Les poètes l’ont souvent dit et écrit. Le chat a été créé pour que l’homme puisse caresser une panthère. Mais comment faire, quand on vit en appartement, pour que le petit fauve domestique soit heureux ?
Ce n’est certainement pas un hasard si le chat est le premier animal de compagnie dans le cœur des Français. Proche de l’homme, affectueux, il est devenu de moins en moins indépendant car de plus en plus domestiqué. De plus, pour les citadins, le chat a l’avantage de ne pas exiger les sempiternelles et désormais coûteuses sorties pipi. Car si beaucoup de chats vivent encore dans les campagnes où ils vaguent en toute liberté, ils sont de plus en plus nombreux à partager la vie citadine de leurs maîtres. Heureusement, le chat est un animal hautement adaptable qui, a condition de disposer d’un minimum d’attentions et d’aménagements, se satisfait bien de l’espace très anti-naturel d’un appartement.
A bas les idées reçues ! Non, le chat n’est pas plus attaché à sa maison qu’à ses maîtres, du moins s’il a bénéficié du minimum de socialisation nécessaire apportée dès son plus jeune âge par la fréquentation des hommes. Le chaton qui vous arrive, petite boule de poil griffue et ronronnante, a besoin en premier lieu de votre compagnie. C’est avec vous qu’il prend possession de son nouvel environnement et c’est à vous, votre voix, votre odeur, vos caresses qu’il va s’attacher. Bien que le chat soit un animal territorial, qui marque son empreinte par moult moyens, il a besoin de contacts physiques. Un appartement, s’il est animé par votre présence ne le privera pas de beaucoup de plaisirs.
Le chat souffre davantage du manque de temps qu’on lui accorde que du manque d’espace. Mais il faut être raisonnable. Si vous n’avez qu’un seul chat, un studio peut suffire. Mais si vous en avez plusieurs, il est préférable qu’il n’y ait pas plus d’un chat par pièce habitable pour éviter les conflits. Si vous êtes à l’extérieur la plus grande partie de la journée, votre chat s’ennuiera sans doute. Une bonne alternative est alors de lui « offrir » un compagnon, un autre chat avec lequel il liera des liens sociaux en conservant le langage des chats ; toilette mutuelle, parties de cache-cache, sommeil pattes entremêlées. Cela ne représente pas beaucoup plus de travail pour vous car un bac suffit souvent pour deux chats. Ce n’est pas non plus un sacrifice financier important, nourrir deux chats n’est en effet guère plus onéreux qu’en nourrir qu’un seul. En contrepartie, pour eux comme pour vous, les avantages affectifs sont énormes : vous vivrez avec des animaux bien dans leur peau.
Urbain et domestique, un chat, même de haute lignée, n’en a pas moins des instincts qui dictent son comportement. Et par conséquent des besoins qu’il convient de respecter. Ne pouvant plus faire ses griffes sur le tronc des arbres, le « chat d’appartement » n’use pas ses griffes convenablement. Il marche sur des ongles qui ont trop poussé, file les collants de Madame lors du câlin du soir et abîme le canapé du salon. Les griffes seront donc coupées, environ deux fois par mois, avec un simple coupe-ongle. Pourtant, le besoin de « faire » ses griffes va bien au-delà d’un simple geste d’hygiène. C’est surtout une forme de marquage qui est pratiqué à des endroits stratégiques : angle de pièces, mur d’entrée… Ce comportement est irrépressible. Or le chat est également un grimpeur, souvenir de ses chasses à l’affût et de ses petits sommes ancestraux sur les branches haut perchées. Donnez donc un arbre à chat à votre petit compagnon des villes. Il marquera volontiers son territoire en faisant ses griffes sur le tronc en sisal spécialement prévu pour cela et passera des heures en hauteur à surveiller, yeux mi-clos, toute la maisonnée. Restent les jouets, indispensables à son équilibre physique et psychique. Mais là, vous pouvez aller au plus simple. C’est le mouvement qui attire le chat, le plaisir de la poursuite. Une boulette de papier d’aluminium, un bouchon et une ficelle suffisent bien… pourvu que vous soyez au bout !