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Accueil  >  Magazine  >  Protection animale  >  La protection animale (1), combien de divisions ?
03/06/2008
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La protection animale (1), combien de divisions ?
Wladimir Leg - Logo Alliance Anti Corrida

A l'heure des rencontres "Animal et Société", appelées "Grenelle des Animaux" organisées par le ministère de l'Agriculture et dont l'objectif est d'élaborer des propositions d'action autour du bien-être animal, voici un état des lieux sans complaisance de la protection animale.

Petit préambule militaro-historique...

Combien de divisions ? C'est, dit-on, en 1936 que Staline, qui se posait beaucoup de questions sur les possibilités réelles de nuisances de l'Eglise catholique, posa cette question sous forme de boutade au ministre français Paul Raynaud.

Pour le Petit père des peuples moscovite, par « divisions », il fallait entendre unités militaires, mais le mot a une seconde acception qui convient mieux à la protection animale française, même si, comme nous le verrons, l'une renvoie immanquablement à l'autre...

Dans un conflit, moderne ou non, les divisions s'affrontent sur le terrain ou s'affichent dans les états major ! Stratégie, tactique, intérêts locaux, personnels ou financiers, toutes ces petites divisions viennent enrayer la progression des grosses... Si l'on ajoute à cela les petites et grandes trahisons, les bavards invétérés, les profiteurs et les incapables, on aboutit à des enlisements qui, vu de très haut ressemblent à des querelles de cour d'école, mais vu d'en bas, du niveau des combattants (ou des militants) font des dégâts considérables !

Puis vint l'écologie...

Le paysage commença à se teindre de vert dès l'après 68 où des citadins en rupture de capitalisme se lancèrent dans l'agriculture biologique. On cultiva donc des chèvres tout en élevant du riz complet sur le Larzac...

Les plus logiques repartirent vers la ville, les plus commerciaux montèrent de fructueuses fermes auberges et les plus politiques se dirent qu'ils pourraient bien modifier l'air que l'on respirait dans les hautes sphères en y amenant leurs idées sinon leur candeur. Car les partis verts, du vert rose au vert de gris fleurirent, avec à leur tête des leaders dont l'aspect charismatique était disons... discutable !

Bref l'Himalaya des idées se mit à ressembler aux monts du Cantal et l'air pur se limita au port de masques en papier filtrant, à la japonaise. Les chefs qui avaient rapidement compris le jeu médiatique se firent une guerre sans pitié qui éclipsa même les divisions entre organisations.

Et la protection animale dans tout cela ?

L'arsenal législatif

La loi Grammont de 1850 punissait les sévices infligés publiquement à des animaux et visait surtout le sort des chevaux de trait qui étaient exploités jusqu' à l'extrême limite de leurs forces.

Les chiens, utilisés pour la chasse, la garde, la protection voire pour la traction connaissaient un sort peu enviable, quant aux chats, ils étaient quasiment invisibles dans le paysage animalier français, animaux mi-sauvages mi-domestiques habitués à « se débrouiller » et tolérés pour leur capacité à débarrasser l'homme des rongeurs qui dévastaient ses réserves agricoles.

Bien sûr, depuis la plus haute antiquité il existait des animaux de compagnie, des chiens de petite taille (appelés autrefois chiens de luxe), des chiens de manchon qui appartenaient en général aux femmes. Mais ces privilégiés appartenaient aux classes elles aussi privilégiées, bourgeoisie et noblesse.

Après la seconde guerre mondiale

La prise en compte du bien-être animalier, l'idée de protection des animaux abandonnés ou maltraités ne prendra son essor que bien après la seconde guerre mondiale, au cours des trente glorieuses qui virent s'améliorer considérablement les conditions de vie des populations. Le décret de 1959 abolit la loi Grammont et supprima le caractère public des sévices tout en permettant la remise à des associations spécialisées des animaux maltraités. La « sociologie animalière » (pour utiliser une formulation paradoxale) avait évolué et ces mesures touchèrent principalement les animaux de compagnie (ou de travail, comme beaucoup de chiens) même si les équidés restèrent protégés.

