La rage n'est plus le fléau de jadis. Depuis plus de trente ans, une politique vaccinale et d'éradication a porté ses fruits : aujourd'hui, nos compagnons n'ont plus besoin d'être vaccinés !
Longtemps le spectre de la rage a hanté notre mémoire collective. Réapparue en 1968 dans l’Est de la France après plus de 50 ans d’absence, des campagnes de vaccinations ont permis l’éradication de cette maladie transmissible à l’homme. Depuis la publication de l’arrêté du 10 mai 2001 au journal officiel, la France quitte le groupe de pays «officiellement déclaré atteint de rage ».
En rouge sur la carte, les pays où la rage sévit toujours
L’éradication de la rage est passée par une politique de vaccination à grande échelle concernant les animaux domestiques d’abord, mais aussi les animaux sauvages. Le renard étant un des vecteurs de la rage les plus actifs, on a procédé dans les régions concernées – Côte-d’Or, Doubs, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Seine-et-Marne – à des séances de vaccination en larguant par hélicoptère des appâts contenant des doses de vaccins. Ces appâts très appétants étaient absorbés par les renards, et sans doute par d’autres petits carnivores, ainsi vaccinés sans autres manipulations. Le résultat est là : 50 000 cas de contaminations on été relevés entre 1968 et 1988, mais pas un seul depuis cette date. D’où la possibilité de déclarer la France indemne de rage. Par mesure de précaution, l’obligation de vacciner contre la rage est maintenue en Moselle à cause de sa frontière commune avec l’Allemagne, où la maladie existe encore, et des campagnes de vaccination orale des renards sont encore prévues au-dessus des zones frontalières de l’Est de la France.
Si l’on ne peut que se réjouir de l’éradication de la rage dans notre pays, ce statut entraîne le renforcement des contraintes sanitaires à l’importation des carnivores domestiques -chiens, chats et furets - en provenance de pays tiers, non indemnes de rage, comme définis par le code sanitaire de l’Office internationale d’épizootie (OIE).Ces conditions d’importations sont décrites dans l’arrêté du 25 avril 2001, paru au journal officiel du 25 avril.Elle portent sur l’âge minimum de l’importation (plus de 3 mois), l’identification obligatoire (par tatouage ou puce) et sur l’obligation de vaccination et de garantie du statut immunitaire par rapport à la maladie. L’animal doit donc avoir été vacciné à partir de l’âge de 3 mois, puis avoir subi, depuis plus de 3 mois et moins d’un an après leur départ, une épreuve de titrage des anticorps neutralisant le virus rabique. Si ce test est effectué après la primovaccination, il doit être réalisé entre le premier et le troisième mois après l’injection. Les chiens doivent en outre être vaccinés contre la maladie de Carré, la parvovirose, la leptospirose et l’hépatite de Rubarth et les chats contre la leucopénie infectieuse féline.Les animaux en provenance de pays déclarés indemnes de rage doivent être accompagnés d’un certificat sanitaire conforme établi par un vétérinaire officiel du pays de provenance.Ces mesures sont applicables à partir du 31 août 2001.
Ce texte n’est pas applicable aux mouvements de carnivores domestiques dépourvus de caractère commercial et dans la limite de trois animaux accompagnés d’une personne physique qui en a la responsabilité durant le transport.Ne sont pas non plus concernés les animaux en provenance initiale de France et qui ont passé moins de six mois à l’étranger, sous réserve qu’ils soient convenablement vaccinés contre la rage. Quant aux importations d’animaux destinés à l’élevage et à la revente, elles sont assorties de dispositions supplémentaires prévoyant entre autres une quarantaine de 15 jours et une obligation de tenue à disposition des registres d’entrées et de sorties.Espérons que ce décret, outre la protection sanitaire qu’il apporte à la faune sauvage et domestique de notre pays, permettra de mieux contrôler les importations de chiens et de chats des pays de l’Est, lorsqu’elles sont faites en dépit du respect de l’animal.
Le texte intégral du décret du 25 avril 2001