Race classique s’il en est, le Sacré de Birmanie a connu dans les années 1980 une véritable révolution avec l’introduction de nouvelles couleurs comme le red point, le chocolat, les tabby et plus récemment le silver. Petit historique.
Créée dans les années 20, la race Birmane longtemps ne reconnut qu’une seule couleur, le seal point. La présentation d’un bleu point en 1956 fut une petite révolution. Alors, dans les années 80, quand les premiers red et tortie point firent leur apparition, imaginez les réactions !
La France est le berceau de race du Sacré de Birmanie, race née dans les années 20. Ses reproducteurs sont à l’origine de presque toutes les lignées à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Dans ce dernier pays, les premiers représentants de la race furent importés respectivement en 1959 et 1964. Peut-être un peu trop puristes, les éleveurs français ne se sont longtemps intéressés qu’aux couleurs classiques, le seal et le bleu, jusqu’à ce qu’en 1985, Marie-Anne Taranger, une jeune femme audacieuse, tourne son regard vers l’Angleterre où avait débuté un programme d’élevage destiné à produire des red point et des tortie point. Bien sûr, il avait fallu introduire le gène « orange » responsable de la couleur. C’est une chatte de gouttière rouge gantée de blanc qui eut cet honneur. Les hybrides obtenus furent ensuite principalement remariés à Chanson de Matin, Birman français et un des meilleurs chats du moment. C’est ainsi que Marie-Anne partit outre-Manche chercher une petite femelle tortie point, Hilken Red Cherry dite Bernadette…
Si la couleur était bien là, l’ossature solide et la bonne grosse tête ronde du Birman avaient un peu disparu. Or, Marie-Anne disposait à cette époque d’un extraordinaire étalon du Cat Club, Sin de Sirpur. L’union des petites anglaises avec Sin donna assez vite de bons résultats, car il redonnait du type et de l’os à des femelles qui en manquaient un peu. Mais quand Marie-Anne commença à présenter les fruits de son travail en concours, ce fut l’explosion, la querelle des anciens et des modernes. En simplifiant un peu, les éleveurs Fifé fidèles à la tradition se trouvaient dans un camp et les indépendants qui souhaitaient aller de l’avant dans l’autre.
20 ans plus tard, l’influence des enfants de Sin et de Bernadette se fait encore sentir et la majorité des red, crème, tortie et bleu-crème point d’aujourd’hui descendent de Bloodymary de Srinagar, la première femelle red point née chez Marie-Anne Taranger et double petite-fille de ses glorieux prédécesseurs.
Parallèlement à ce programme d’élevage des « rouges », les Anglais, décidément bien audacieux, avaient entrepris un travail sur les chocolat et lilac point à partir de croisements avec des Siamois. En France, le flambeau fut repris par Monsieur Mauduis du Cat Club, Madame Lefrançois, Monsieur et Madame Messager. La principale difficulté était la « légèreté » de ces chats, car même si les Siamois utilisés pour introduire le gène chocolat et sa dilution étaient plus lourds que ne le demande le standard, des ossatures fines et des têtes un peu pointues étaient courantes. Les éleveurs Fifé accueillirent assez favorablement ces couleurs et un travail de synergie se mit en place entre le Cat Club et les indépendants.
Aujourd’hui, Michèle Lefrançois présente en exposition une femelle lilac point issue de 15 ans de travail et qui n’a rien à envier aux meilleurs seal. Thierry Fontaine a repris le flambeau et travaille avec succès les différentes dilutions dont le cinnamon.
Une fois toutes ces couleurs « démarrées », il était tentant de continuer leurs déclinaisons. L’introduction du gène « agouti » pour l’obtention de chats tabby point vint assez naturellement. Plusieurs groupes d’éleveurs travaillèrent en parallèle : Chantal Collomb-Clerc, Catherine Vilethange, Marie-Anne Taranger, Geneviève Basquine, Hélène Guillaume… Les chats choisis pour cette introduction furent divers : persan silver tabby, oriental brown tabby. Il semble cependant que la lignée la plus vivace soit issue d’un chat tabby point à poil court ganté de blanc. Par bonheur, ce chat prénommé Bengal était aussi porteur de bleu, ce qui multiplia les combinaisons.
Les derniers-nés de ces sélections sont les silver tabby point et les smoke point créés sous l’impulsion de Geneviève Basquine qui déposa au début des années 1990 un programme d’élevage de Birman Silver à partir d’une hybridation avec un Persan Chinchilla.
Catherine VILTANGE de la Chatterie SHWELI-SITTANG et Josette Savary travaillent également à l’amélioration de ces couleurs, encore confidentielles mais très prisées. Si les smoke point sont faciles à identifier, les vrais silver ne doivent pas être confondus avec des seal tabby, comme c’est parfois le cas. La couleur est plus facile à juger quand le chat est adulte. C’est à ce moment qu’apparaît sa vraie beauté.