A côté de quelques grands refuges, des initiatives individuelles virent le jour, souvent sans grands moyens et sans soutien des pouvoirs publics

Une série de textes voient alors le jour mettant en lumière l'évolution de la place et de l'image de l'animal dans la société, même si des résistances apparaissent.

Il faut attendre la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature (loi essentiellement consacrée à la protection de la faune sauvage et à l'organisation des parcs naturels) pour voir apparaître dans l'article 9 la notion d'être sensible appliquée à un animal (Chapitre II Protection de l'animal)

Art. 9. - Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Art. 10. - Tout homme a le droit de détenir des animaux dans les conditions définies à l'article 9 ci-dessus et de les utiliser dans les conditions prévues à l'article 276 du code rural, sous réserve des droits des tiers et des exigences de la sécurité et de l'hygiène publique et des dispositions de la présente loi.

Le titre IV de la loi porte sur la protection des animaux domestiques et des animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité.

Il prévoit les pouvoirs des maires relatifs aux animaux errants ou divaguant : Les maires peuvent prendre toutes dispositions propres à empêcher la divagation des chiens et des chats. Ils peuvent ordonner que les chiens et les chats soient tenus en laisse et que les chiens soient muselés. Ils prescrivent que les chiens et les chats errants et tous ceux qui seraient trouvés sur la voie publique, dans les champs ou dans les bois, seront conduits à la fourrière et abattus si leur propriétaire reste inconnu et s'ils n'ont pas été réclamés par lui; l'abattage est réalisé dès l'expiration d'un délai de quatre jours ouvrables et francs après la capture. Dans le cas où ces animaux sont identifiés par le port d'un collier sur lequel figurent le nom et le domicile de leur maître ou par tout autre procédé défini par arrêté du ministre compétent, le délai d'abattage est porté à huit jours. »

Le nouvel article. 276 du Code rural dispose qu'il « est interdit d'exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu'envers les animaux sauvages »

L'abandon volontaire d'un animal domestique ou apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement, est passible des poursuites.

Les associations de protection animale reconnues d'utilité publique peuvent exercer les droits reconnus à la partie civile [... ]. »

Et même si l'animal a un « propriétaire », ce texte loi marque un tournant dans le statut de l'animal qui n'est plus une "chose" comme le stipulait le code civil depuis 1804. L'animal domestique a le droit de ne pas souffrir inutilement et de ne pas être mis à mort sans nécessité.

D'autres dispositions en 1991, puis en 1999 portant sur l'identification des animaux et les âges minimums de vente vont également dans le sens de la protection animalière en rendant l'abandon moins facile, car moins anonyme et les trafics internationaux moins aisés (voeu pieux s'il en fut).

En 2002 les dispositions de 1976 sont modifiées par le Décret n°2002-1381 du 25 novembre 2002 relatif à l'instauration des mesures particulières à l'égard des animaux errants, entre autres. Le délai de garde en fourrière passe dans tous les cas à 8 jours francs.

Article L211-21 du code rural: : Les maires prescrivent que les animaux d'espèce sauvage apprivoisés ou tenus en captivité, trouvés errants et qui sont saisis sur le territoire de la commune, sont conduits à un lieu de dépôt désigné par eux. Ces animaux y sont maintenus aux frais du propriétaire ou du gardien.

[...]

A l'issue d'un délai franc de garde de huit jours ouvrés au lieu de dépôt désigné, si l'animal n'a pas été réclamé par son propriétaire auprès du maire de la commune où l'animal a été saisi, il est alors considéré comme abandonné et le maire peut le céder ou, après avis d'un vétérinaire, le faire euthanasier.

