cheptels vivaient dans les montagnes (Shinshu, San-In) et présentaient des caractéristiques plus rustiques que les sujets actuels. En vivant éloigné des villes, le Shiba demeura méconnu pendant des siècles et ce n'est qu'au début du 20ème siècle, que des cynophiles commencèrent à s'intéresser à lui. Dans les années 20, le Dr Shosaburo Watase se pencha sur le sort des races canines autochtones. Son travail fut récompensé 10 ans plus tard, lorsque le Shiba Inu devint “trésor national”, une distinction qui est à l'origine de son succès à travers tout le pays du soleil levant. Aujourd'hui, sa notoriété ne se dément pas. Sa douceur, sa propreté quasi féline, son minois et sa petite taille correspondent parfaitement aux attentes de milliers de familles nippones.
D'implantation relativement récente en Europe, le Shiba Inu a fait son petit bonhomme de chemin ces vingt dernières années, sans susciter l'engouement que connaît son cousin l'Akita Inu. Cependant, par ses effectifs, il est actuellement la troisième race canine japonaise la plus répandue dans le monde. Une éleveuse allemande l'a surnommé “la beauté silencieuse”. Précisons que la seconde guerre mondiale a failli réduire à néant les efforts des pionniers. Fort heureusement, trois lignées purent perdurer : San (originaire de Shiba), Mino Shiba et Shin Shu. Tous les sujets contemporains en descendent.
Une vedette d'exposition au Japon
Au Japon, les éleveurs se retrouvent régulièrement dans les expositions organisées sous la houlette du NIPPO - Nihonken Hozonkai - (près d'une centaine par an qui se déroule dans tout le pays). Le Shiba est la race japonaise la plus représentée. Des expositions locales suivies par des sélections régionales permettent de sélectionner les meilleurs sujets du pays. En fin d'année, se déroule le Grand National (exposition de championnat) qui réunit plus de 1000 chiens (de cinq races exclusivement japonaises, le Shiba Inu, le Kishu, le Shikoku, le Kai et l'Akita Inu). Généralement, plus des 2/3 des chiens inscrits sont des Shiba, ce qui confirme le poids de cette race au sein de la cynotechnie nippone. Les sujets de tête à l'occasion de cette rencontre annuelle deviennent de véritables idoles dans leur pays. Tout cynophile qui n'est pas habitué aux races japonaises, sera surpris en découvrant un ring de Shiba par l'homogénéité du type et l'harmonie des concurrents. Il est clair que le travail de sélection des cynotechniciens japonais ne peut être mis en doute et que leurs méthodes de sélection (proches dans leur organisation de ce que nous connaissons outre-Rhin) portent leurs fruits !
Une rareté dans nos rues
Le Shiba Inu demeure relativement rare dans l'hexagone avec moins de 10 éleveurs réguliers qui inscrivent bon an mal an, 120 à 130 chiots au LOF. Si vous avez la chance d'en croiser un, nul doute que vous serez séduit par son maintien, son air éveillé et attentif à tout ce qui l'entoure.
Bien qu'étant dépendant du Club Français des Chiens Nordiques, le Shiba n'a pas grand chose à voir avec un Alaskan Malamute ou un Siberian Husky, sauf dans sa morphologie générale.
Tout chez lui dénote le calme et la sérénité. Si vous recherchez un chien qui “vit à 200 à l'heure”, piaille toute la journée et capable de répondre au doigt et à l'oeil, surtout, ne prenez pas un Shiba, vous seriez déçu. Chez lui, l'harmonie de ses lignes se retrouve dans son comportement, discret, avare d'aboiements mais pas d'intérêt pour ses proches. De même, il a tendance à jouer les “durs” avec ses congénères lorsqu'ils viennent rôder sur son territoire - ou ce qu'il considère comme étant sa propriété !
N'oubliez pas son atavisme de chasseur, fonction qu'il occupe à merveille dans son pays, que ce soit pour les volatiles ou pour le petit gibier à poil.
Bien que s'intégrant parfaitement dans le moule d'une famille citadine, le Shiba Inu doit être éduqué dès son plus jeune âge : rappel, marche en laisse, interdits dans la maison, devront lui devenir rapidement familiers pour éviter les malentendus. Rappelez-vous toujours que le Shiba est un grand chien vivant dans le corps d'un petit chien.
Ses caractéristiques principales
Le CFCN, qui veille à sa sélection selon les critères japonais et à sa promotion, donne une description succincte mais très claire de ce chien mi chat, mi chien, mi singe, qui offre un condensé étonnant : “”Le shiba est une race japonaise autochtone depuis les temps les plus anciens. A l'origine, le mot "shiba" indique quelque chose de petit, "un petit chien". Son habitat naturel était la région montagneuse face à la mer du Japon, où il était utilisé à la chasse aux petits gibiers et oiseaux. Selon les endroits d'où il provenait, il y avait de petites différences entre les sujets de cette race.