Les maires doivent informer le public de l'existence d'un service de fourrière et mettre à sa disposition ses coordonnées. Ils peuvent aussi organiser des campagnes de capture d'animaux (chiens ou chats errants). La « normalité » est désormais de confier l'animal non récupéré à un refuge.

Enfin, en 2004, la Convention Européenne pour la protection des animaux de compagnie est enfin ratifiée par la France. Il est à noter que bien des pays de l'UE ne l'ont pas encore fait et ne sont pas près de le faire (GB, Irlande) (Voir encadré)

Les pouvoirs publics ont besoin de l'initiative privée

Qu'il s'agisse des textes français ou européens, les refuges sont omniprésents dans les textes car les obligations des communes relatives aux fourrières sont impossibles à appliquer par les plus petites d'entre elles, d'où le recours à des associations (les plus souvent) ou à des sociétés (parfois issues des associations en question...) qui couvrent de leur activité une série de communes. Ces dernières versent alors à l'association une redevance proportionnelle à leur population.

Protection animale : les grands, les petits et les autres...

Il n'est un mystère pour personne que la protection des animaux de compagnie a entraîné au fil du temps la naissance de grandes organisations, historiquement la SPA vint en premier, puis d'autres « poids lourds » sont venus occuper le terrain Confédération, Nationale des SPA (Lyon), Fondation Brigitte Bardot, Fondation Trente Millions d'Amis, Assistance aux animaux.

Le mode de fonctionnement, le type d'action et les objectifs de ces grandes organisations diffèrent, comme leurs moyens et leurs « poids » médiatiques et politiques. Aujourd'hui, elles se livrent une guerre sans pitié, à base d'alliances bi ou tripolaires, de campagnes concurrentes voire de procès retentissants.

Et même si l'on peut comprendre que la recherche de dons pour alimenter les refuges est un élément important, il est parfois bon de s'interroger quand on constate que la communication de beaucoup de grandes structures n'est même plus maîtrisée en interne, mais confiée à des sociétés de communication qui « choisissent » les actions les plus « vendeuses » en terme d'image.

Pendant ce temps, les animaux de compagnie se multiplient, on compte près de 10 millions de chats et 9 millions de chiens, sans oublier les furets, hamsters, lapins et autres NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie)

Quelques scandales financiers (vrais ou faux) sont venus pimenter l'affaire et envenimer encore les relations entre certains des « poids lourds » en question. Sans oublier les querelles de pouvoir et de clan à l'intérieur de certaines organisations qui les rendent peu attirantes pour qui connaît un tant soit peu le dessous des cartes.

Structures dinosauriennes ou recherche frénétique de « coups médiatiques », beaucoup de protecteurs ne se retrouvent pas dans des stratégies bien éloignées de la cause animale et de la misère à laquelle ils sont confrontés sur le terrain.

Résultat ? La naissance d'une galaxie d'associations locales, souvent dénuées de moyens, le plus souvent nées de l'initiative d'une ou deux personnes qui se dévouent avant de se voir déborder par la tâche.

Mini-refuges, associations de sauvetage et de stérilisation des chats errants, associations spécialisées dans certains types d'animaux, la liste est interminable. Sans oublier les « refuges clandestins » où de bonnes âmes, souvent égarées, accueillent des animaux dans des conditions d'hygiène et de sécurité lamentables.

Il faut ajouter à cela, depuis quelques années, la naissance d'associations spécialisées dans certaines races canines (et sans doute bientôt dans les races félines comme cela existe déjà aux USA), qui se multiplient et scissionnent avec régularité.

L'Eco-terrorisme, selon le terme affectionné par les Américains et Anglais n'a que peu d'écho en France et les manifestations ou actions restent pacifiques et de ce fait, ignorées de la presse... Paradoxe des paradoxes, faudra-t-il des attentats pour que la prise de conscience de la situation française progresse ?

Les naissances officielles (LOF) progressent énormément, dans le même temps les naissances hors de tout contrôle en font autant. La spirale infernale entre naissances, abandons, pauvreté des structures nous conduit dans le mur. Sans doute à des massacres de masse comme en Roumanie ou dans d'autres pays. Faudra-t-il aussi en arriver là ?

Paradoxe encore, c'est l'enrichissement de la population qui a fait « naître » et se développer l'animal de compagnie et c'est aujourd'hui l'appauvrissement de cette population qui est une des causes de la prolifération (animaux non stérilisés faute de moyens, abandons, refuges « officieux », élevages clandestins)

Mais, qu'une association soit grande, moyenne ou petite, dès lors que le cadre initial des fondateurs est dépassé, la lutte pour le pouvoir ou pour l'orientation de l'action de l'organisation s'engage. Des pouvoirs microscopiques, des luttes pitoyables, des guerres picrocholines qui, au fil des scissions, suivies à leur tour d'autres scissions, conduisent à une atomisation des forces, voire à des débauches d'énergie consacrée à la guéguerre plutôt qu'à l'objet social de l'organisation.

Un lobby, quel lobby ?

Les animaux de compagnie sont un élément important de notre vie sociale, ils ont aujourd'hui acquis un poids économique considérable (alimentation, accessoires, médecine vétérinaire, etc.), leur bien-être est protégé par la loi, leurs défenseurs sont nombreux, mais pour quel résultat ?

Lorsque la France a refusé de supprimer la caudectomie (Convention Européenne pour la protection des animaux de compagnie), c'est grâce au poids des fédérations agricoles alliés aux fédérations de chasseurs. Où étaient les protecteurs ? Ils ferraillaient dans quelque couloir, histoire de savoir qui aurait l'honneur de passer devant un micro (absent de toute manière).

La protection animale est faible de divisions, d'une infinité de divisions, entre organisations, entre personnes, entre anciens amis et jeunes ennemis, entre jeunes et vieux, entre bêtes à média et acteurs de terrain. Toute proportion gardée, cela ressemble un peu à l'écologie politique, mais élevé à une incommensurable puissance.

Morcelée, atomisée, agitée de remous aux odeurs peu ragoûtantes, la protection animale n'a pratiquement aucun poids, aucune possibilité d'action. Elle est parfois instrumentalisée par les Politiques qui y voient une manière peu coûteuse de ramener quelques voix, mais en réalité elle est comme une poignée de sable qui retombe sur la plage, sans importance, sans action, sans influence.

Chaque affaire mettant en exergue des chiens « dits dangereux » en est l'affolante expression. Des journalistes qui ne pensent qu'au sensationnel (et racontent souvent n'importe quoi, car ils ne connaissent rien aux chiens), des politiciens habiles à surfer sur les émotions médiatiques et on se retrouve avec un nouveau texte aussi inapplicable et inadapté que les précédents... L'effarant exemple, en 2004, du cas de rage importé dans le Sud-ouest et des réactions administratives disproportionnées et grotesques est aussi là pour nous rappeler que les Politiques et les Fonctionnaires ont des priorités qui n'ont rien à voir avec la protection animale.

Et la voix des protecteurs ? Quelle voix ? Ces petits criaillements d'une foultitude de « présidents » qui ne dirigent souvent qu'eux-mêmes ? Tout cela ressemble diablement à une fourmilière mais qui aura le pouvoir d'y mettre le coup de pied qui permettra la naissance d'une véritable force qui soit à la fois morale, politique et efficace ?

Les promesses électorales et autres « Grenelle de l'environnement » sont des « coups médiatiques » dont le but est d'occuper la scène un moment, puis le train-train reprend. Ah oui, il y a aussi des assises, des colloques, des congrès qui accouchent de rapports destinés à prendre la poussière dans quelque placard ministériel. Mais de véritable « chantier » (c'est le mot à la mode) pas trace.