Du fait que pendant la période allant de 1898 à 1912 des chiens comme les Setters anglais et les Pointers furent importer du Japon. On se mit à chasser pour le plaisir dans le pays des Shiba et ces chiens anglais furent fréquemment croisés ; De ce fait le Shiba de pure race devint rare, si bien qu'entre 1912 et 1926, même dans son habitat, la race se réduisit à l'extrême. Vers 1928, des chasseurs et des lettrés, préoccupés par le maintien du Shiba de pure race, commencèrent sérieusement à sauvegarder les quelques lignées pures et, en 1934. Un standard unifié de la race fut établi. En 1937, le Shiba fut déclaré "monument naturel", à la suite de quoi la race fut élevée et améliorée pour devenir la magnifique race que nous connaissons aujourd'hui”. Le standard souligne qu'il s'agit “d'un chien de petite taille, bien proportionné, dont l'ossature et les muscles sont bien développés. Constitution solide. Vif dans ses allures dégagées et belles”. Mais derrière cette description se cache un compagnon qui vous fera découvrir ses mystères et son caractère.
Le shiba fait partie des petites races de Spitz au même titre que le Spitz Moyen.
Pour en savoir plus
Le Shiba Inu fait partie des races gérées par le Club Français des Chiens Nordiques, une association fondée en 1951 qui réunit la majorité des races du Groupe V. Le Shiba y est répertorié dans le sous groupe des Spitz Asiatiques.
CFCN
Président : Florent Deschomets - “Lapeyre” - 43320 St Jean De Nay
Tel : 04 71 08 02 88
Site : http://cfcn.free.fr/
Secrétaire : Jacky Martin, Les Charmilles, Route de la Bâte - 78730 Rochefort en Yvelines
Email : jmartin@cnim.com
FRANCE La place du Shiba Inu au sein de son groupe en 2007
Le Shiba Inu fait partie du Groupe V réunissant les races de Type Spitz et de Type Primitif représentant plus de 30 races aussi diverses que le Chien Nu du Pérou et le Basenji. Avec moins plus de 4000 inscriptions toutes races confondues en 2007, ce groupe a progressé au cours des cinq dernières années. MAIS son âge d'or remonte au début des années 80, lorsqu'il dépassait les 8000 inscrits, avec un Siberian Husky qui était devenu l'une des trois races les plus recherchées en France. C'est justement ce dernier qui tient toujours la tête du Groupe V mais dans des proportions beaucoup plus réduites qu'il y a 20 ans. Voici le tableau de ce groupe au LOF pour l'année 2007.
JAPON Une idole dans son pays
Rappelons que le Japon est un pays “très cynophile”, s'offrant le luxe d'être le pays leader au sein de la FCI (80 pays membres) avec plus de 500 000 chiots inscrits chaque année par le Japan Kennel Club dans son livre des origines. Voici, à titre indicatif, le Top 15 du JKC où les minis sont largement majoritaires :
1er Teckel : 122 589 inscriptions
2ème Chihuahua : 40 002
3ème Shih Tzu : 30 632
4ème Welsh Corgi Pembroke : 30 016
5ème Labrador : 25 469
6ème Yorkshire : 24 263
7ème Golden Retriever : 18 193
8ème Epagneul Papillon : 18 016
9ème Spitz Nain : 16 416
10ème Beagle : 15 085
11ème Caniche : 14 511
12ème Shiba Inu : 14 309
13ème Bichon Maltais : 14 203
14ème Cavalier King Charles : 10 830
15ème Schnauzer Nain : 9 819
De profil
Tête : Le front est large, le stop net et la truffe de couleur noire est recherchée. Le museau est modérément épais et va en s'amenuisant. Les lèvres sont serrées, les dents fortes, avec un articulé en ciseaux, les joues sont bien développées.
Oreilles : Relativement petites, triangulaires, légèrement inclinées vers l'avant et bien dressées.
Yeux : Relativement petits, triangulaires et de couleur brun foncé.
Corps : Dos droit et solide, rein large et musclé, poitrine bien descendue, côtes modérément cintrées, ventre bien remonté.
Queue : Attachée haut, épaisse et portée fermement enroulée ou recourbée en faucille ; l'extrémité atteint presque le jarret quand on étend la queue vers le bas.
Poil : Dur et droit, le sous-poil est doux et dense. Sur la queue, le poil est légèrement plus long et dressé.
Robe : Rouge, noir et feu, sésame noir, sésame rouge. Signalons la particularité de l'Urajiro qui signifie qu'un poil blanchâtre apparaît sur les faces latérales du museau et sur les joues, sous la mâchoire, sur la gorge, le poitrail et le ventre, à la face intérieure de la queue et à la face interne des membres.
Taille : L'idéal est de 40 cm chez le mâle, 37 cm chez la femelle, avec une tolérance de plus ou moins 1,5 cm
Site et CRM réalisé par ActivSoft Zenengo