Et pourtant des millions de français, propriétaires d'animaux de compagnie ou simplement amateurs d'animaux attendent des décisions, comme l'interdiction des ventes de chiots, chatons et autres en animalerie (comme en Autriche) ce qui limiterait le trafic en provenance des pays de l'Est. Mais il faudrait une volonté politique. Il y en a eu quelques traces en 2004-2005 mais faute de moyens les projets de communication (sur l'abandon en particulier) sont restés dans les cartons du ministère.

Un beau rêve qui semble ne pas intéresser grand monde. Car, outre l'inaction et l'absence de moyens des pouvoirs publics, il y a une véritable résistance « sociologique », il y a un risque important, celui de voir diminuer de manière tragique le nombre des « Présidents », une espèce qui ne semble pas encore en voie de disparition...

Alors, des espoirs ?

Les espoirs passent, hélas, par la réglementation, celle des accueils d'animaux, celle des stérilisations massives. A Rome, les vétérinaires peuvent être réquisitionnés pour effectuer la stérilisation des animaux dont les propriétaires sont financièrement incapables d'assumer le coût, bien sûr, les professionnels vont hurler, mais il faudra bien arriver à juguler cette misère animale (qui est pour partie une conséquence de la paupérisation de la population).

Certains parlent d'un permis de possession pour les chiens, d'autres d'un impôt spécifique... Peut-être, au risque de choquer, faut-il réfléchir dans ces directions ?

L'union fait la force, les employeurs l'ont compris, les chasseurs aussi, les agriculteurs, malgré quelques divisions aussi, quand donc les « protecteurs » le comprendront-ils ? Trop tard ? Quand les fonctionnaires français et européens auront tout verrouillé ?

Jamais, peut-être. Et c'est là le drame !

Il a fallu attendre 2004 pour que la France se décide à ratifier la Convention Européenne sur la protection des animaux de compagnie qui était en travaux depuis pas moins de 17 ans dans les instances européennes.
Les résistances étaient nombreuses, notamment du côté des chasseurs et des éleveurs canins qui avaient pris des habitudes « esthétiques » ou pratiques en opposition avec les principes édictés par ce texte dont je ne résiste pas au plaisir de vous proposer trois phrases extraites de son préambule :
Reconnaissant que l'homme a une obligation morale de respecter toutes les créatures vivantes et gardant à l'esprit les liens particuliers existant entre l'homme et les animaux de compagnie,
Considérant l'importance des animaux de compagnie en raison de leur contribution à la qualité de la vie et, partant, leur valeur pour la société
Conscients de ce que les conditions de détention des animaux de compagnie ne permettent pas toujours de promouvoir leur santé et leur bien-être.
L'article 1er du Chapitre 1 définit l'animal de compagnie comme : « tout animal détenu ou destiné à être détenu par l'homme, notamment dans son foyer, pour son agrément et en tant que compagnon. » Et définit les principales actions et organisations en rapport direct avec lui :
le commerce (ensemble des transactions pratiquées de façon régulière, en quantités substantielles et à des fins lucratives, impliquant le transfert de la propriété de ces animaux.) et l'élevage et la garde des animaux de compagnie à titre commercial (à des fins lucratives et en quantités substantielles.)
Enfin il définit le refuge pour animaux comme « un établissement à but non lucratif où des animaux de compagnie peuvent être détenus en nombre substantiel. Lorsque la législation nationale et/ou des mesures administratives le permettent, un tel établissement peut accueillir des animaux errants » (animaux de compagnie qui, soit n'ont pas de foyer, soit se trouvent en dehors des limites du foyer de leur propriétaire ou de leur gardien et ne sont sous le contrôle ou sous la surveillance directe d'aucun propriétaire ou gardien).
L'article 2 prévoit que « Aucune disposition de cette Convention ne porte atteinte à la mise en oeuvre d'autres instruments pour la protection des animaux ou pour la préservation des espèces sauvages menacées ».ni [...] ne porte atteinte à la faculté des Parties d'adopter des règles plus strictes pour assurer la protection des animaux de compagnie ou d'appliquer les dispositions ci-après à des catégories d'animaux qui ne sont pas expressément citées dans le présent instrument.
Le chapitre II pose des principes de base pour le bien-être des animaux
Nul ne doit causer inutilement des douleurs, des souffrances ou de l'angoisse à un animal de compagnie.
Nul ne doit abandonner un animal de compagnie.
Toute personne qui détient un animal de compagnie ou qui a accepté de s'en occuper doit être responsable de sa santé et de son bien-être.
Toute personne qui détient un animal de compagnie ou s'en occupe doit lui procurer des installations, des soins et de l'attention qui tiennent compte de ses besoins éthologiques, conformément à son espèce et à sa race, et notamment :
Lui fournir, en quantité suffisante, la nourriture et l'eau qui lui conviennent, des possibilités d'exercice adéquates et prendre toutes les mesures raisonnables pour ne pas le laisser s'échapper.
Toute personne qui sélectionne un animal de compagnie pour la reproduction doit être tenue de prendre en compte les caractéristiques anatomiques, physiologiques et comportementales qui sont de nature à compromettre la santé et le bien-être de la progéniture ou de la femelle. (Article 5)
Aucun animal de compagnie ne doit être vendu à des personnes de moins de seize ans sans le consentement exprès de leurs parents ou des autres personnes qui exercent la responsabilité parentale. (Articler 6)
Aucun animal de compagnie ne doit être dressé d'une façon qui porte préjudice à sa santé et à son bien-être, notamment en le forçant à dépasser ses capacités ou sa force naturelles ou en utilisant des moyens artificiels qui provoquent des blessures ou d'inutiles douleurs, souffrances ou angoisses. (Article 7)
L'article 8 prévoit que les personnes se livrant à l'élevage, au commerce ou administrent des refuges doivent en faire déclaration aux autorités compétentes. Toutes doivent posséder les capacités nécessaires à cette activité.
L'article 9 protège les animaux de compagnie utilisés pour toute forme de spectacle ou de publicité.
L'article 10 qui porte sur les interventions chirurgicales a été un des plus âprement discutés par la France où éleveurs et chasseurs étaient attachés de manière hystérique à l'otectomie et à la caudectomie. Si la première a pu être interdite (taille des oreilles chez certaines races) la seconde a survécu en France grâce au lobby agricole et en particulier à celui des éleveurs de porc qui pratiquent également la caudectomie.
Le principe reste tout de même que « Les interventions chirurgicales destinées à modifier l'apparence d'un animal de compagnie ou à d'autres fins non curatives doivent être interdites et en particulier :
a) La coupe de la queue
b) La coupe des oreilles
c) La section des cordes vocales
d) L'ablation des griffes et des dents
Des exceptions à cette interdiction ne doivent être autorisées que :
a) Si un vétérinaire considère une intervention non curative nécessaire soit pour des raisons de médecine vétérinaire, soit dans l'intérêt d'un animal particulier :
b) Pour empêcher la reproduction.
Les interventions au cours desquelles l'animal subira ou risquera de subir des douleurs considérables ne doivent être effectuées que sous anesthésie et par un vétérinaire, ou sous son contrôle.
Les interventions ne nécessitant pas d'anesthésie peuvent être effectuées par une personne compétente »
Suivant les dispositions de l'article 11 « Seul un vétérinaire ou une autre personne compétente doit procéder au sacrifice d'un animal de compagnie, excepté en cas d'urgence pour mettre fin aux souffrances d'un animal et lorsque l'aide d'un vétérinaire ou d'une autre personne compétente ne peut être obtenue rapidement ou dans tout autre cas d'urgence prévu par la législation nationale. Tout sacrifice doit se faire avec le minimum de souffrances physiques et morales en tenant compte des circonstances. »



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